‹ Chine du sud et de l'estChapitre 53 sur 131 · De Hong-kong à Canton · texte numérisé non relu

De Hong-kong à Canton

78 1/4 milles marins. Services bi-quotidiens par des Compagnies française, anglaise, chinoise. Départs de Hong-kong; service du matin, à 8 h.; arrivée à Canton a 3 ii. du s. — Service du soir, à 5 h. 30. du i" octobre au 30 avril, et à C li. du i" mai au 30 septembre ; arrivée à Canton à h. le lendemain matin.— Quelques paquebots sont confortablement installés pour le service de nuit. (Retenir d'avance ses couchettes). Des aménagements spéciaux sont réservés aux Européens. — Prix du passage, par les vapeurs de la H. G. and M. S. C.,S piast. ; il donne droit au transport gratuit d'un boy. Tifflu, 1 p. d/2 ; Donne cuisine. — Prix du passage sur les bateaux français, 5 piast.

« On accède à Canton par le Tchou^kiar.g ou Fleuve de la Perle, qui doit son nom à un îlot rocheux, surmonté d'un fortin émergeant de ses eaux, à peu de distance au Sud de la ville.

« L*estuaire du fleuve, lorsqu'on y pénètre en venant du Tonkin, de Macao ou de Hong-kong, n*est pas tellement large que l'on n'ait toujours en vue quelque île de son archipel ou quelque point de la côte. Graduellement, le passage se resserre, les jonques de petites dimensions se font plus nombreuses et Ton acquiert l'impression d'avoir quitté la haute mer. Les trombes ne sont pas rares dans ces parages et c'est un spectacle curieux que de voir se former soudain ces mobiles colonnes d'eau, qu'un coup de canon tiré du navire à vapeur a parfois fait s'écrouler pour en prévenir l'atteinte. Une gorge étroite, Bocca Tiyris ou le Bogue^ est défendue par deux forts, réparés et aménagés aujourd'hui î\. l'européenne, après avoir été à plusieurs reprises détruits par les étrangers, dans les luttes dont cette porte de Canton a souvent été le théâtre. D'autres forts montrent encore leurs ruines, escaladant les pentes voisines. Los rives du fleuve deviennent riantes ; les plantations de riz descendent jusque sous les eaux du Tchou-kiang, tandis que des digues protè gent contre elles des vergers de bananiers ou d'autres arbres à fruits. Dans le lointain : des collines à la cime boisée ; çà et là, des villages coquettement entourés d'ombrage ou quelque haute pagode que la végétation du tropique envahit jusqu'à son dernier étage, ou dont le sommet s'empanache de quelque arbre vigoureux. Beaucoup d'acUNilt àLa.T^"& c<i\.V^\i^\i-

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lieue de la capitale provinciale du Kouang-tong, toute coupée de canaux, et, sur le fleuve, que des pêcheurs jalonnent de leurs estacades et de leurs filets. Au delà de ce joli paysage, que limitent, dans le Nord, des montagnes bleufttres, on aperçoit déjà les deux flèches gothiques de la cathédrale catholique de Canton. On passe près des pet'ts navires à vapeur de la nouvelle marine de guerre cliinoise, dont les équipages portent un costume à demi-européen. Là sont aussi des jonques de combat, canonnières de Tancien armement, faisant modeste figure auprès de leurs sœurs d'Occident.

« Mais bientôt nous nous engageons dans le dédale des sampan y petits bateaux où vit tout un faubourg aquatique de la ville et qui essaiment auprès d'elle, comme agglutinés par milliers. Les berges du fleuve se perdent- sous les pilotis des maisons, au milieu desquelles des débarcadères faits de planches vermoulues tiennent lieu de quais. Les flèches de la cathédrale continuent de dominer, à nos regards, la fourmilière humaine, ainsi que de sombres tours carrées, qui sont les solides réduits, ou donjons, de riches maisons de prêts sur gage, et quelques monuments que nous qualifions de pagodes, uniformément, et que leur antiquité a rendus r orgueil de la cité. » A. Vissière, Guide de l'Indochine.

Ces hautes constructions se détachent successivement : ïa pagode de l'Empereur, celle de Confucius, les cheminées de la Monnaie, le pavillon de la Clepsydre, le befifroi de la grosse Cloche, la tour Nue ou minaret de la Mosquée, la pagode Ornée, enfin à l'arrière plan, le pavillon des Cinq étages», et le fort des collines des Nuages blancs.

Sur la rive opposée, le temple do Ho-nan.

OANTOK 11

Kouang-tcheoU'fou des Chinois (Kuang-chow, a) est la capitale de la province de Kouang-tong. Cette ville est située sur le 23»r de latit. N., et le 110-57' E. de Paris, le long de la rive septenirionale du Tchou-kiang.

L*affgloméra'ion de Canton est habitée par près de 600. (MX) habitants, qui d'après le recensement, effectué p»r les autorités indigèoes, en juin 1895, se répartiraient ainsi : les deux villes murées 161.010 (dont 97.846 dans la vieille cité) ; Faubourg du Sud, VO.134 ; Faubourg de TEst, 48.540; taubourg de l'Ouest, 279.604; auxquels il faut ajouter: Ho-nan, 30.000 hab.; population demeurant sur les barques, 20.000 ; gens de passage» 80.000.

C'est la résidence d'un maréchal tartare, tsiang-kiun, — du gouverneur général (vice-roi), taong-toUy des Leangkouang, — du gouverneur, fou-fat, du Kouang-tong,— d'un grand juge, nie-fai, — d'un trésorier général, fan-faiy — d'un général en chef, fi-tou, — d'un intendant de circui», tao't'ai, — du préfet, tche-foUy du Kouang-tcheou-fou, d'un recteur, hio t'ai,— enfin de deux sous -préfets, tche-hien, la ville étant divisée en deux arrondissements : le Nan-hai (Nam-hoi, c) à TOuest, et le P'an-jTi (Poun-u, c) à l'Est.

Historique. A Tépoque des « Tributs de Yu », région méridionale du Yan^ tcheou. Sous les Tcheou, territoire des populations dites Po-yue qui, depuis le Tonkin Jusqu'aux bouches du fleuve Hleu, occupaient, « sur une étendue de 7 ou 8.000 11 », ce qui est devenu la Chine méridionale. Ts'in Ghe-houang-ti y établit, en SU av. J.-C , le kiun ou département de la « Mer du Sud «, Nan-hai. AU commencement des Uan, royaume de Nan-yue. En 111 av. J.-C, fut rétabli le Nan-hai-kiun. Cinq ans plus tard, dépendit du Kiaotcheou, dont la capitale y fut transférée, à la fin des Han postérieurs (m* s. de l'ère chrétienne). En 226, le Kouang-tclicou fut créé. Les Tsin y ajoutèrent le Nan-hai- kiun, qui se maintint Jusqu'aux Souei. En 601, apparaît l'appellation de P'an-tcheou. i^es Tang rétablissent (621) celle de Kouang-tcheou, puis celle de Nan-hai-kiuu(7i2).

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ton devient la capitale du royaume' de Nan-hai, fondé par lés Hau méridionaux, qui lui donnent le nom de Hing-wang-fou. Les Song

(1) Une partie de la description de Canton, tirée du Guide de V Indochine^ est due aux notes de M. A. Viss^àrs.

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rétablissent le département de Kouang-tclieou, puis créent, en ii?8. le Siang-long-fou. La même année, les Mongols en font le Ion de Kouang-tclieou, le Hai-pei-kouang-tong-tao et h; Sou-tcheng lionfang-sseii, dépendant de la province de Kiang-si. Depuis l'avéneraent des Mlng, forme le fou de Kouang-tcheou.

Lors de l'arrivée des Ts'ing au trône de Chine, les descendants des Ming et leurs partisans se réfugièrent dans les Leangkouang où ils reçurent un renfort des Portugais de Macao. Les Mantcnous envoyèrent trois armées contre le sud, et marchèrent sur Canton (jui était défendu par des forces militaires et navales imposantes. Le siège dura un an. Les Tartares éprouvèrent d'immenses pertes et furent repoussés dans trois assauts ; en lin le ii novembre lC5u, ils dressèrent une batterie de gros canons qui ilt brèche .-i la muraille. Le pillage dura jusqu'au 5 décembre ; le massacre fut terrible et iOO.OOO personnes, dit-on, périrent.

Relations avec les Etrangers. Les Arabes vinrent faire du commerce à Canton au vn* siècle et quelques uns de ces négociants nous ont laissé des relations de voyage. Marco Polo, ne semble pas s'être arrêté à Canton, et les premiers navigateurs européens qui fréquentèrent ce port important furent les Portugais, venant de Malaca, en i514. Les Anglais n'arrivèrent qu'en 1037, puis les Français seulement en 4098 avec VAmphitrite Ue ta Compagnie royale de la Chine. Ces navigateurs rochelais n'étaient pas les premiers Français abordés à Canton ; bien avant eux les Jésuites français, les prêtres des Missions Etrangères s'y étaient installés, puis, l'établissement de \a.Compaf;nic de la Chine et son personnel, plus tard celui de la Compaynie des Inde* Orientales avaient répandu de bonne heure, le nom français en Extrême-Orient. L'ordonnance de Louis XVI, du 3 février 1770, décida qu'il serait « créé un consul de la nation française à Canton et lieux en dépendant à l'instîir des consuls de la nation française résidents auprès des Princes de la Barbarie ».

Ce consulat, fermé sous l'Empire, fut rétabli en 1829 ; il facilita la mission da La^rené, qui, le i4 octobre 18U, signa avec le plénipotentiaire chinois Ki-ying, à Whampou, à bord de la corvette l'Archtmêde, le premier traité sino-français.

Avant les conventiens diplomatiques, la France et l'Angleterre avaient envoyé des missions i)our discuter les tort», les meurtres, les vexations dont leurs compatriotes avaient été les victimes en Chine. En 1742, Anson avec le Centurion, en 1787, d'Entrecasteauv, avec la Résolution et le Subtile, — en 1792-94, Macartney, - en 1810, Ainherst, -- en 1833-34, Napier, — échouèrent dans leurs missions pacifiques. Les Chinois n admirent aucune réclamation et prétendirent agir selon leur bon plaisir ; ils le iirouvèrent encore une fois en juin 1839 eu faisant détruire 20.283 cuisses d'opium apportées par des vaisseaux anglais. L'Angleterre se décida alors à agir ; elle battit la flotte chinoise îi ïch'ouan-pi, proclama, le 9 juin 1840, le blocus de la rivière de Canton (pie maintint une flotte de 15 bâtiments de guerre, enfin par l'action décisive de Uremer, elle s'empara, le 20 févi'ier 1841, des forts de Bocca ïigris. Cette campagne amena la cession de Hong-kong.

La Chine ne fut pas désarmée par cette première rencontre avec les « Barbares d'Occident », et les étrangers établis dans le pavs furent .plus que Jamais insultés et massacrés. La France et l'Angleterre, lésées dans leurs- droits, résolurent d'agir. Le 28 décemure 1857, les .alliés s'emparèrent de Canton, aprè.s un bombardement de 27 heures. Les marins français du Primauuuet et de Y Audacieux débarquèrent lé» premiers et décidèrent lai^saut du fort Lin. Oliphant, secrétaire de lord Elgtn, écrivit alors : «c 11 faut rendre à nos

alliés la justice de reconnaître que leur intelligence fut plus rapide (|ue la noire. Nos hommes ét;uent tellement dépourvus de cette qualité qu'ils se précipitèrent sup4e fort avec de grands cris, prenant le pavillon Iricolore qui flottait pour un étendard chinois. » Ho-nan et Whampou furent occupées. Canton conserva des troupes étran- .' gères jusqu'en octobre 186ii. Les alliés llrent ouvrir le port au commerce européen en octobre 1851, conformément aux termes du traité iinglais de Nankin (29 août J84i2 . Les échanges sont de 60 millions de taels (1001).

Pendant l'occupatiou anglo-française, on avait aménagé un l)anc de sable, Cha-min (Sha-meen, a) nui fut cédé aux étrangers.

En 188;^ un peu avant la guerre iranco-chi noise, la population cantonaise envahit les deux concessions, incendia treize maisons et pilla les quatre autres; c'étaient toutes les habitations de Cha-min. Depuis lors, des grilles furent élevées aux ponts (jui mènent à la cité étrangcre.des postes militaires furent installés, et les Chinois ne ijeuvent y pénétrer sans justifier leur passage.

Canton diaprés les textes anciens. Canton fut au moyen-à^e, le grand port que rencontraient les marins étrangers lorsquils abordaient les côtes méridionales de la Chine ; les Musulmans fréquentèrent le littoral de cet empire, qu'ils appelèrent Sin, et conservèrent ce terme à sa grande cité du Sud, que les textes marquent Sin Kilan, Sinassin, Sincatam {Kaiïïin, en persan signille Grand). Ce nom se transmit non seulemeutaux Araljes et aux l^ersans, mais encore aux voyageurs occidentaux; la carte catalane de 1375 porte en effet la ville de Ciricalcm.

Canton est une expression moderne emjiloyée par les Euro-

f>éens. Ce mot, d'origine portugaise, est une corruption du nom de a province, Kouang-tony: il a donné autrefois les variantes ; Cantanu dans la mappemonde dres.sée sous Henri 11, roi de France, Cantan, dans celle de Sébastien Cabot. Le nom chinois est Kouanytcheou-fou.

Commerce. Navieration. Le mouvement d'échange du pbrt, ' contrôlé par le service des douanes, est annuellement de 50 à 60 millions de xaëls ; il s'effectue par voie fluviale. En 1900, on a enregistré 3.608 entrées ou sorties de vapeurs ou voiliers d'un tonnage de 3.53i.793 tonnes, et 432.072 départs ou arrivées de vapeurs de rivière de 1 708.858 tonnes, transportant 8.500 étrangers et 4 407.870 indigènes. Parmi les bâtiments de haute-mer : 3.454 Anglais, 3.440 Chinois, 460 Allemands, 58 Norvégiens, 34 Américains, 42 Japonais, 41 Français.

Parmi les bateaux de rivière : 425.320 Chinois, 4.381 Anglais, 2.288 Allemands, 720 Français, 256 Américains.

Renseignements

Hôtels : Victoria, sur la concession anglaise, depuis 8 p. ; le repas 4 p. 4/2.

Cercles : Canton C.

Guides. Chaises. On trouve souvent des guides à l'arrivée du bateau. Us parlent anglais. Faire d'avance son prix, 2 p. par jour. Une chaise (chair, a) a 2 porteurs, 4 p. 4/2 pour la journée, un 3* couli 75 c.

Sampan : 5 à 40 cents de Cha-min aux paquebots.

Banques : Agence : B. de V Indo-Chine ; correspond. : InterwfLtional H, C. ; Honyhony ayid Slianghai B»\ Natioïial B. oî r\\\.na\ Deutsch asiatische B,

B. cmsB 2

Les Chinois ont comparé Canton à une jonque immense, Il une Ecf, dont les mâts seraient la Tour ornée et la Tour nue^ et dont le château d'arrière, couvrant le idiote au gouvernail, serait le Pavillon à cinq étages. Tels sont les noms de trois des édifices les plus importants de la cité.

La Cité indigène. Le touriste voudra pénétrer dans ce merveilleux milieu chinois qu'est la ville indigène de Canton, ce spécimen accompli de la Chine de paravent, cette ruche où vivent plus d'un demi-million de Jaunes, dans des rues si étroites que les chaises à porteurs — seul mode de locomotion possible ici — ne peuvent, le plus souvent, s'y rencontrer sans que l'une d'elles ait à faire place à loutre en s'introduisant tout entière dans la profondeur a'une boutique. Ces rues dallées, glissantes d'humidité, sont recouvertes, en été, de stores en toile ou en natte, tendus d'une maison à l'autre, et bordées de magasins de tout genre, aux étalages si variés, rehaussés d'enseignes multicolores, chamarrées de ces gros caractères d'or qui sont la parure par excellence des cités chinoises, d'un décor si pittoresque et si chatoyant. Dans ce milieu, qui est comme l'exagération de tout ce qui se voit dans les centres chinois de Singapour, de Cho-Ion ou de Hon^-kong, règne une atmosphère de serre chaude, envahie par la pénétrante odeur du bois de camphrier ou de l'opium.

« Canton n'est qu'un immense marché. D'un bout à l'autre et de chaque côté de ces ruelles, ce n'est que boutiques, boutiques après boutiques, échoppes après bazars, étalages se suivant serrés, pareils aux alvéoles d'une ruche. Les marchands d'ornements en papier pour funérailles et pour mariages, alignent, en un feu d'artiïlce de couleurs criardes, des fleurs vermillonnées, des dragons aux gueules sanglantes, des cigognes au long col. Voici le quartier des tisseurs ; on entend le bruit des navettes passant et repassant la soie sur des machines préhistoriques, rafistolées à renfort de béquilles et geignant à chaque tour de roues. Voici les râpeurs de tabac, les céramistes, les ébénistes travaillant le bois noir et les fabricants de cercueils, limant et varlopant toute la journée, leurs grandes caisses creu.sées avec, tant de soin, une si parfaite recherche du « confortable », qu'on se demande, par quel contraste, le Chinois qui exige si peu de place durant la vie, en exige autant après sa mort ?

« Des bottes de légumes glissent jusque sur fe pavé, des poissons achèvent de s'asphyxier dans des baquets d'eau sale — et ce sont d'énormes quartiers de viande qui pendent aux crocs des étals, des bouffissures de graisse qu'un boucher habillé de crasse, débite par longues tranches ou par petits morceaux hachés menus.

« La poussée des acheteurs grandit : boys de mandarins ou de commerçants riches qui ne marchandent pas et, gens de peu, trifouillant dans les rogatons, rassemblant des mosaïques de détritus qu'ils font ensuite soigneusement peser comme s'il s'agissait de lingots d'or. Un confiseur aligne sur des claies ses fondants poisseux ; un pâtissier triture des pâtes jaunes, jilonge ses mains dans des crèmes douteuses. Des cordonniers, debout, le torse nu, devant leur échoppe, ajoutent des pyramides de souliers aux pvramide? déjà montantes ; des marchands de drap, des marchands de soie barrent les rues, de leurs habits, accrochés d'une maison à l'autre, comme des épouvantails. Les enseignes se surchargent de boniments pompeux.

« Ce sont les barbiers qui rasent, en une installaïUQVi vVv^^ ^V^*^ brève : le client assis sur un escabeau, lveïi\.\\3LV-Tûfe\îvfe>^^xv% i>^\svA\i

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gauche, le plat à barbe, tandis que de la main droite, il s'évente. Ce sont des librairies, des bazars aux jades, aux marbres, aux terres cuites, aux porcelaines bleues et roses de sinueuses moisures, voisinant pêle-mêle avec des objets européens, le bric-àrbrac des vieux baromètres démontés, des boîtes de conserves vides, des flacons de pommade et des miroirs à treize sous. Cris des vendeurs, cris des coulis, bruit des sonnettes et bruit des fçongs. Tout cela brouillé à travers l'épaisse fumée des pipes et des bâtonnets de santal, brûlant dans leur niche, à la porte de cliaque maison... Et cette fumée glauaute découi)e tout cela en silhouettes dures.leur prête une apparence fantomatique, si bien que, dans ces torses nus, on croirait voir des bronzes mouvants. Un vieux patron lit son journal, les yeux barricadés derrière de grosses lunettes, rondes comme des hublots ; un autre, assis sur un banc, se coupe les cors ; un autre discute avec animation, monte sa voix jusqu'au fausset le plus aigu, pour retomber en nappe cavernpusc. « G. Donnet. En Chine.

Ea cours de route, tout en se rendant aux monuments, le touriste entrera dans les boutiques de soieries et d'étoffes brodées, du qiartier proche de Cha-min, dans les magasins de porcelaine, de meubles, d'ivoires de bijouterie, de bibelots, d'objets laqués io toute sorte et de tout format, et môme dans ceux, très considérés et fort importants, où les Chinois vont a,5heter... d .s cercueils, pour eux-mêmes ou pour leurs ascendants bien-aimés. Les maisons de fabrication de la soie et du verre et celles où on travaille le jade attirent aussi l'attention, car Canton est une des villes les plus industrieuses du Céleste Empire.

Au portique de l'entrée du Temple de la Médecine, est suspendue une belle pièce de b )is doré. A l'intérieur, court le long du mur de fines sculptures en relief, revêtue d'une couleur gris-bleu.

La salle voisine contient 60 idoles, représentant chacune une des années du cycle calendaire, ainsi que le? différents Ages de Texistence humaine. Les vieillards, dont les ans n'ont plus de protecteurs pariiculiers, invoquent la trinité qui préside ce panihéon.

Ces idoles sont rangées sur deux lignes de trente statuettes, lesquelles sont faites de terre modelée, puis peintes et ornées de couleurs vives (Jhacune a devant elle un vase où l'on vient brûler un bâtonnet de benjoin en recommandant sa santé et son énergie.

Une ouverture en forme de cercle donne accès à une autre salle, où sont placés deux autels. La statue de l'un d'eux protège les nouveaux-nés, et disparaît sous la quantité

des offrandes représentées par des mon eaux de papier rouge découpé; l'autre n*est plus qu'une pierre noire, informe, usée par le frottement des suppliants.

Le Temple des Cinq cents Lo-han, c'est-à-dire f Arbats» ou saints du bouddhisme, est appelé par les Anglais «Temple of 500 Genii », (offrande 10 cents). Il existe, en Chine, bon nombre de temples analogues à ce dernier, mais les statues des «Vénérables» y sont rarement d'aussi gronde dimension . ou aussi bien entretenues. Les attitudes y sont, d'ailleurs, remarquables de mouvement, ou, parfois, singulièrement grotesques. L'un de ces personnages, placé à droite d'un grand autel, porte le costume du xvi* siècle et on a voulu voir en lui une représentation chinoise de Marco Polo. Il est, toutefois, probable que l'artiste, ayant à exécuter la statue d'un Hindou, c'est-à-dire d'un homme de l'Occident, a pris modèle, pour son habillement, sur celui des Portugais, venus de VOcèan occidental, qui visitaient Canton depuis le commencement du xvi* siècle. L'empereur K'ien-long (1735— 1795) est représenté assis ; à ses pieds brûlent de nombreux bâtonnets d'encens. Au centre du grand hall, une pagode d'un beau travail chinois, exécuté dans du marbre.

Temple de Longévité (Temple of Longevity, a). Le monument est surmonté d'un double toit flanqué de deux tours; il donne sur une cour où ont poussé deux banians vigoureux, parmi une variété d'arbres et de fleurs diverses. Le caractère Gheou « Longévité » se remarque dans la simplicité de la décoration. La salle du temple, construite dans de grandes proportions, est dans une demi-obscurité; sa toiture est soutenue par de gros troncs d'arbres d'une seule venue, laqués, et soutenant une belle charpente de laquelle descendent des bandelettes de soie aux teintes fanées.

Trois grandes statues dorées reposant chacune sur un lotus ouvert, se tiennent au fond du sanctuaire. Le dieu, qui préside, a les deux premiers doigts de la main droite dressés, tandis que l'autre est placée sur ses genoux ; celui de gauche repose les mains sur ses cuisses, pouce contre pouce, enfin celui de droite a une main sur la poitrine.

La Cathédrale catholique est un bol édiûce gothique, commencé en 1863, bâti, avec du granit fourni par le gouvernement chinois, sur l'emplacement de V«.uviv^w ^^\svvï.\n. \n^

vice-roi, détruit au cours des boulevorKeiiients qui uiit si souvent agité Canton, et cédé à la France.

La injjeurj partie delà province du Kouang-tong est desservie par les « Missions Ëtrangcrcs de Paris », et forme un vicariat apostolique dirigé par un évoque.

A proximité sont la Sainte-Enfance et l'Orpliclinat, dépendant de 11 mission.

L^ Tdmple des Cinq Immortels, y^^ ou-sien-kouan (Temple of 5 Genii, a),

La Mosquée est Tédifice musulman le plus ancien qui ait été élevé en Chine ; il est dominé par la Tour nue, Kouang-t^a^ qui n'est autre que le minaret.

L'IsIaniisnio Hit inlroduit duns le pays par des Arabes, dès la première moitii^ du vn* siècle (peut-être enOai) et Canton fut, pendant (le lonj^ues années, un centre très important de musulmans cliludis, \isité par de nombreux, marcliands arabes et persans. Cette mosquée porte \v nom de Hoiiai-chenr/sseu, « Temple d'affection pour le Saint », et sa fondation est due a un oncle maternel de Mafiomet. en\oyé uar lui en Chine et (pii, d'après Dabry deThiersant. s'appelait \ValilK\l)i-Kabelia. I.e tombeau de ce saint personnage existe dans une autre mosquée de Canton (qui eu compte cinq), en dehors de la ville murée, et est soigneusement entretenu par les musulmans du Heu. Ceux-ci, dont le nombre s'élèverait encore, dans la ville, à huit cents familles environ, habitent surtout dans le voisinage immédiat de la Tour nue.

D. de Thier^aintadonné une description détaillée de cette « mosquée du Saint-Soavonir », le Houai-cheng-sseu, qui, par sa simplicité intérieure, forme un contraste frappant avec les édiûCv3S religieux du bouddhisme. Un coq d'or, qui tournait au vent, a disparu d3pui3 longtemps du sommet du minaret. La hiutjur ([ue donnent à ce dernier les ouvrages chinois est de 57 met. Divisé en trois étages, sans aucun ornement, et solidement onstruit, il a résisté à l'injure du temps et au fou qui, deux fois au moins, a détruit la mosquée à sa base; il s'est ainsi conservé presque intact depuis sa construction, (pii le monte à l'an G2\), à peu près, soit à une époque antérieure de plus de cinq siècles anx parties les plus anciennes de réglis3 No're-Dame de Pari^.Les auteurs chinois mentionnent cependant une restauration ctlectuce en 1468. « Au bas de l'escalier, était une porte, dit D. deïhiersaint, qui, aujourd'hui, est presque entièrement bouchée par des matériaux, dos déombres de ttmto espèce enta>sés k une hauteur de plus de cinq pieds. On dit que ce sont les

autorités locales qui ont fait condamner cette porte, sur la demande des notables de Canton, qui craignaient que, du iiaut de la tour, les mahométans ne jetassent quelque sort sur ceux qui n'appartenaient pas à leur religion. » Au sommet a poussé un banian, oCi nichent des cigognes.

Plus au nord, se dresse dans le ciel, à une hauteur de 94 mètres, U Tour ou Pagode ornée, Houa-fa, qui a neuf étages, avec fenêtres, balustrades, etc., et qui dépend du « Monastère de lapure intelligence, TsHng-houei-sseu^ ditaussi des c Six banians », Lieou-yong-sseUj situé à ses pieds. Cette pagode octogonale, qui ne diffère pas du type classique des édifices chinois de ce genre, est assez délabrée et Tescalier intérieur en est impraticable. « En 1B59, dit J. Thomson, des matelots anglais, au risque de leur vie, escaladèrent ce vieux monument chancelant et décrépit. Ce sacrilège causa le plus vif dépU*siraux Chinois,qui détestent devoir leurs demeures contemplées de haut et surtout par une bande de matelots étrangers ». Une pagode s'élevait là depuis Tan 537 de l'ère chrétienne, construite sous le règne de l'empereur Won-ti des Leang. Ayant été détruite, elle fut remplacée par la tour actuelle, bâtie sous les Song, vers 1090, et qui demeura debout, lorsqu'un incendie dévora, en 1373, la presque totalité du temple qu'elle domine. Son nom de pagode ornée (qualificatif qui, en chinns, signifie aussi fleuri; ce qui Ta fait souvent appeler à tort pagode des Fleurs ou Flowery Pagoda) lui a été donné par la population cantonaise pour la distinguer de sa voisine, la « Tour nue», Kouang-fa, dépendance de la mosquée.

Parmi les temples, le plus célèbre et le plus ancien de la ville est le Kouang-hiao-sseu, ou « Monastère de la brillante piété filiale », fondé en Tan 36*3 de J. C, sur remplacement d'an palais princier, qui existait là avant l'ère chrétienne. Il contient deux petites tours de fer, de sept étages, ayant 22 pieds de haut, fondues sous la courte dynastie des Han méridionaux, et portant de vénérables inscriptions, datées des années 963 et 967. C'est, d'ailleurs, à un titre puriment archéologique que ce temple se recommande à l'attention du visiteur. Il est situé dans la partie nord-ouest de la Vieille ville.

Plus au'nord encore est établi, à^\)\x\^\^ ç.owv.\>\lî\.^ ^^

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la Chine par les Mantchous, au xvii* siècle, le quartier dos troupes tartares qui, avec leurs familles, y tiennent garnison et sont placées sous le commandement d*un maiéchal,f5ian^kiun. Une colline fronce le terrain dans cette direction. La muraille de la ville en franchit les pentes et, au point culminant du rempart, se dresse, dominant la cité entière et ses environs, le Pavillon à Cinq Etages, ou Wou-ts'eng-leoUy construction imposante, dans laquelle les Européens ont souvent organisé des pique-niques au grand air, rendus plus attrayants par le charme du point de vue. Les Anglais, dont les soldats ont occupé autrefois ce superbe mirador Ton décoré du titre de Five-storied itagoda^ b'en que sa destination ne fût nullement religieuse. Les Chinois, auxquels il sert de poste d'observation en temps de guerre ou d'inondation, rappellent officiellement Tchen-hai-leoUf ou «Pavillon dominateur de la mer». Il fut éiiflé vers 1370, sous le règne du premier empereur de la dynastie Ming ; détruit par un incendie pendant la seconde moitié du xv* siècle, il fut reconstruit magnifiquement, en 1686, par un gouverneur de la province.

Monter sur les Murs crénelés de la ville réserve une intéressante vue d'ensemble de la Cité, de ses faubourgs et de la campagne environnante. De vieux canons garnissent encore ces remparts, mais leur mise en activité offrirait sans doute, autant de dinger aux défenseurs de la métropole cantonaise qu'à ses agresseurs.

Un Dépôt mortuaire t fort bien entretenu, a dans son enclos un temple élevé à une « trinité de dieux et aux 18 disciples ». Des chambres sont louées aux familles pour y déposer les cercueils de leurs parents défunts. Dans une de ces loges, un magnlBquc cercueil laqué noir contient la dépouille mortelle de la femme d'un vice-roi du Fou-kien; dans une pièce voisine, deux autres caisses laquées rouge renferment le mari et la femme.

Des édifices publics, non religieux, méritent aussi qu'on s'y arrête, à Canton. Ce sont les Ya-men, ou résidences officioUos, du marrchal tartaro, du vice-roi, du gouverneur provincial, des deux sous -protêts, les immondes i^rwon*.

Au premier étage d'une maison située dans un centre marchand et lopuleux, celui de la librairie, on voit une siu-

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