ÉTAIN
, Les usages de.l’étain sont connus ; ii sert à faire différées vases et ustensiles; on l’emploie également pour fabriquer le fer-blanc et faire le taiii des glaces.
Le fer-blanc se fait en plongeant dans de l’étain en fusion des lames minces de fer qu’on a préalablement décapées, en les frottant avec du sable , et les laissant tremper pendant vingt-quatre heures dans' une eau acidulée par l acide sulfurique ; non seulement l’étain recouvre le fer, mais ii le pénètre complètement et le icnd entièrement bianc : il est d’usage d’ajouter un dixième de cuivre b l’étain, afin d’éviter qu’il ne forme sur le fer des couches trop -épaisses. C’est en faisant chauffer légèrement une feuille de fer-blanc, l’humectant avec un mélange d’acides , trempant la feuille dans l’eau froide , puis vernissant, que l’on obtient les nuances colorées et le chatoiement que l’on appelle moiré métallique .
L étain de vaisselle est généralement confondu avec ce métal : la meilleure composition est formée d’étain allie avec environ 1/20 de cuivre ou d’autres métaux, tels que le plomb, le zinc et l’antimoine, suivant le choix que 1 expérience dicte aux ouvriers.
L étain n étant pas attaqué par les acides végétaux , sert encore a etamer : on appelle étamage l’opération pai laquelle on recouvre d’une légère couche d’étain ia surface de différens métaux , et principalement du cui vre , susceptible de former des sels vénéneux avec les acides. L alliage dont on se sert pour étamer contjent, presque toujours trois, parties de plomb sur .> d etain ; la presence de ce dernier métal semble s opposer aux effets nuisibles du plomb.
Oxides. L etain forme deux oxides : le premier est gns-noir, mais blanc à l’état d’hydrate; il se prépare en dissolvant 1 étain dans l’acide hydrochlorique , soit a i aille de la chaleur, soit par l’addition, au besoin, u une petite quantité d’acide nitrique ; lorsque la dissolution est complètement opérée, on y ajoute de la potasse en excès : il se précipite une poudre blanche
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qui est en partie redissoute; mais la portion qui reste prend une couleur gris-fonce et constitue le pro~ toxide d’étain : la poudre blanche précipitée d abord est l’hydrate de protoxide, et est sans usage*’
Le deutoxide d’étain est blanc et s obtient en chaulfant ce métal dans l’acide nitrique concentré ; il se produit une vive effervescence , l’etain est converti en une poudre blanche qui , lavée et sechee , est le per— oxide. Ce deutoxide se trouve aussi dans la nature , 1 est fusible, soluble dans la potasse et la soude : il entre dans la composition de la potee d’etain.
L’oxide d’étain a la propriété de donner une bebe couleur blanche et de l’opacité au verre dans la com^position duquel il entre ; aussi s’en sert-on pour labiiquer les émaux, et pour faire les couvertes ou vernis des faïences et poteries. On peut consulter sur cet emploi l’Art de fabriquer la faïence, et celui de fabrique! la porcelaine par M. Bastenaire d Audenard.
Sulfures d’étain. Il existe deux composés de soulre et d’étain : le premier, qui est un protosuif iu e , a a couleur du plomb avec l’éclat métallique ; il e»t susceptible de cristalliser , est indécomposable pai e eu , mais non par l’air qui le transforme en sulfate , on e prépare en fondant ensemble le métal et le soulre : i existe dans la nature. Le deutosulfure fut connu pen— dant long-temps sous le nom d or mussif, parce qu 1 est ordinairement sous forme d écaillés, dont la cou eux est celle de l’or ; c’est un produit de 1 art, et sa préparation- est compliquée; les chimistes ne sont pas d’accord sur la nature de ce composé , cependant Eei letier le père a démontré , je crois d une maniéré convaincante, qu’il était formé de soufre et d oxide detain. L’or mussif sert à bronzer le bois , le platie , et a frotter les coussins des machines électriques.
L’hydrogène , le carbone, le bore , 1 azote sont sans action sur ce métal ; le chlore , l’iode, le phosphore et probablement le brome, s’unissent à lui.
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Sels d’Étain.
L’oxide d’étain s’unit aux acides pour former des • sels très employés en teinture.
Sulfate d’étain. L’acide sulfurique concentré dis—
: sout à l’aide de la chaleur la moitié de son poids d’éf tain et dégage beaucoup de gaz sulfureux. Cette dis—
; solution etendue d’eau laisse précipiter l’oxide d’étain.
Nitrate d’étain. L’acide nitrique et l’étain se combinent rapidement à froid; si l’on concentre la dissolution , le métal est précipité en grande partie sous \ forme d’oxide difficile à réduire.
Hydrochlorates d’étain. L’acide hydrochlorique ) dissout aisément l’étain , il prend alors une teinte plus 1 foncee et cesse d’émettre des vapeurs : il se produit r une légère effervescence et il se dégage un gaz inflam- I mable d’une odeur fétide. L’acide retient en suspension la moitié de son poids d’étain , et ne le laisse pas déposer par le repos; ce sel est un protohydrochlorate £ d etain , susceptible de cristalliser en petites aiguilles, d blanches, très styptiques, plus solubles à chaud qu’à froid : exposee à l’air, la dissolution de ce sel passe à 1 l’état de deutohydrochlorate d’étain. — L’eau régale 1 formée de deux parties d’acide nitrique et d’une d’acide hydrochlorique s’unit à l’étain avec effervescence en développant beaucoup de chaleur ; pour que la dis— ti solution a* etain soit continue , il est nécessaire de n’y li introduire ce métal que par petites portions , de ma— n nière que lune soit dissoute avant l’introduction de 1 autre ; en procédant ainsi, l’eau régale peut dissoudre s la moitié de son poids d’étain : la dissolution est brun- )' rouge , incristallisable, et prend quelquefois la forme J d une substance gélatineuse : cette liqueur est un deu - | tohydrochlorate d’étain connu anciennement sous le nom de liqueur fumanle de Libavius. On emploie cette J dissolution pour aviver et fixer les couleurs dans les teintures sur laine , telles que celles de cochenille , de
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CADMIUM.
gomme laeque et de quelques autres rouges depuis le cramoisi jusqu’à l’écarlate le plus vif.
Propriétés caractéristiques et réactifs des sels d’étain. Il existe deux genres de sels, les protosels et les deutosels, mais tous ont un caractère distinctif ; ils laissent précipiter leur métal sous une forme plus ou moins arborescente lorsqu’on plonge dans leur dissolution une lame de fer ou de zinc.
Protosels .
i° Avec les a 1 k.a lis, précipité blanc soluble dans un excès de potasse caustique et devenant noir à une chaleur peu élevée.
2° Précipité noir avec l’acide hydrosulfurique.
3° Précipité blanc avec le ferrocyanate de potasse.
Deutosels .
i° Avec lesalkalis précipité blanc qui conserve cette teinte lorsqu’on l’expose à la chaleur.
2° Précipité jaune avec l’acide sulfurique.