‹ Chine ancienne et nouvelle. Impressions et réflexionsChapitre 44 sur 77 · ZIKAOUE. L ENSEIGNEMENT DES MISSIONNAIRES · texte numérisé non relu

ZIKAOUE. L ENSEIGNEMENT DES MISSIONNAIRES

Longtemps rEnseignement moderne, l'Enseignement occidental en Chine n'a été que l'Enseignement des missionnaires, en particulier des missionnaires catholiques. Rien ne peut mieux donner une idée de cet enseignement et permettre de porter sur lui un jugement qu'une visite à Zikaoué, le grand institut des Jésuites.

Zikaoué est à 8 kilomètres de Changhaï. La ])elle route qui y conduit, de construction française, traverse une campagne variée, couverte de maisons, de vergers, de bosquets, qui rappelle assez certaines campagnes de France. Bientôt Ton distingue de grands bâtiments de style européo-chinois : les murs blancs, les toits bruns

relevés aux cornes sont chinois, mais la blancheur des murs n'est ni salie, ni moisie, et sous les auvents courent des lignes de fenêtres régulières : cela n'est pas chinois.

A côté s'élève une haute tour de briques rouges et bleues, encore en construction : c'est le nouvel Observatoire météorologique. L'ancien est un bâtiment blanc, modeste, l'air d'une petite villa coloniale du Sud américain, dominé seulement par un grand pylône de fer. Le directeur, le P. Froc, me reçoit avec la plus grande cordialité ; physionomie ardente, parole claire et ferme, conversation vive : le savant en lui domine le religieux.

Tout de suite on remarque une grande carte où sont indiquées les diverses stations avec lesquelles l'Observatoire est en correspondance régulière : il n'y en a pas moins de cinquante répandues en Chine, en Corée, au Japon, en Indo-Chine et aux Philippines. Ces stations, pour la Chine du moins, sont organisées soit par les Missions, soit par le service des Douanes Maritimes. Récemment sir Robert Hart a consenti que tous les renseignements recueillis par ses agents soient communiqués à l'Observatoire; il a même adopté pour le service des sémaphores les signaux de Zikaoué. Le P. Froc semble tout étonné de ces gracieusetés du toutpuissant directeur des Douanes à l'égard d'une institution qui n'est pas anglaise.

La prévision des typhons est le point d'honneur des météorologistes de Zikaoué. En interprétant les données que leur fournissent soit l'Observatoire de Manille, soit les stations établies par le gouvernement japonais dans les îles de Riou-Kiou *, ils sont parvenus à les annoncer quatre jours au moins avant qu'ils atteignent la région de Changhaï. La plus belle prédiction dont s'enorgueillisse l'Observatoire est une prédiction

1. L'Indo-Chine bientôt aura son observatoire à Phou-Lien, près de Haï-phong, juste à égale distance de Manille et de Zikaoué.

de huit jours. Dès que l'approche d'un typhon est certaine la nouvelle est télégraphiée à tous les sémaphores de la région, et les navires ont en général tout le temps nécessaire pour se mettre à l'abri.

La détermination astronomique du temps de Changhaï, à un dixième de seconde près, est aussi confiée à l'Observatoire. Chaque jour, à midi précis, le P. Froc presse un bouton électrique, et la grosse boule de fer hissée au sommet du grand mat de signaux sur le c Bund > français donne par sa chute l'heure à la ville et au port. La communication électrique est instantanée: instantanée aussi la chute; il paraît cependant que certaines réfractions des nuages à distance empêchent de saisir le moment exact où la boule se déclanche. Aussi bientôt l'heure mathématique sera-t-elle donnée avec plus de rigueur encore par un éclair lumineux à neuf heures du soir. Ce service chronométrique est le seul pour lequel l'Observatoire reçoive de l'une et l'autre municipahté de Changhaï une aide quelconcjue. L'installation astronomique de l'Observatoire est encore rudimentaire : mais dans ce moment même on achève de construire à quelques kilomètres, sur une colline, au-dessus des brumes et sur un sol plus ferme, une coupole perfectionnée pourvue de lentilles puissantes.

L'autre directeur de l'Observatoire, le P. Chevalier, vient de se révéler un hydrologue de premier mérite. Chargé d'inspecter et de régler les appareils météorologiques des Douanes, il a profité de son voyage pour étudier le cours du Yangtzé depuis Itchang jusqu'en amont de Soutchéou, jusqu'à l'endroit où les jonques elles-mêmes ne peuvent plus naviguer. Des journées entières il a procédé en personne à des sondages répétés de trois en trois minutes, sans s'interrompre du matin au soir que pour les repas. Il a publié le résultat de ces observations dans un atlas qui est un travail immense, de la plus grande utilité pour la navigation et dun très haut intérêt pour la science.

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L'œuvre de cet institut météorologique — astronomique aussi et même géographique, — les services qu'il rend journellement sont déjà un enseignement pour la Chine, et un enseignement supérieur : tel est le respect superstitieux des Chinois pour les phénomènes de l'atmosphère ! Mais Zikaoué exerce sur les jeunes générations chinoises une influence plus directe par l'instruction qui y est donnée, à l'Orphelinat et au Collège.

L'orphelinat des filles est celui qui compte le plus de pensionnaires. 11 est rare qu'un Chinois abandonne un enfant mâle ; l'infanticide des petites filles est au contraire un des grands maux de la Chine et l'orphelinat de Zikaoué essaie d'y apporter quelque remède.

Voici la crèche. Les bébés sont dans des berceaux : la crosse de fer et les rideaux de mousseline sont évidemment des importations d'Occident; le berceau luimême, en tresse, est de fabrication chinoise. Pourtant les berceaux sont assez rares on Chine : on ne les trouve guère que dans les familles aisées. L'immense majorité des enfants, les pauvres, couchent avec leurs parents : c'est le seul moyen qu'ils aient chaud l'hiver, du moins dans toute cette région de la Chine centrale et septentrionale où le froid est très vif et le chauffage ridiculement insuffisant ; seulement quantité d'enfants sont étouffés en dormant. Ici les enfants ont chacun leur berceau, et dès qu'ils grandissent, leur petit lit en bois, carré, avec des nattes pour matelas.

Un assourdissant ramage nous annonce l'école. Les sœurs observent scrupuleusement la méthode chinoise qui consiste à faire réciter à haute voix et à tous les élèves ensemble des listes de caractères. L'application de la classe se marque à la hauteur du ton et au volume du son : plus ils crient, mieux ils apprennent! De temps en temps pour se désenrouer ils avalent une gorgée de thé, et s'ils ont trop chaud, ils s'éventent. Si un missionnaire entre, ils se lèvent et très gravement le saluent du nom de tata, grand-père ! Quelques-

uns s'agenouillent et inclinent jusqu'à terre leur large face rougeaude.

Une autre coutume chinoise C|ue les sœurs respectent et qui soulève plus d'objections, c'est la mutilation des pieds des petites filles. On sait quelle est cette pratique barbare : dès Tàge de trois ou quatre ans les pieds sont bandés, ligotés de manière à ramener tous les doigts et le talon lui-même sous la plante du pied, si bien que seul désormais l'orteil enfermé dans un minuscule soulier pose sur le sol. C'est un supplice qui arrache aux enfants des cris déchirants: beaucoup en meurent: les filles qui survivent, même si elles ne sont pas rendues impotentes, en souffrent toute leur vie.

Cette coutume, bien qu'elle ne remonte quà neuf siècles emiron. est profondément enracinée dans les mceurs chinoises. Un Chinois choisit sa femme souvent sur le vu du soulier : plus il est petit, plus la femme doit être jolie, riche et bien élevée. Le fait est que ce sont les fillettes de haute condition et les plus mignonnes auxquelles on inflige avec le plus de cruauté ce martyre. Une fille aux grands pieds trouvera difficilement à se marier bien. Telles sont les raisons que donnent les sceurs de Zikaoué — et d'ailleurs — pour tolérer dans les orphelinats cette odieuse pratique.

Il est permis de penser que cette excuse n'est pas suffisante. Puisque ces orphelines chrétiennes épousent presque toujours des chrétiens, et que l'éducation spéciale quelles ont reçue les a en quelque sorte dotées de tant d'avantages, on a peine à comprendre qu'il soit à ce point difficile de les marier, sans les mutiler. Les sceurs catholiques semblent en prendre leur parti trop facilement : elles laissent aux missionnaires, aux missionnairesses protestantes l'honneur de combattre cette absurde tradition au nom de l'humanité.

L'éducation que reçoivent les adolescentes, très simple pour ne pas faire des déclassées, comprend tous les soins du ménage : couture, cuisine, lavage, élevage des

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enfants, dévidage, filage au rouet, etc. A l'orphelinat des sœurs de Canossa, à Hankaou, on exerce aussi les pensionnaires à certains travaux manuels qui pourront leur incomber plus tard dans la vie, comme tourner la meule à écraser le riz : et à côté des moulins d'Occident qui répondent mieux aux besoins du couvent, il y a quelques moulins chinois qui servent précisément à l'apprentissage. A Zikaoué, les orphelines pour pouvoir consacrer quoique temps à l'étude sont déchargées de tous les gros travaux, qui sont confiés à des femmes de journée prises dans le village voisin; mais un petit nombre seulement apprennent un métier artistique, comme la broderie.

Cette éducation si pratique présente d'ailleurs un caractère chrétien et catholique très accentué. Dès que les enfants connaissent quelques caractères, c'est le catéchisme qu'on leur apprend. Les broderies auxquelles travaillent les ouvrières sont exclusivement pour l'ornementation des églises de Chine ou d'Occident. La plus belle sur le métier, lors de ma visite, était destinée au pèlerinage de Paray-le-Monial « où le Sacré- Cœur était apparu ».

A l'orphelinat des garçons, même éducation à la fois très pratique et strictement catholique. Les pensionnaires reçoivent à la mission un minimum d'instruction primaire : 1000 à 2 000 caractères; mais ils y peuvent apprendre presque tous les métiers : menuiserie, cordonnerie, peinture, sculpture, etc. ; et toujours suivant les méthodes chinoises avec des instruments chinois.

Mais les menuisiers ne construisent que des autels ; les sculpteurs ne travaillent qu'à des Christs, des Vierges et des Saint-Josephs. Dans l'atelier de dessin, on ne voit que des plans de chapelles ou d'églises, — le modèle de la future cathédrale de Zikaoué; et l'on est étonné de trouver dans l'atelier de peinture quelques reproductions de cartes murales Vidal-Lablache perdues au milieu des Assomptions et des Pentecôtes. Dans la cour s'élève une statue de la Vierge mère des

orphelins, accueillant un petit Chinois en robe bleue et jaquette rose, qui servirait fort bien d'enseigne à une succursale exotique de Bouasse-Lebel !

Cette école professionnelle est donc en même temps — on pourrait presque dire avant tout — l'atelier général des missions catholiques en Chine. Que les Pères s'y fassent fabriquer leurs chaussures, fort bien ; car ils portent exactement la chaussure chinoise, et leur ouvrier, s'il les quitte, pourra se tirer d'affaire. Mais la fabrication des objets de sainteté, limitée par les besoins restreints de la clientèle catholique, n'est pas pour faire vivre son homme en Chine. Cette manière d'entendre l'enseignement professionnel peut être très pratique, très économique; mais c'est une conception bien étroite.

Ce qu'il y a d'artificiel et même d'un peu puéril dans l'entreprise éclate à la simple inspection de la librairie. La mission ne possède pas moins de trois rotatives Marinoni, dont une est mise en mouvement par un moteur à gaz. Qu'y imprime-t-on? à l'occasion les ouvrages des Pères, ces Variétés sinologiques à la fois si érudites et si piquantes; un journal à l'usage des chrétiens chinois, la Revue pour tous; mais surtout des catéchismes, des chants d'Église. Naturellement dans ces recueils de cantiques les paroles latines sont notées par les caractères chinois de même son; mais ces caractères ont, bien entendu, un sens tout différent et très souvent un sens ridicule. C'est comme si l'on nous faisait lire le cantique : Cor Amoris écrit : Cor a Maurice; ou bien le Tantum ergo sacramentum,

Tant homme ergo sacre à inain Vhomme.

Le collège enfin est avant tout un collège chinois. La culture classique chinoise est le fond de tout l'enseignement, et l'on y prépare spécialement aux examens du mandarinat. Les murs du vestibule sont recouverts d'affiches rouges qui sont les lettres de faire part d'élèves ou anciens élèves annonçant leur succès.

Mais c'est un collège chinois catholique. Tous les élèves, 140 environ, sont catholiques : il faut être catholique pour être admis. On ne fait que quelques rares exceptions en faveur de jeunes gens qui, sans être catholiques encore, ont manifesté la ferme intention de le devenir. Non seulement les élèves sont catholiques, mais la plupart sont fils et petits-fils de catholiques. « C'est pour cela, me dit le Père qui m'accompagne, que nous avons à peine besoin de les mettre en garde contre ce qu'il y a d'antichrétien dans les livres de Confucius. Ils savent que le culte des ancêtres n'est qu'une idolâtrie comme les autres. A part cela, il y a beaucoup de choses dans Confucius qui sont conformes à la morale chrétienne : l'étude des classiques nécessaire à tout Chinois n'empêche pas nos élèves d'être de bons chrétiens. »

Les anciens élèves du collège arrivent généralement à des positions assez élevées. Ceux qui n'ont conquis que le premier grade sont maîtres d'école; les autres deviennent des fonctionnaires. Quelque-uns reviennent au collège comme professeurs; un certain nombre entrent au séminaire où ils apprennent le latin et reçoivent l'enseignement théologique : ils deviendront plus tard des Pères à leur tour et se répandront dans toute la Chine. Tous travaillent plus ou moins pour la religion. Les frais d'études au collège sont de 40 à 50 piastres par an; les élèves appartiennent la plupart à des familles aisées et peuvent, en dehors même des fonctions qu'ils remplissent, exercer une influence considérable.

On voit quelle était l'ambition des Jésuites et quelle méthode ils ont suivie. Ils n'ont pas cherché à transformer, à réformer l'organisation politique et sociale chinoise, mais tout d'abord à s'y faire une place. C'est de l'influence personnelle exercée de génération en génération par une élite qu'ils attendaient la transformation morale du peuple; et pour former cette élite, pour lui donner un moyen d'agir sur le peuple, ils ne

pensaient pas quïl y eût de meilleur instrument que la religion catholique.

Conception à la fois hardie et prudente, dont on ne pouvait a priori prédire l'échec, mais que l'expérience a définitivement condamnée. Le recrutement de l'élite catholique qui devait peu à peu transformer la Chine par le dedans a échoué ou a été faussé : le nombre manque par trop à cette élite qui quelquefois se trouve n'être qu'une soi-disant élite ou une élite à rebours. Et dans la masse le catholicisme, le christianisme en général, a provoqué plus de résistances qu'il n'a éveillé de sympathies.

La Chine pour se régénérer, pour subsister seulement, doit transformer profondément son système d'éducation. Si elle ne reconnaît pas franchement la supériorité de la science d'Occident, elle tombera sous la domination plus ou moins étroite des puissances d'Occident. Ces examens classiques auxquels les Jésuites ne voulaient pas toucher puisqu'ils y préparaient leurs élèves, un empereur déjà y a porté la main. Sans doute les réformateurs dont Kang-you-oueï était le chef auraient pu s'inspirer de la prudence des Jésuites pour porter sur ces antiques institutions une main moins hâtive et plus adroite. Néanmoins l'heure est proche où — de gré ou de force — un enseignement nouveau, l'Enseignement moderne, conquerra sa place en Chine à côté de l'ancien.

Les Jésuites l'ont compris. Aujourd'hui la moitié des élèves du collège de Zikaoué reçoivent, en plus de l'enseignement chinois et de l'enseignement catholique, un enseignement élémentaire de français, d'histoire, de géographie et de mathématiques. Même ceux qui prennent exclusivement l'enseignement chinois reçoivent quelques notions d'arithmétique.

Mais cet enseignement français et cet enseignement scientifique, cet enseignement moderne en un mot, n'existe à Zikaoué que depuis deux ans; encore n'est-il donné que comme un accessoire. Pour répandre Fin-

lluence française et la civilisation occidentale c'est toujours sur l'influence personnelle des maîtres et sur la vertu éducatrice du catholicisme que l'on compte : et c'est pour cela que le nouveau Zikaoué est condamné à échouer comme a échoué l'ancien.

Certes la transformation de la Chine ne s'accomplira sans trop de souffrances d'un côté, sans trop de brutalités de l'autre, que si l'âme chinoise elle-même est renouvelée. A cela les chemins de fer, les filatures et les aciéries ne suffiront pas : il faut une éducation, et les Jésuites ne s'exagèrent pas la puissance de l'Éducation. Mais l'éducation qui convient à la Chine est une éducation positive, laïque, dégagée de tout dogme qui choque sans nécessité d'innocentes croyances.

l'enseignement moderne officiel, le collège de nanyang

L'Enseignement moderne a été un moment officiellement reconnu, établi en Chine : ce fut durant les « Cent jours » des Réformes, de juin à septembre 1898.

Déjà le décret du 23 juin contient une violente critic{ue des programmes d'examen consacrés et annonce une réforme.

« ... En ces derniers temps la littérature est tombée fort bas; de jour en jour elle s'est comme engloutie dans des abus chaque jour plus nombreux. Les compositions c{ue les candidats présentent aux examens se réduisent en règle générale à des amplifications superficielles d'un texte et Ton en trouve rarement qui éclaircissent le sens des classiques. De tout cela il découle naturellement que des lettrés dont les compositions ont été vulgaires et vides de sens ol)tiennent injustement d'être approuvés et promus aux grades. Si l'on ne profite pas des circonstances actuelles pour introduire des chan-

gements opportuns, quel moyen emploierons-Nous pour reconnaître la vraie science et faire avancer les hommes de talent? Nous ordonnons donc qu'à partir des prochains examens — tant pour ceux des aspirants au baccalauréat que pour ceux annuels des bacheliers et ceux préparatoires au grade, — les compositions à huit membres sur les quatre livres soient remplacées par des projets et des dissertations ^ » (Décret du 23 juin 1898.)

Le décret du 19 juillet suivant, beaucoup plus précis, porte que, pour la deuxième épreuve de la licence et du doctorat, « la matière sera de cinq projets sur les affaires actuelles; les candidats seront interrogés spécialement sur le gouvernement et sur Tadministration des divers royaumes du globe; et sur les arts propres à chaque royaume ». Or cette épreuve sera éliminatoire : moins d'un tiers des candidats qui la subiront seront admis à passer la troisième et dernière épreuve sur les « quatre classiques » et les « cinq canoniques » -.

Enfin le décret du 19 août confirme le précédent et fait ressortir l'importance de la réforme qui doit modifier profondément le recrutement de toute l'administration chinoise.

« La cour dans ses efforts pour former des hommes de talent ne s'occupe que du développement et du progrès de la vraie science, et ne s'appuie plus sur la calligraphie des compositions pour choisir les candidats à promouvoir. En cela la cour se propose de faire que les lettrés de l'empire, poussés également vers un même but, s'occupent surtout de l'administration qui est la fin de leurs études et deviennent aptes à être employés par le gouvernement dans les charges ^. »

Ce nouveau système d'examens suppose un enseignement nouveau ; et à cet enseignement les livres d'abord font défaut. Aussi l'Empereur se préoccupe de faire

i. Décrets impériaux, 1898, traduits par J. Tobar, S. J. (Imprimerie de la Presse Orientale, Changhaï), p. 6.

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