‹ Chimie. Traité élémentaire de cette science et de ses applications aux arts et aux manufacturesChapitre 44 sur 162 · AMMONIAQUE · texte numérisé non relu

AMMONIAQUE

comme nous le verrons plus loin. L’ammoniaque est très soluble dans l’eau ; ce liquide peut en dissoudre le tiers de son poids, ou 460 fois son volume; plus la solution est concentrée et plus elle est légère : Humphry Davy a calculé une table dans laquelle il indique les rapports en tre l’eau, la quantité de gaz dissoute et la pesanteur spécifique de la dissolution ; 011 y remarque les termes suivons :

Pes. spëc.

A mmoniaque.

Eau.

ii,56.

On donne à cette dissolution le nom d’ammoniaque liquide, elle est alors d’un usage plus commode: on la prépare au moyen de l’appareil de Woulff. Une cornue de grès reçoit un mélange à parties égales de sel ammoniac (hydrochlorate d’ammoniaque) et de chaux éteinte en poudre; la suite de l’appareil se compose . d’un premier flacon contenant une petite quantité d’eau destinée au lavage du gaz , et de plusieurs autres flacons remplis aux deux tiers d’eau distillée et qui plongent dans l’eau froide ou dans la glace : on chauffe doucement ; le gaz ammoniac dégagé sature successivement l’eau des flacons L’ammoniaque liquide ordinaire marque 20 à 220 à l’aréomètre des esprits; on peut la faire monter jusqu’à 24 ou 25, mais en été surtout il devient extrêmement difficile de la conserver à ce point de concentration : à la chaleur de l’ébullition elle laisse dégager presque tout le gaz qu’elle tenait en dissolution.

La théorie de l’opération dont nous venons de parler est très simple : la chaux s’unit à l’acide du sel ammoniac et le gaz ammoniac mis à nu se dégage.

On s’est long-temps occupé de la composition de ce gaz singulier , puisque loin de pouvoir le ranger parmi les oxides métalliques , on le regarde comme entièrement forme d’hydrogène et d’azote : à la vérité, quelques

Cyanogène. ï25

chimistes distingués ont avancé que l’ammoniaque contenait de l’oxigène, et ils en ont même déterminé la proportion à 20 pour ioo en la concluant de sa capacité de saturation; mais par des moyens plus directs, il a été impossible jusqu’à présent de donner des preuves positives de cette assertion : on n’obtient pour résultat de son analyse que de l’azote et de l’hydrogène clans le rapport en volume d’une partie du premier contre trois du second : la nature de l’ammoniaque démontre que les substances azotées seules peuvent concourir à sa formation primitive ; et en effet cet alcali est toujours le produit de la décomposition dc^ matières animales; npus aurons occasion de nous en convaincre dans l’examen de ces substances.

Les usages de 1 ammoniaque liquide sont assez nombreux ; en chimie on l’emploie comme réactif ; en médecine on s’en sert à l’extérieur comme vésicant etyconsequemment presque toujours comme dérivatif ; aans les arts on fait usage de l’ammoniaque pour dissoudre le carmin , pour délayer l’écaille d’ablettes et faire unf piepaiation employée dans la fabrication des perles artificielles.

Azote carboné ou cyanogène. Pes. 1,806. Fluide élastique , transparent, incolore, soluble dans l’eau, d’une odeur très désagréable; il rougit la couleur du tournesol qui reparaît si l’on chauffe la dissolution : supporte sans s altérer une très haute température. On obtient ce gaz en chauffant le cyanure de mercure desséché et recueillant le gazsous une cloche.

Le nom de cyanogène donné à ce composé semble indiquer que c’est un élément; il forme en effet des acides, lorsqu on 1 unit a 1 oxigène ou à 1 hydrogène. On a préféré le mot cyanogène (générateur du bleu), parce que ce corps place, comme nous le verrons plus loin, dans des circonstances déterminées forme le bleu de Prusse.

Acide cyanique. Ceproduitdécouvert parM. Wholei

126 FLUOR OU PHTORE.

paraît composé de 2 atomes de cyanogène et d’un atome

d’oxigène.

Acide fulminique» Si l’on fait réagir l’alcool sur des dissolutions métalliques , par exemple sur le nitrate d’argent (voyez histoire de l’argent) , on obtient des composés fulminons. MM. Liebig et Gay — Lussac ayant remarqué que le corps fulminant obtenu avec ■ l’argent et traité par la potasse, la soude, etc. , donnait des produits susceptibles également de détonner , ces chimistes, dis-je, en ont conclu que le principe qui donnait ces propriétés, devait être un acide particulier auquel ils ont donné le nom d’acide fulminique, et dans lequel ils ont trouvé deux atomes de cyanogène et un atome d’oxigène , c’est-àdire précisément du cyanogène et de l’oxigène dans les proportions voulues pour faire l’acide cyanique. On pourrait donc peut-être regarder ces deux acides comme identiques; en effet, le cyanate d’argent neutre, le fulminate d’argent neutre ont la même composition : mais ils diffèrent sous tous les autres rapports , autant qu’on peut en juger par les sels, n’ayant pu isoler ces * deux acides.

Acide hydrocyanique. Liquide extrêmement actif et composé de cyanogène et d’hydrogène : 1 histoire de ce composé est tellement importante , et tracee ici serait si incomplette, que je renvoie pour cette partie à la chimie animale.

Chlorure d’azote. Liquide huileux , jaune , plus lourd que l’eau et susceptible de détonner avec la plus grande violence. M. Dnlonget sir H. Davy ont tenté de l’analyser , mais les blessures reçues par ces chimistes , et surtout par le premier , ont montre les dangers qui accompagnent un pareil essai.

Ïodure d’azote. Ce composé fulmine egalement , mais avec moins de force que le precedent.

Du Fluor ou Phtore.

On connaît depuis long-temps en minéralogie trois

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