‹ Chine du sud et de l'estChapitre 26 sur 131 · LA GUERRE DE L*OPIDM LV · texte numérisé non relu

LA GUERRE DE L*OPIDM LV

tion devenant intolérable, le Gouvernement anglais résolut d'agir diplomatiquement et, au mois de mai 1702, Macartney s'embarquait à Ports mouth avec une nombreuse ambassade portée par deux navires, le Lion et VHiTidoustan, qui, après de fréquentes escales et une longue navigation, touchèrent à Formose , à l'île Tcheou-chau et à T'ien-tsin. Macartney et sa suite arrivèrent à Pékin le 21 aoiit 1793 et durent se rendre en Mongolie où l'Empereur avait sa résidence d'été.

Il n'obtint d'ailleurs aucun avantage, s*éloigna de Pékin le 7 octobre, se rendit à Canton, puis à Macao et quitta la Chine au mois de mars 1794. Son voyage avait coûté environ deux millions et n'avait rien rapporté à l'Angleterre ; il fut cependant largement récom: pensé, créé comte et pair et devint plus tard gouverneur de la colonie du Cap. Peut-être les Anglais, patients aussi comme les Chinois, mais d'une autre manière, virent-ils dans cette première tentative diplomatique une porte ouverte à de futures négociations qui pourraient être plus heureuses. Il n'en fut pas pourtant ainsi et l'avenir montra qu'un seul ambassadeur, le canon, pouvait venir à bout de H tenace inertie des Chinois. Une autre ambassade, en 1816, mal '.onduite par lord Amherst et coïncidant avec la guerre faite par les knglais au Népal, que la Chine considérait comme pays tributaire, ut aussi infructueuse que celle de Macartney.

Les difficultés ne cessèrent pas à Canton ; en 1821, deux navires aiglais, la Topaze et le Cunning furent attaqués par les Chinois et anonnès par leurs forts ; en 1829, le commerce anglais eut k subir le conséquences de la faillite générale des négociants chinois Jtau- Tistes (on désignait ainsi les seuls négociants autorisés par l'Emptreur à commercer avec les étrangers) ; en 1830, l'exigence ombraguse des Chinois alla jusqu'à menacer d'expulsion les femmes des Uitionaux anglais. En 1833, le roi d'Angleterre tenta d'eu imposer ai Gouvernement chinois en envoyant à Canton un personnage oficiel, lord Napier, avec le titre de Surintendant du commerce anglais. Cette intervention, encore pacifique, eut peu de succès : Irrd Napier, découragé, se retira à Macao où il mourut au mois d'>ctobre 1834. Enfin, en 1839, un coup de force de la Chine, la saisie etla destruction de 20 mille caisses d'opium, élément principal du commerce anglais, obligea l'Angleterre à une intervrnticni armce.

Une expédition fut décidre : c'est ce qu'on appela la Guerre dbjjiwin. Elle dura deux ans; en juin 1840, une flotte anglaise comlusôe de quinze vaisseaux de guerre, escortant un convoi de vingt-cinq tunsports, avec quatre mille hommes de débarquement, arrivait dans lis eaux chinoises et ue tardait pas à bloquer la rivière de Canton» fin 1841, le iîb février, le commandant anglais, sir Hrcmer, s'emparait des forts de Bocca-Tigris ; eu juillet, il occv\\va. 'Ç\\\\j,-\\vv\,^^^v^ss\\\'5: 7cheou-chan. Au mois d'août, on \enXa Ae iièso<ivçx \ Vàxo:vc^^N>àsîX

-LNl HISTORIQUE

se rt^ïidit à l'cmbouclHire du Pei-ho et se mit on relations avec le gouverneur rie laprovinn^ ; (!ette tentative «'choua comme tant dau- Ires; il fallut reprendre les hostilités. Les opérations militaires furent menées vigoureusement; le 27 août 1811, Amoy était au pouvoir des Anglais ; en octobre, leur flotte pénétrait dans la rivière de Ning-po et s'emparait de cette ville; plus tard, Chang-hai était orcupée et la flotte s'engageait dans le Fleuve Bleu avec Nankin pour objectif.

Les Chinois comprirent qu'il était temps de composer et, celle fois, les négociations aboutirent ; un traité fut signé à Nankin, le 20 août 1812, à bord du CornwallU et ratifié à Hong-kong, le 20 juin 1843. Ce traité assure d'importants avantages aux .Vnglais : cin(| ports chinois, Canton, Amoy, Fou-tcheou, Ning-po, Chang-hai sont ouvert.au commerce anglais ; Hong-kong devient colonie anglaise et un» indemnité compense la saisie de l'opium et les frais de la guerre.

L'attitude de l'Angleterre avait porté un coup fatal à l'obstina lion des Chinois et cette date de i842 inaugure une ère uouvell dans les relations de l'étranger avec la Chine, qui vit bientôt rérla mer par d'autres o.ations les avantages qu'elle avait dû reconnaît n aux Anglais.

France. — Les relations de la France avec la Chine (•ommei> cèrent par les missions catholiques et lorsque les premiers vaisseau français purent arriver jusqu'aux ports chinois depuis longtemp déjà les missionnaires français avaient été admis à Pékin, occupaieit des emplois près des empereurs et avaient pu, après des alternatives de tolérance et de persécutions, pénétrer dans plusieurs province.

Mais longtemps auparavant, les Mongols, lors de leur granle invasion en Europe, au xiii» siècle, avaient entretenu des relatiois avec les rois de France et, au moment où Saint-Louis se prèpanil à l'expédition d'Egypte, il reçut sommation du souverain Mongol de se déclarer son sujet, attendu « que les Tartares étaient de cflix dont il était écrit (|ue Dieu a donné la terre aux fils des hommes »

Saint Louis, naturellement, ne tint aucun compte de cette mse en demeure mnis, plus tard, il accueillit favorablement en Eg>ote des ambassadeurs mongols envoyés par le gouverneur de la Pe-se et de l'Arménie. Puis, à leur départ, il leur adjoignit qiielqies moines avec des présents consistant en vases sacrés et ornemeits nécessaires à la célébration du culte, car, sur de vagues rumeu-s, on croyait, à cette épo(|ue, (fue les Khans tartares avaient <es notions de la vraie foi. Cette mission n'eut aucun succès et fut «:nisidérée par les Mongols comme un acte de sujétion. Saint Louis le se découragea pas et, en I2ô3, envoya aux princes tartares le corri^lier Guillaume de Huysbroeck, plus connu sous le nom de Iliibnquis, qui a laissé une relation intéressante d'un voyage qui ne e conduisit pas jusqu'en Chine mais lui permit d'observer les mœus

LES FRANÇAIS LYII

do la race jaune et des princes qui allaient régner sur le Céleste Empiré." hubruquis put se convaincre du parfait et calculé scëpti- «•isme de ces princes qui, fidèles à la politique de Gengis-Khan,' tfai-^ taîent de là même manière les prêtres de chaique culte; le système fut continué quand la dynastie mongole, avec Koubilai, monta sur le trône de Chine et, parmi les Empereurs, ceux qui traitèrent le mieux les missionnaires ne manifestèrent jamais la moindre intention de devenir catholiques.

Quant aux relations commerciales, elles commencèrent assez tard. Après plusieurs tentatives, en 1697, un missionnaire jésuite, le P. Bouvet, qui arrivait de Chine, s'y employa activement; il s'aboucha d'abord avec la Compagnie des Itides Orientales où il rencontra un arrueil favorable en principe mais, aussi, des hésitations causées par la situation assez peu prospère de cette Compagnie. Il trouva plus d'activité près d'un riche fabricant de glaces, Jourdan de Groussy qui parvint à constituer une première Compagnie de la Chine (\)y eut l'agrément du pouvoir royal, triompha des entraves que lui susciàit la Compagyiie des Indes Orientales^ excipant de son monoplé, it arma un navire VAm,phitritey qui séjourna en Chine du 5 octobre «99 au 26 janvier 1700, lors d'un premier voyage, et du 5 août 1701 ai 2 décembre 1702, lors du second. En 1701, la Compagnie de la Ch.ine avait fusionné avec la Compagriie des mers du Sud, fondée pir des armateurs de Saint-Malo. Les opérations de la nouvelle (^cmpagnie n'eurent pas de résultats financiers satisfaisants, la discoïde se mit entre les deux éléments qui la constituaient et, finalement, le privilège royal leur fut enlevé.

Une troisième Compagnie s'organisa, en 17^2, à Saint-Malo et en\*3ya des navires en Chine jusqu'en 1718. A cette époque, se constitUi la Compagnie des Indes qui eut le monopole du commerce français avec la Chine. Ce commerce prit par la suite une certaine activité.

En 1776, lorsque fut supprimé le privilège de la Compagnie des Inde^ un consulat français fut établi à Canton, qui fut à ces épo- (jues, le centre du commerce de la Chine avec les étrangers ; ce consulat fut supprimé à la (iii du xvnr siècle et c'est principalement par s«s missionnaires et i)ar l'action religieuse que la France resta en relations avec la Chine : cepondant, en 1829, un agent diplomatique fut de nouveau accrédité à Canton.

T(el fut l'état des choses avant le traité anglais de 1842 qui ouvrit une nouvelle période fécond»^ en événements.

La Chine depuis le traité de 1842.— L'aventure anglaise avait démontré aux nations étranfçèros la nécessité, pour assurer leurs

(1) Cf. (.L. Madrolle : Les prenncrs voyages français à la Chine. La Compagnie de la Chine. [Paris, 1001.

l'expédition de 18G0 lix

purts (leTch'ao-tcheou, TchaDg-tcheoii, Naukin, Nieoii^tcliouang, sur le continent, Kiong-tcheou dans l'ile (l*Uai-nan, T'ai-wan et Tan-chouci dans rUe de Formose. L'évacuation de Canton devait avoir lieu après le paiement de grosses indemnités et des frais de la guerre^ le tout dépassant six millions de taëls.

Mais les Chinois ne tardèrent pas à violer les conventions stipulées et lorsque, le 25 juin 1859, MM. de Bourboulon, pour la France, et Bruce, pour l'Angleterre, voulurent aller échanger les ratifications du traité de T'ien-tsin, ils durent se présenter avec une escadre de dix- huit navires et cette force navale trouva à l'entrée du l»ci-ho les forts nouvellement établis de Ta-kou qui la reçurent à coups de canon, lui infligèrent des pertes sérieuses, coulant trois canonnières et mettant hors de combat près de cinq cents hommes et huit offi- :;iers, parmi lesquels l'amiral anglais Hope et le commandant français Tricault.

A la suite de cet échec les deux nations se résolurent à une action militaire assez puissante pour avoir enfln raison de la mauvtise foi chinoise, et une expédition anglo-française fut déridée.

L'Expédition de 1860. — Le corps expéditionnaire des deux nations alliées fut ainsi composé : la France armait près de dix mille hommes, formant deux brigades commandées par les généraux Jamin et Collineau sous la direction supérieure du général de div'.sion Cousin-Montauban, quatre batteries d'artillerie complétaient la colonne avec les divers services auxiliaires ; les Anglais mettaient en ligne treize mille hommes dont mille cavaliers, pris pour la plupart dans les troupes indiennes ; le lieutenant général sir Hope Grant commandait en chef avec les généraux de division Michel et Napier et les généraux de brigade Sutton, Jephson, Staveleyet Reeves. L'escadre française fut placée sous les ordres du vice-amiral Charner, celle des Anglais eut pour chef l'amiral James Hope.

Les forces alliées arrivées en Chine prirent d'abord pour bases de leurs opérations deux points différents : Hong-kong pour les Anglais, Cliang-hai pour les Français. Le général Cousin-Montauban y arriva le 12 mars 1860 et fut rejoint un mois après par l'amiral Cbarner.

Entre temps, on essayait de négocier ; MM. de Bourboulon et Bruce envoyaient à Pékin, le 8 mars, un ultimatum qui, un mois après, était rejeté par les Chinois : il fallait agir militairement. Le (îorps expéditionnaire monta vers le Nord, aux abords de l'embouchure du Pei-ho ; les Français s'établirent à Triie-fou, les Anglais a Ta-lien-wan. Après étude des lieux, on abandonna l'idée de forciMl'entrée du Pei-ho et c'pst pins au nord, àrembouchure du Pei-t'anjr. (|ue l'on fixa le point du débarquement. Le Si juillet, deux ceivt.s navii'es étaieul réunis devant la \'\\V<i "ivàtVvWvtvi *i,vi V»iv>C'^\\%\ ^»..

l'expédition de 1860 lx:

ftoas les murs de Pékin, mais les géuiTaux ayant appris (fue les débris des furc(>s cliinoises se refurmaieut vers TOiiest, décidèrent de se porter dans celte direction qui les conduisait au fameux palais d'été de Yuan-min^-yuau où se trouvait l'empereur Hien-fong. Le corps expéditionnaire se mit en marche le r> octobre : les Anglais, partis les premiers dans la uuit, prirent une fausse direction ; les Français, guidés par deux Chinois dont les services avaient été achetés par le général en chef, arrivèrent à sept heures du soir devant une des portes de la résidence impériale qui fut rapidement emportée par le lieutenant de vaisseau de Pina et l'enseigne Vivenou avec quelques soldats. Pendant ce temps, l'empereur avec ses femmes et sa maison fuyait parla porte opposée et gagnait Jéhol, en Mongolie.

Le 7 au matin, les officiers français visitèrent les quatorze ]ialais de cette superbe résidence mais le général français eut soin de prendre des mesures pour que rien ne fut touché avant l'arrivée des Anglais. Lorsque ceux-ci rejoignirent la division française, uue commission mixte lit choix, parmi les richesses accumulées, des objets les plus précieux destinés à la reine d'Angleterre et à l'empereur Napoléon 111 ; le reste fut livré au pillage.

Plus tard, lord Elgin et le général Grant firent incendier le Yuan-ming-yuan, opération de représailles à laquelle le général (lousin-Montaubau refusa d'associer les soldats français. Il convitmt d'ajouter que, si considérables qu'aient été les dégâts causés par cet incendie, ils n'étaient pas irréparables et que la ruine définitive du palais d'été fut l'œuvre de pillards chinois peu respectueux des souvenirs attachés à cette cité impériale.

Dès le 8 octobre, les Chinois avaient renvoyé aux alliés les malheureux, survivants du guet-apens de Tong-tcheou : sur treize Français, six seulement furent rendus, parmi lestjuels M. d'Escayrac de Lauture, paralysé des mains, couvert de plaies, et M. Petit devenu presque fou ; du côté des Anglais, M. Parkes, interprète de lord Elgin et M . Lok, son secrétaire, étaient parmi les survivants.

Le l), Tarmée avait quitté le palais d'Eté pour s'établir sous les nuirs de la capitale devant la porte Ngan-king-meu ; le i3, un ullimatum impérieux fut envoyé au prince Kong, frère de l'empereur et chargé par lui de traiter avec les « Barbares ». Après quelques hésitations, ce jeune prince se décida à faire ouvrir la porte et les remparts de Pékin virent bientôt flotter les drapeaux de la Franc.jî et de l'Angleterre.

Les négociations furent aussitôt entamées et aboutirent, le il, pour les Anglais, et le 25, pour les Français, à deux conventions qui mettaient tin à la campagne. Ce nouvel instrument diplomatixiue ratifiait les traités précéd(3nts et stipulait de,s mdftTOXixXfe*» ^^'^ \k\- Jioiis (le tacis pour chacune diis vVcvv^ \ivi\ivvivv* N\vi\.Q>t\vb\x^^s \ v\\\ wv.

LK CONFLIT FRANfO-OHINOTS I.XIH

demande, la . FraDcn lui donnernit ^M'ntiiitonH>nt l'appui n^^cpssaire pour inainUmir l'ordre dans ses KUts.

La Chine ini nian([ua pas d'expIoittM' au proHl de sou iullupuce ••etle attitude tW la Cour do Hué et, suivant do près les éMMienieuts elle eherclia par tous les moyens à eutraMM* Taeliou franvaisi*, protltaut habilement du mamiue de communications et surtout d uniti> de vues entre les amiraux trouverneurs d«* (^orliinchine et la Ii-^atiou française à Pékin. En 1880, Tu^duc, malgré les elTorts des résidents français, envoya une ambassade à Pékin pour porter le tribut; les autorités françaises, ayant pu se procurer des copies des lettres du Roi à l'Empereur, y relevèrent en profusion des termes respectueux et des assurances de vassalité, aussi contraires à l'esprit qu'à la lettre du traité de 1874 ; M. Itourée, ministre de France, se croyait même certain (jue des documents tenus secrets réclamaient formellement Tintervention armée de la Cliine contre les entreprises françaises.

Le ii septembre 188i, le marquis Tsen^ notillait au {gouvernement français que la Chine ne reconnaissait pas la convention franco-annamite de 1874. Dès cette époque, la France était décidée à agir vigoureusement contre Tu-duc et des renforts étaient fn\o>é>4 au Tonkin, où la présence et les exactions des Pavillons noirs lui donnaient l'occasion d'exercer eiïectivement son protectorat.

Le capitaine de vaisseau Rivière s'était installé à Ha-noï, en avril 4882 avec des forces militaires et avait bientôt dû s'emparer de la citadelle et la mettre hors d'état de lui nuire. Aussitôt la Cliine, à Pékin par les ministres du Tsong-li-ya-men, à Paris par le marquis Tseng, revendiqua hautement ses droits de suzeraineté sur l'Annam.

A Pékin, M. Hourée essayait de négocier, croyait d'abord à une sfdution pacitlqiu', mais en reconnaissait bientôt les difficultés ; li; 30 mars 1883, il écrivait à son gouvernement que Li Hong-tchan^; affirmait que l'Annam méconnaissait la valeur du traité de 1874, qu'il n'avait signé cpie « sous le couteau ». Le 18 mai, il annonçait que la Chine faisait des préparatifs militaires considérables.

Le lendemain, avait lieu à Ha-noï un événement qui aggra\ait encore la situation : le commandant Rivière était tué, avec plusieurs de ses officiers, en effectuant une >ortie contre les Pavillons noirs qui menaçaient les communications de la ville. Ce fut le signal d'une action militaire énerglifue en Indochine, à la suite de laquelle la France conclut avec le successeur de Tu-duc un nouveau traité où l'indépendance de l'Annam vis-à-vis de la Chine était encore et formellement affirmée.

Mais cela ne mettait pas fin aux difficultés : on continua à négocier à Pékin et à Paris, mais on continuait aussi à envoyer des troupes régulières en Annam et à y faire parvenir des armes et des

LXIV HISTORIQUE

muniUons de guRrre ; aussi, au mois d'août 1883, M. Tricou, qui avait succédé à M. Kourée, uotillail-il le blocus des ports de Tlndo- CUine. Le 46 novembre, le prince Kong, qui présidait encore le Tsong-Ii-ya-men, remettait ii M. de Semallé, cliargé d'affaires, un manifeste où la suzeraineté de la Chine était formellement affirmée, avec cette conclusion que l'entrée des troupes françaises sur les territoires occupés par les réguliers chinois serait (Considérée comme la rupture de la paix.

A la vérité, le marquis Tseng avait déclaré an gouvernement français qu'il n'y avait pas de troupes régulières chinoises au T«)nkin, mais, à Pékin, on niait la possibilité de ^'ette aflirniatlon. Kn résumé, si la guerre n'était pas officiellement ^déclarée, l'état d'Iiostilité commençait.

La guerre, d'ailleurs, continuait au Tonkiu; le -IC décembre lS8:î, l'amiral Courbet, qui commandait en chef un corps de 9.000 hommes, enlevait Son-tay, quartier général des Pavillons noirs, dont le chef avait été fait mandarin par le gouvernement chinois, qui lui prêtait le concours de ses soldats ; il fallut renforcer le corps ox]»éditionnaire et bientôt, tandis que les opérations navales restaient confiées à l'amiral Courbet, le général de division Millot. avec -10,000 hommes, combattait à terre et enlevait successivement trois postes importants, Bac-ninh, Hong-hoa et Tuyen-quang.

On continuait, cependant, à négocier, mais sans ensemble; pendant que M. de Semallé agissait à Pékin, près des successeurs du prince Kong, tombé en disgrâce, un capitaine de frégate, M. Fournier, envoyé par l'amiral Lespès, s'abouchait, à T'ien-tsin, avec Li llong-tchang, vice-roi de la province et signait avec lui, le 41 mai 4884, une convention qui paraissait devoir mettre fin au conflit mais qui eut un résultat tout opposé. Par l'article 2 de ce traité, la Chine s'engageait : « 1' à retirer immédiatement sur ses frontières, les «garnisons chinoises du Tonkin; 2* à respecter, dans le présent et dans l'avenir, les traités directement intervenus ou à intervenir entre la France et la cour de Hué. » C'est l'exécution du 1" paragraphe (jui amena de nouvelles difficultés, par suite de la mauvaise volonté du gouvernement chinois, par suite de malentendus au sujet des délais d'évacuation des troupes chinoises et par suite aussi de trop de précipitation de la part des commandants français. Il est d'abord douteux que Li Hong-tchang ait été autorisé par son gouvernement à traiter dans les conditions de la convention du 11 mai et, iorsipie M. de Semallé se rendit au Ya-men pour s'entretenir de cette affaire, les uns lui dirent que rien n'était définitivement réglé, les autres que l'Impératrice régente n'avait rien ratifié ; cependant, un peu plus t^rd, i 'amiral Lespès, qui était venu à 1^'kin, reçut, ime impression plus ■ favorable ; il avait reuvoyc eu VroLUo^i \û cowirQa.TL^^\i\.

LB OONPr.IT FRANCO-CHINOIS l.XV

Fournicr, porteur de la couvcntioii, et qiiittii P(^kin lui-raôme le 7 juin.

Peu de jours ainvs, st^ produisait Tairaire de Har-I«*, dans les circoiistaurcs suivantes : iiil'oi luc des termes de la convention qui était intervenue entre le coniniandant Fouruier et Li, au sujet de l'évacuation des Chinois, le •jéuéral Millot voulut faire occuper Lang-son, «lui devait être évacué le C juin, le iiî, une colonne, commandée par le colonel Du^^enue, allant vers Lang-son. se heurta, à Bac-lé, avec un coriis de troupes dunois considérable et éprouva un échec sérieux: c'est ce qu'en France on a appelé le guetapens de Hac-lé, mais il est juste de reconnaître que l'expression est inexacte et les négociations fioursuivies, à la suite de la con\ention Fouruier et pour son exécution, montrèrent que le prudent Li n'avait pas couinuini(]ué à son gonveriuMuent la convention annexe relative au retrait des troupes chinoises.

Quoi qu'il en soit, cette airairc mit le feu aux poudres et fut le point de départ de cette situati(ui singulière que le (iouvernement français (]ualifla du nom d'état de représailles, pendant lequel on se battait tout eu négociant. Le :i'.\ août I88i, l'amiral Courbet détruisait à Fou-tcheou toute la flotte chinoise réunie sur ce point et bombardait l'arsenal. L'amiral et le ministre de France. M. Patenôtre. étaient d'avis que le seul moyeu d'activer les négociât ions était de frapper un grand coup au nord de la (]bine : mais, à Paris. M.Jules Ferr\ . croyant aux bons oflices de. Li llong-tchang. vice-roi du Tche-li, ne voulait pas porter la guerre sur son territoire et l'amiral dut aller à Formose, qui fut le théâtre de combats (jui ne furent pas toujours heureux pour les Français et que, d'ailleurs, il fallut plus tard abandonner. L'escadre française fut pi'esfjue exclusivenu^it occupée au blocus de l'île.

Cependant, l'amiral Courbet ayant apjMis (lu'uue escadre chinoise se concentrait aux environs de Che-p'ou se mit à .^a recherche et la rencontra le 15 février 1885; les Chinois, dès (|u'ils virent apparaître la flotte française, s'eiifuir<*nt dans dilTéreules directions; trois croiseurs gagnèrent Xing-po, sous la protection du brouillard, mais deux bâtiments chinois, dont l'un le TcJi'eny-khiij monté par l'a mirai Ting, se réfugièrent dans le fond d(i la baie en face de la ville de Che-p'ou. Dans la nuit, deux canots à \apeur porteurs de torpilles et commandés l'un par le capitaine de frégate Courdon, 1 autre par le lieutenant de vaiss«'au Uuboc, se portèrent sur les bâtiments chinois et, malgré une vive canonnade, la frégate Yuryuen était torpillée et coulée, taudis que le TcKeng-kinii était coulé par le tir alfolé des batteries chinoises de terre.

Pendant ce temps, la guerre continuait en Indochine ; le «4<dnéral Brière de l'Isle, après uue ^èv\e Ae cvi\w\i^\?», vivL«t\î».v^^' '^'^ Vî (évriev, h\ ville de Lang-son, i\vu\V Va o\Vv\v\vA\<>^\'a\V vAv^ ;-Nv\v'wv^

LXIV HISTORIQUE

luninitions de guorre ; aussi, au mois d'août 1883, M. Tricou, qui avait succédé à M. Bourée, notillait-il le blocus des ports de l'Indo- Cliine. Le 46 novembre, le prince Kong, qui présidait encoro le Tsong-li-ya-men, remettait à M. de Semallé, chargé d'atTair«^s, un manifeste où la suzeraineté de la Chine était formellement affirmée) avec cette conclusion que l'entrée des troupes françaises sur les territoires occupés par les réguliers chinois serait considérée comme la rupture de la paix.

A la vérité, le marquis Tseng avait déclaré an gouvernement français qu'il n'y avait pas de troupes régulières chinoises au Tonkin, mais, à Pékin, on niait la possibilité de rette affirmation. Eu résumé, si la guerre n'était pas officiellement ^déclarée, l'état d'hostilité commençait.

La guerre, d'ailleurs, continuait au Tonkiu; le -IC décembre ISR.*}, l'amiral Courbet, qui commandait en chef un corps de 9,000 hommes, enlevait Son-tay, quartier général des Pavillons noirs, dont W chef avait été fait mandarin par le gouvernement chinois, «iiii lui prêtait le concours de ses soldats ; il fallut renforcer le corps expéditionnaire et bientôt, tandis que les opérations navales restaient confiées à l'amiral Courbet, le général de division Millot, avec dG,ooo hommes, combattait à terre et enlevait successivement trois postes importants, Bac-ninh, Hong-hoa et Tuyen-quaug.

On continuait, cependant, à négocier, mais sans ensemble; pendant que M. de Semallé agissait à Pékin, près des successeurs du prince Kong, tombé en disgrâce, un capitaine de frégate, M. Fournier, envoyé par l'amiral Lespès, s'abouchait, à T'ien-tsin, avec Li Hong-tchang, vice-roi de la province et signait avec lui, le il mai 1884, une convention qui paraissait devoir mettre fin au conflit mais qui eut un résultat tout opposé. Par l'article 2 de ce traité, la Cliine s'engageait : « r à retirer immédiatement sur ses frontières, les ^garnisons chinoises du Tonkin; 2* à respecter, dans le présent et dans l'avenir, les traités directement intervenus ou à intervenir entre l;i France et la cour de Hué. » C'est l'exécution du 1" paragraphe (|ni amena de nouvelles difficultés, par suite de la mauvaise volonté du gouvernement chinois, par suite de malentendus au sujet des délais d'évacuation des troupes chinoises et par suite aussi de trop de précipitation de la part des commandants français. Il est d'abord douteux que Li Hong-tchang ait été autorisé par son gouvernement à traiter dans les conditions de la convention du 11 mai et, lorsciue M. de Semallé se rendit au Ya-men pour s'entretenir de cette affaire, les uns lui dirent que rien n'était définitivement réglé, les autres que l'Impératrice régente n'avait rien ratifié ; cependant, un peu plus t^rd, i'amiral Lespès, qui était venu à I.^ékiu, reçut, une impression plus ■ favorable ; il avait reuvovc eu Vrvxu^iCi \vi cov\irQa.TL^vx\i\.

LB fîONPfJT FRANCO-CHINOIS l.XV

Fournior, porteur de la rouvcntion, ot quittai P(^k1n lui-raôme le 7 juin.

Peu de jours aprrs, st» |»r»Mluisail l'adairi» de IJar-Ié, dans les circonstances suivantes: inforiné des ternies de la convention qui était intervenue entre le connnandant Kournier et Li, au sujet de l'évacuation des (Uiinois, le ^'cnérul Miilol voulut l'aire occuper Lan{Jf-son, qui devait être évacué le juin, le a:!, une colonne, commandée par le colonel Uujfenne, allant vers Lang-son. se heurta, à Bac-lé, avec un corps de troupes dunois considérable et éprouva un éirliec sérieux : c'est ce qu'en France on a appelé le guetapens de Bac-lé, mais il est juste de recoiniaîlre (jue l'expression est inexacte et les néjïociaticms fioursuivies, à la suite de la con\ention Kournier et pour son exécution, montrèn'ut (|ue le prudent Li n'avait pas communiqué à son gouvernement la conv<M)tion annexe relative au retrait des troupes chinoises.

Quoi (|u'il en soit, cette airaire mit le feu aux poudres et lut le point de dépait de cette situation singulière que le (ionvernement français qualifia du nom d'étiil de représailles, pendant lequel on >>e battait, tout v\\ négociant. Le '2'A août I88i. l'amiral Coujbet détruisait à Fou-tcheou toute la flotte chinoise réunie sur ce point et bombardait larsenal. L'amiral et le ministre de France, M. Palenotre, étaient d'avis que le seul moyeu d'activer les négociationsétait de frapper un grand coup au nord de la(]hine;mais. à Paris, M. Jules Ferr\. croyant aux bons ofllces de Li llong-tchang. vice-roi du Tche-li, ne voulait pas porter la guerre siu' son tcîrriloireet l'amiral dut aller à Formose, qui fut le théâtre de c(»mbats (jui ne furent pa»^ toujours heureux pour les Français et (|ue, d'ailleurs, il fallut plus tard abandonner. L'escadre française fut ijrescjue exclusivement (n-cupée au blocus de l'île.

Cependant, l'amiral Courbet ayant appris cpi'uue escadre chinoise se concentrait aux environs de (^he-p'ou se mil à .sa recherche et la rencontra le 15 février 1885; les Chinois, dès (|u'ils virent apparaître la flotte française, s'enfuirent dans dilTérenles directions; trois croiseurs gagnèrent Xing-po, sous la protection du brouillard, mais deux bâtiments chinois, dont l'un le TcJi'eiw-kinu monte par l'a mirai Ting, se réfugièrent dans le fond de la baie en face de la ville de Che-pou. Dans la nuit, deux canots à vajjeur porteurs de torpilles et commandés l'un par le capitaine de frégate (Jourdon. 1 autre par le lieutenant de vaisseau Uuboc, se poitèrent sur les bâtiments chinois et. malgré une vi\e canoniuide, la frégate Yuryuen était torpillée et coulée, tandis que le TclCenij-kinii était coulé par le tir affolé des batteries chinoises de terre.

Pendant ce temps, la guerre continuait en Indochine ; le ^<dnéral Brière de l'isle, après uue sènc Ae cvi\w\i^\^, v^viv^x^V^^» "^^"^ itî (évriev, h\ ville de Lan};-sv>n, dvu\V Va o.WvvAvAW ^nwW vV- ;-nv\v'xvvs>

l-.^'VI HISTORIQUE

par les troupes chinoises, (^ette opération terminée, il envoya la brkgade Giovanluelli dégager Tuyen-quaug, assiégée, depnis le iZ novembre 1884, par les Pavillons noirs et les réguliers chinois du Kouang-si, et défendue héroïquement par le commandant Dominé avec une poignée d'hommes ; la brigade quitte Lang-son le 46 février, exécute une marche savante et rapide, est rejointe, le 27, à Phu-doan par le général en chef, combat le 2 mars à Hoa-moo et entre le 3, dans Tuyen-quang; il était temps: la garnison était épuisée et on avait à déplorer la mort d'un sous-officier du génie, le sergent Bobillot. qui avait lutté pied à pied contre les agissements souterrains des assiégeants et avait su déjouer leurs tentatives'.

Le 29 mars, l'amiral Courbet s'emparait du port de Ma-kong, aux* îles Pescadores, dans le canal de Formose, rade excellente et position de la plus haute importance, qui ne put être conservée à la France et qu'il fallut rendre comme Formose.

Le 28 du même mois, le général de Négrier, qui commandait à Lang-son et observait les mouvements des Chinois, fut grièvement blessé aux environs de la ville et remettait le commandement au lieutenant-colonel Herbinger, au moment où les 20,000 Célestes, vaincus sous Ky-lua par 2,500 Français, évacuaient le champ de bataille. La victoire restait aux « Barbares d'Occident », mais Herbinger se persuada que les Chinois allaient revenir en force et ordonna une retraite précipitée, faisant jeter dans la rivière une batterie d'artillerie et le trésor de l'armée (près de six cent mille francs). Cette déroute prit fin à Chu, où le général Brière de l'Isle rétablit l'ordre et la confiance. Cet événement causa la chute de M. Jules Ferry, îau moment même où il arrivait au but de ses négociations ; dès le 4 avril, un protocole d'armistice était signé à Paris avec le leprésentant du gouvernement chinois, M. Campbell et, le a juin, à T'ien-tsin, un traité de paix était signé par M. Patenôtre et Li Hong-tchang, qui était décidément l'homme important de la Chine, le prince Kong étant en complète disgrâce. Par ce nouveau traité, la Chine s'engageait à respecter les traités ou conventions directement intervenus ou à intervenir entre la France et TAnnam. L'évacuation des troupes chinoises se poursuivit méthodiquement et sans incident; les Français, de leur côté, évacuèrent Formose et les Pescadores, au grand chagrin de l'amiral Courbet, qui mourut le H juin, en rade de Ma-kong. La question d'Indochine était définitivement réglée.

La Chine contemporaine. — Le 15 Juillet 1886, sur décret d l'impératrice régente Ts'euhi disait que l'emperrur Kouany-sii arrivant à sa majorité, commencerait à régner par lui-même l 7 février 1887, mais que, cédant aux instances de ses conseillers

LA. GUERRE SIN0-JAP0NAI8B LXVt

l'impératrice continuerait à donner son aide an jeune souverain» suivant les exigences des circonstances; quatre jours plus tard» un autre décret régularisait cette situation un peu vague en décidant que la régente acceptait de conseiller Teiùpereur pendant plusieurs années ; par le fait, elle conservait la pleine autorité.

Les choses durèrent ainsi jusqu'au mariage de Kouang*siu qui, par ordre de Timpératrlcc, épousait, le 20 février 1889, une nièce de Ts'eu-hi qui, tout en déclarant qu'elle remettrait, le 4 mars, le pouvoir aux mains de Tempereur, se ménageait par ce mariage la faculté de conserver sa haute influence politique.

En i891, une grave question, celle des audiences impériales fut tranchée ; jusqu'alors, les ministres des légations n'avaient pu faire remise de leurs lettres de créance, l'empertur restant inaccessible pour les étrangers dans son palais. Â la suite de longs poui*parlers, la question fut résolue à la satisfaction de la diplomatie étrangère : le 5 mars, les ministres, accompagnés du personnel des légations furent reçus avec honneur par l'empereur, auquel ils purent remettre leurs lettres de créance, et un décret ordonna qu'ils seraient ainsi reçus eu audience .solennelle au renouvellement de chaque année.

Cette nouvelle amélioration des rapports diplomatiques fut suivie de plusieurs négociations importantes; en 1894, une convention anglo-chinoise régla la question des frontières de la Birmanie, dont les Anglais s'étaient emparés, en 1885-80, tout en reconnaissant pour la forme le vieux droit de suzeraineté de la Chine. En 1895, ce fut avec la France que la Cour de Pékin régla la question des frontières des possessions françaises en Indochine.

La guerre du Japon. — Mais la grave allaire de cette époque fut la guerre avec le Japon. Depuis longtemps, la Corée était la pierre d'achoppement entre la Chine et le Japon. La Chine excipait, comme toujours, de son ancienne suzeraineté, si relâchés que fussent devenus les liens de vassalité ; le Japon, largement entré dans la voie du progrès scientillqne et matériel des nations européennes, un peu atteint de mégalomanie, désireux de faire fonctionner les instruments de puissance que la civilisation nouvelle qu'il avait adoptée mettait entre ses mains, considérait sa voisine, la Corée, comme une première étape de la future conquête de territoires chinois. 11 en voulait à la Cliine d'être apprécié par elle comme une peuplade de bandits et de pirates, accoutumés à des pillages sur les côtes chinoises; il lui tardait de se révéler au colossal empire sous un aspect plus redoutable.

Une lettre très curieuse adressée par Li llong-tchang, le 23 octo-

attaqué, près des côtes de Corée, par le navire japonais iVa^èfwaAa/i qui 1% coula eu peu d'instants avec ses passager^', dont deux cents, environ, furent sauvés par deux navires de tjuerre, l'un français l'autre allemand; le S9, le général japonais Oshima mettait en déroute à Sei-kouan une division chinoise, occupait Ya-chan et devenait ainsi maître du sud de la Corée.

Le V' août, malgré l'intervention officieuse de M. Harmand, ministre de France, la Chine et le Japon se déclaraient simultanément la guerre.

La Cliine réunit ses forces au nord de la Corée sous les ordres de Ye, le général qui venait d'être battu par les Japonais; ceux-cj arrivaient par le sud, sous la direction du maréchal Yamagata ; la rencontre eut lii^u sous les murs de llpieng-yang :'a[irèsuue bataille de deux jours, 45 et IG septembre, les Ciiinols durent céder Ilplengyang, après avoir perdu COOO hommes.

Le lendemain, 17 septembre, avait lieu la bataille navale du Yalou-kiaug : un convoi do six transports ctiinois avait mission de porter une force militaire de 4000 hommes au Ya-lou, fleuve qui forme frontière entre la Corée et la Mantchourfe ; il élait escorté par une flotte de guerre de seize navires dont 5 cuirassés et quatre torpilleurs de haute mer, sous les ordres de l'amiral Ting, qui avait son pavillon sur le cuirassé Ning-yuen ; dans la matinée du 17 cette force navale arrivait à l'embouchure du fleuve, près de l'île de La-lou-t'ao et débarquait les troupes à destination de Yi-tclieou. où s'étaient rassemblés les débris de l'armée chinoise après le désastre, de Hpien-yang ; mais, au milieu de la journée, parut une escadre japonaise commandée par le vice-annral Ito et comprenant une douzaine de bâtiments.

Après une canonnade qui dufa plus de quatre heures, deux bâtiments chinois étaient coulés, deux autres s'échouaient à la côte» un cinquième prenait la fuite et deux autres, dont le vaisseau amiral, étaient à moitié brûlés ; cinq ou six cents liommes avaient été tués ou engloutis et il y avait plus de 150 blessés. Du côté des Japonais, le vaisseau amiral Maisushima kan avait été atteint par un obus qui détermina une grave explosion, mettant le navire en dan. ger découler; trois autres étaient sérieusement endommagés et il y eut plus de SOO hommes tués ou blessés ; l'escadre japonaise quittait le lieu du combat dans la soirée et, quatre jours après, les transports chinois regagnaient Ta-kou sans être inquiétés.

Sur terre, la guerre continuait!: les Japonais toujours victorieux, refoulaient les armées chinoises en Mantcliourie ; le 6 octobre, ils avalent passé le Ya-lou, le 20 novembre, Port-Arthur tombait au pouvoir du général Oyama ; le même jour, Iti ^fewfe\^\'à^\\sv'è: v\\vcksîv*s. Song était battu à Kln-lche.ou el se Uovw^W âi^xi?. \x\xfc ^^^x^^^'Kv^:^^ poaiUoa entre les Japonalî^ \e\\a\iV du ^vvCi eX vi^xîî*. acû\, ^s^i-a-wx \^^^-

LES ÈVKNEMlfiNTS DE l'JOO LXXl

dft Kouang-tchpoii-wan, .ivoc un lorritoiro doiii ollo îîarUjiit Tadmiuisl ration.

(les évéïuMuents ronconlrèreiit en Cliiiu* (U'ux l'ourants d'idées : le vieuv parti cliinois restait obstinément rebelle à l'intlltration étrangère ; au contraire, quelques esprits, éclairés par les derniers échecs, pensaient qu'il fallait prendre aux « Harbaies d'Occident » les sciences, les procédés qui pourraient rétablir la puissance de l'empire chinois. I/empereur, brus(|uement, prit parli en cy sens; mais, dépourvu de la force morale nécessaire à une réformation, il e\a}^éra les choses.

l/impératrice, qui regrettait sou influence perdue, et avait des idées opposées aux réformes, prit un parti énergique : elle Ht séquestrer l'Empereur dans une ile du palais impérial et arracha à sa faiblesse, le iO septembre d808, un décret qui lui conférait l'autorité su[)réme et, un peu plus tard, obtint un nouvel acte dans lequel étiiit désigné héritier de l'empereur défunt, un jeune homme de ((uinze ans, P'ou-tsiun, (Ils du prince ïouan. Le triomphe de la régente était comi)let et allait avoir de graves conséquences.

Nous savons qucî les sociétés secrètes avaient acquis en Chine un grand développement ; l'une d'elles, (lue l'on a appelée, en Europe, les Boxeurs, avait canalisé le mécontentement des « Vieux (Chinois >; elle fut, secrètement d'abord, puis ouvertement soutemie par rimpératrice et son gouvernement. On sait ce qu'il en advint : les missions chrétieimes attaquées, les Chinois convertis massacrés, les travaux de chemins de fer interrompus, les ingénieurs et les ouvriers molestés ; enfin à Pékin, le chancelier de la légation japonaise et le ministre d'Allemagne assassinés, les églises brûlées et les catholiques réduits à s'enfermer dans le l*ei-t*ang, immense établissement religieux dans les murs de la « Ville impériale ».

Les i)uissances s'étaient émues, une colonne commandée par l'amiral Seymour ayant échoué dans une marche dirigée, le dO juin 1900, de T'ien-lsin sur Pékin, l'amiral français Courrejoles, avec les amiraux étrangers, ayant attaqué et pris les forts de Ta-kou, la Chine leva le masque et ses troupes régulières se mêlèrent ostensiblement aux Boxeurs. Le il) juin, le gouvernement chinois invitait le personnel des légations étrangères à quitter Pékin dans les 24 heures et, comme les ministres se refusaient à tomber dans ce piège, le feu était ouvert, le 20, à 4 heures du soir, contre les légations qui furent, ainsi que Pei-t'ang, assiégées pendant 55 jours, résistant héroïquement, mais subissant des pertes énormes.

Cependant, les troupes européennes arrivaient : le H juillet, T'ien-tsln tombait en leur pouvoir et cet événement flt,quelciue^*i\3. réfléchir les Chinois de Pékin: le il, vV^ ^\o^o^^\^w\. >\w 'axmv^'Cvt* ^ aux légations et arrêtèrent \e boia\i^\CLftvxv^\iX, ^e. ç,çv^a^«w^».\^^.^'^w.\•^

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