LITTÉRATURE
La coni(ilicalion dans le moyens de fixer graphiquement la parole et la pensée n'empêche pas la littérature chinoise de prendre
CUiNE, 7
LITTÉRA.TUBB LXXXXIX
histoires particulières des provinces, en grand nombre, et, dans cette classe, les Gliinois font encore entrer la géographie, ce qui concerne le gouvernement, les constitutions, lois, édits, Tastronomie et la bibliographie. Parmi les historiens chinois les plus renommés, il faut placer en première ligne Sseu-ma Tsien qui, profitant des matériaux amassés par son père et des connaissances acquises au cours de nombreux voyages, composa un recueil de Mémoires historiqueSjle C/i«-ft<, allant de 2697 à 422 av. J.-C.,qui est considéré comme le modèle des ouvrages historique chinois. Il faut citer aussi Pan KoUf auteur deVHistoire des premiers Han, que sa sœur Pan Tchao fut, par ordre impérial, chargée de compléter. Plus tard, nous trouvons Sseu-ma Kotianyy illustre comme homme d'Etat et historien, dont le grand ouvrage, le row^r-Wen, embrasse une période de seize siècles et demi. Cet ouvrage capital, revu par le célèbre philosophe Tchou Hi, puis continué par divers historiens, a été traduit en , français par le P. de Mailla (4777 à 4780). Le reproche général que l'on peut faire aux travaux des historiens chinois, c'est de s'attacher trop exclusivement aux faits et gestes des empereurs, auxquels — dans cette Chine où l'individu n*est rien, où l'empereur est tout — ils attribuent toute invention, toute amélioration, laissant dans l'ombre la vie réelle de la Nation. 11 faut cependant excepter de cette appréciation Sseu-ma Ts'ien qui imagina d'adjoindre aux annales des malsons souveraines des monographies des hommes illustres, des notes sur les peuples étrangers en relation avec les Han et des traités sur les grands faits sociaux, religion, économie politique, travaux publics, sciences, etc.
Si l'on veut connaître les mœurs et le caractère des Chinois par leur littérature, c'est dans leurs romans, dans leurs comédies que l'on trouvera les éléments de cette recherche. Dans ces œuvres, en effet, linspiration individuelle se donne carrière, sans aucune entrave conventionnelle et en dehors de toute imitation étrangère. La forme en est assez compliquée, le style ampoule et prétentieux chargé de subtilités ; les dialogues sont d'interminables bavardages où chaque interlocuteur fait parade de sa science, mais, sous ce fatras de paroles, le fond est le plus souvent fort simple ; le romancier chinois manque souvent d'élan et d'enthousiasme, mais on ne peut lui refuser le don d'observation et le roman chinois peut être qualifié de réaliste ; il met en scène des personnages pris dans la classe moyenne et l'intrigue est fort peu compliquée et surtout fort peu romanesque. Dans le roman des Detiûc Cousines, traduit par Abel Rémusat, il s'agit d'un jeune lettré qui a passé de si brillants examens que la fille d'un autre lettré veut Tépouser, mais le père exigeant ne le trouve pas encore assez savant et, obU^è àft Nç>^d^"^«v pour compléter .ses études, le tiancé renconlve wne ïiwVcft \<iwtvft Wi^, s'en éprend et découvre qu'elle est la cousine Oie \a. ^\«wàfe«fe-^-fe