ASSIMILATION
De l’Assimilation.
L’assimilation est celte fonction par laquelle les principes constituant du sang réagissent l’un sur l’autre , et suppléent aux pertes qu’éprouvent journellement nos organes: ces changemens sont sans doute du domaine de la chimie ; mais pourquoi les substances nécessaires sont-elles toujours précisément celles qui se transportent à chaque organe du corps ? pourquoi la fibrine se dépose-t-elle toujours dans les muscles et le phosphate de chaux dans les os? pourquoi un os carié reçoit-il plus de substances qu’il n’en recevrait à l’état sain ? ce serait ici renouveler les pourquoi de' Voltaire : tout est inexplicable , tout nous échappe. Nous savons seulement que cette fonction s’exécute pendant un certain temps et diminue par degrés : le corps dépérit ; bientôt toute fonction cesse, l’animal meurt : à peine est-il mort que les agens chimiques qui concouraient comme instrumens à sa conservation , reprennent leur empire, décomposent, détruisent sa partie matérielle: ces changemens seront examinés dans la section suivante.
7e SECTION.
De la Fermentation putride , 'végétale et animale .
Tout corps organique, végétal ou animal, développe après sa mort une série de phénomènes dont l’ensemble s’appelle putréfaction : les produits de cette décomposition varient avec la nature du corps , mais sont analogues à ceux que donne la même substance distillée : ce sont l’hydrogène carboné , l’acide carbonique , etc. , etc. , pour les végétaux ; les mêmes gaz et l’ammoniaque pure ou carbonatée pour les animaux.
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Les principes immédiats s’altèrent également; mais leur composition influe considérablement sur la rapidité de la putréfaction : les gommes, les matières s'ocrées , les fécules amylacées et humides chez les végétaux ; les principes liquides chez les animaux se détruisent rapidement , tandis que les acides , les alcalis , les huiles, les résines , etc. dans les premiers; les graisses, les os dans les seconds , se conservent quelquefois un temps illimité.
On supposait anciennement qu’un corps organique renfermait un principe destructif; mais il est actuellement prouvé qu’il doit être humide et frappé par l'oxigène pour se décomposer; si même il a reçu l’action de l’oxigène , il suflit de l’exposer à une chaleur de ioo° pour arrêter la putréfaction , et celle-ci n’aura lieu qu’après avoir renouvelé le contact entre le gaz et le corps organique. Cette découverte qui appartient à M. Appert est précieuse pour la conservation des alimens ; on place ces derniers dans des vases métalliques que l’on scelle hermétiquement, et on les soumet ainsi pendant deux heures à une chaleur de ioo°, en les tenant immergés dans l’eau en pleine ébullition.
Le moyen donné par M. Appert est sans contreditle meilleur, mais il est en général assez dispendieux : on préfère quelquefois arrêter la putréfaction par l’emploi des antiseptiques ; ceux-ci sont en assez grand nombre : i° le vinaigre : il suflit de plonger la substance à plusieurs reprises, et de la faire sécher après chaque immersion ; le corps se durcit, et peut , si la pénétration a été intime , se conserver très long-temps; 2° le froid et la chaleur .• les parties animales trouvées intactes en Sibérie et dans les déserts brulans de l’Afrique en sont des exemples; 3° le sublimé corrosif, l’alcool , le sel marin les selsdéliquescens, le sucre, le tannin, sont également de puissans antisepti |ues.
Engrais. Lorsque dans une substance la putréfaction est arrivée à un certain degré, le résidu constitue les engrais qui sont d’un excellent emploi pour la fertilisation des terres. Les engrais animaux sont plus actifs ,
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mais en général l’action d’un engrais dépend de la nature du sol qui le reçoit : les terrains siliceux dévorent les engrais , tandis que les sols argileux les conservent pendant long-temps.