AIR ATMOSPHÉRIQUE
lever au-dessus de tous les au, très principes aériformes; l’électricité l’enflamme quelquefois dans les hautes régions, et sa combustion paraît être la cause des aurores boréales et des étoiles filantes.
L’air atmosphérique est transparent , invisible , si ce î/est lorsqu’il se présente en grandes masses; tout norte à croire qu’il est alors d’une teinte azurée inappréciable sous un petit volume. Il est inodore, excepté quand il est chargé de fluide électrique , insipide , compressible et très élastique. Ces propriétés furent découvertes et étudiées par les philosophes du dixseptième siècle : ils reconnurent aussi qu’il est indispensable a la combustion à la respiration , mais ils ne paraissent pas avoir eu de notions précises sur la manière dont il agit dans ces cas. Nous avons vu que ce fut Lavoisier qui démontra que cet e*ffet est dû à l’oxigène qu’il renferme.
L’air conduit mal le fluide électrique. L’oxigène , l’iode , le chlore et l’azote sont sans action sur lui ; les variations de température n’altèrent pas ses propriétés chimiques ; mais le bore , le carbone, l’hydrogène, le soufre, le phosphore, s’emparent de son oxigène à une température plus ou moins élevée et isolent l’azote.
Lorsque l’action , qui n’est qu’une combustion , a heu à vases clos ou renversés sur le mercure , elle cesse après un certain temps, et l’air qui reste alors ( si on a employé un corps combustible, le phosphore, par exemple, capable de solidifier l’oxigène) a perdu environ la cinquième partie de son volume ; il est devenu d’une nature telle qu’il n’est plus propre à une seconde combustion , ou à entretenir la vie des animaux. Il est clair , d’après ces expériences , que l’une des conclusions suivantes doit être vraie : i° le corps combustible a émis quelque principe qui , en se combinant avec l’air, l’a rendu impropre à toute combustion ultérieure ; ou 2° le corps combustible a absorbé la partie de l’air qui était propre à la combustion, en laissant un résidu de nature différente ; ou
îïS AIR ATMOSPHÉRIQUE.
3° l’une et l’autre circonstance ont eu lieu , c’est-à-dire que la partie pure de l’air a été absorbée, et qu’il y a eu émission d’un principe qui a changé les propriétés primitives de la partie restante: or, il a été prouvé par diverses expériences que les combustibles enlèvent à l’air atmosphérique un de ses principes, oxigène , laissent 1 autre , azote , et que ces deux principes mêlés de nouveau en proportions convenables forment un mélange qui ne diffère pas de l’air atmosphérique. La respiration des animaux produit sur l’air le même effet que la combustion , et leur chaleur constante parait même due à cette espèce de combustion (ce dernier fait sera développé dans l’examen delà respiration) : si l’on enferme un animal dans une quantité limitée d’air , il périt dès que l’oxigène que ce fluide contenait est consommé ; aucun autre gaz , aucun autre air ne peuvent entretenir la vie animale ; ainsi l’oxigène est indispensable à l’existence ; mêlé à l’azote à volume égal, il la soutient mieux que l’air atmosphérique ; si sa proportion est plus grande, il cause une excitation dangereuse: l’azote paraît destiné à modérer cette action trop vive.
La nature a divers moyens de maintenir la proportion de l’oxigène que la respiration, la combustion, tendent sans cesse à diminuer. La plupart des plantes emettent de l’oxigène quand elles éprouvent l’action des rayons solaires , d’où l’on peut conclure qu’elles absorbent l’acide carbonique de l’air atmosphérique, qu’elles le décomposent , s’approprient le carbone et restituent la partie vitale ; enfin , l’eau se décompose fréquemment et fournit une nouvelle source d’oxigène ; son hydrogène s’identifie avec lesplant.es et contribue à la formation des huiles, des sucres , des mucilages, etc.
Les expériences les plus exactes et les plus récentes démontrent que la proportion d’oxigène contenu dans l’air atmosphérique est en volume de vingt-et-un pour cent : cette estimation constitue une petite branche de connaissances appelée eudioméirie , du nom de l’instrument que l’on emploie: l’Eudiomètre est un appareil