‹ Chine du sud et de l'estChapitre 54 sur 131 · AU TON · texte numérisé non relu

AU TON

gulière pendule d*eau, ou Clepsydre, K'o-leoUy formée de six bassins de cuivre étages dont l'eau coule goutte à goutte de l'un dans l'autre, de façon à marquer les heures. L'établissement de cette machine remonte à l'époque de la domination mongole en Chine, entre les années 1814 et 1820. Une autre horloge voisine avec elle. Cette fois, il s'agit d'une sorte de cierge, dont la matière a la propriété de se consumer avec une régularité assez certaine pour indiquer aussi les heures, graduées sur sa tige.

Un autel est dédié à une femme vertueuse. Les murs de l'escalier sont décorés de peintures.

Dans le cœur même de la ville murée, où jadis il était interdit atout Européen de pénétrer, s'élève la florissante Ecole PichoUf où des frères maristes enseignent la langue française aux je ânes Chinois. Notre Gouvernement l'a insr tallée dans l'enceinte du Vieux Consulat de France, qui occupait naguère, — avant son transfert à Cha-min — une moitié du Ya-men du trésorier proviociai de Canton, qui fut également concédée à la France après que ses troupes eurent, de concert avec les forces britanniques, tenu garnison dans la cité, de 1858 à 1861 .

Le Tch'eDg-houang-miao,« Temple des dieux protecteurs des murs et des fossés de la ville », auquel une impretssionnante figuration des supplices de l'enfer bouddhique a fait appliquer par les étrangers, l'épithète de Temple des horreurs. C'est un condamné qu'on scie de la tête aux pieds, un homme auquel on applique des coups de rotin sur les fesses, un autre qui subit la peine capitale ; enfin, au supplice de la cloche, le supplicié meurt étourdi sous le bruit continu du tintement de la cloche.

L'Enclos des examens, ou Kong-yuany est composé de 11.616 cellules, réparties en 120 rangées; les lettrés y viennent concourir pour les grades littéraires; l'examen a lieu tous les trois ans.

Le Wan-cheou-kong (Emperor's Temple, a), où les mandarins vont prier pour l'empereur et pour la famille impériale. C'est un vaste sanctuaire où, sur un autel nu, est placée une tablette, aux bords dentelés et dorés avec, au centre, lei caractères impériaux en or sur fond de laque verte.

Le Wen-miao « Temple de la Littérature » (Temple of

22 KouA\'r;-TrtN«

Oonfucius, a)^ vaste édifice surmonté d'une toitarc aux tuiles jaunes vernissées, est dédié ù K*ong-tseu (Confucius). Le sage trône sur Tautel, revêtu du costume du temps.

En dehors des Portes de T Est, un Hôtel des monnaies a été créé depuis quelques annéos pour la frappe, à l'aide d*un matériel européen, de dollars (on piastres) et de monnaies divisionnaires aux armes de la Chine ; la léproseriCy Vasile des vieillards, situés dans le faubourg oriental et administrés uniquement par des indigènes, méritent une visite.

Des tombes en nombre considérable s'étendent fort loin dans la campagne. Derrière une colline plantée de pins, a été élevé, dans un vallonnement, un Cimetière français que désigne de loin un petit monument gothique.

Hai-tch'ouang-sseu, aux iris réputés, est un temple un peu fruste, situé dans Tile de Ho-nan, en face et au sud de Canton. On pénétre dans le d Monastère de la Bannière de rOcéan » par une longue suite de portes monumentales et de grandes statues en bois. Autour de la cour, des inscriptions sont gravées sur des marbres noirs.

Une visite aux jardins des Howqua^ l'un des marchands dits hanistesy(\}iï avalent autrefois le monopole du commerce avec les Occidentaux, — jardins célèbres à Canton sous le nom local de Fa-ti, — donnera un aperçu de la façon dont les Chinois comprennent l'horticulture: mélanges de rocailles, de bassins à poissons et à nénuphars, de plantes contournées de mille manières, gênées dans leur croi«isance, mais aussi de gracieux contrastes et de ces lignes précieusement arquées que recherche notre Ait moderne, inspiré de TAsie. Malheureusement, les jardins de Fa-ti tombent de plus en plus dans un regrettable abandon.

Dans le temple de Kam-fa (c), on voit quelques beaux bas-reliefs.

Les bateaux de fleurs, — les fa-siun des Cantonais — restaurants et lieux de plaisir, où s'organisent les parties fines, en rivière, aux accords d'un concert féminin.

Ukdko 23

Page 1