‹ Chine ancienne et nouvelle. Impressions et réflexionsChapitre 2 sur 77 · VIII LETTRE-PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII LETTRE-PRÉFACE

Je le ferai tout simplement en disant au lecteur ce qu'il trouvera dans voire livre, ce que j'y ai trouvé moi-même. J'y ai goûté surtout dejx choses : le charme de vos descriptions dans la première partie, la dialectique serrée de vos réflexions dans la seconde. De Hong-Kong-, où vous nous débarquez tout d'abord, à Changhaï, puis à Hankaou, sur le Yangtzé, au cœur de l'empire du Milieu, enfin à Tsintau, dans la presqu'île de Chantoung, vous avez tout vu avec des yeux clairs et nets, tout décrit avec sincérité de dessin et fraîcheur de coloris. Vous avez un don, la candeur savante du jeune artiste qui cherche, qui trouve et qui pense. Vous nous donnez l'impression prime-sautière de la réalité et l'illusion vraie de la vie.

Vous vous êtes attaché surtout à montrer les contrastes de l'ancienne et de la nouvelle Chine. Quel spectacle extraordinaire en effet que cette juxtaposition de tableaux disparates, que ce mélange incohérent de races ennemies, que ce choc d'esprits radicalement dissemblables! A coté du cuirassé et du torpilleur, la jonque aux voiles quadrangulaires u palmées comme des ailes de chauves-souris » et la multitude misérable des sampans qui servent de maisons; non loin d'une cathédrale romaine aux flèches hardies, ou d'une Mission de Jésuites que surmonte la croix, un monastère de bonzes, des toits doubles, recourbés, ornés « de poissons flamboyants, de serpents tortueux et de griffons aboyants >s ou quelque Bouddha obèse, sommeillant au fond d'une pagode en bois doré; ici les cheminées fumantes des filatures, des verreries, des raffineries, ou les murailles rectilignes des docks, ou le confort superbe et la propreté

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