TCHO-KIANG
La création de cette sous-préfecture date de l'année i430. Son territoire, qui avait fait partie, sous les Ilan, du hien de Yeonkiuan, puis de celui de Kia-hin;?, en fut alors détaché et a dépendu, depuis, avec le titre de Kia-chan-hien. du fou de Kia-liin^,
A une quinzaine de kilomètres, Kia- hing-fou, dont dépendent sept arrondissements, est la résidence d'un préfet et des sous-préfets du Kia-hing-hien et du Sieou-choueihicn. La ville est close de murailles ayant plus de U 11 de tour, percées de quatre portes.
A l'époque des « Tribus de Yu ». région dépendante du Yangtcheou et, sous les TrJieou. des Etats de Wou, de Yue et de Tch'ou. Fit partie du kiun do Kouei-ki, au temps des Ts'tn, comme souspréiectures de Ycou-k'iuan et de Hai-ven. Eu fut détaché, en i29 de notre ère, pour être rattaché au Wou-kiun. Dépendit, sous les Sonei, de ia même préfecture et de celle de Yu-hang; sous lesT*ang, du Sou-tclieou et, sous les Leang, du llang-tcheou. Fut appelé Sieoutcheouvcrs la môme époque; puis sous les Song. Kia-ho-kiun (1117) et Kia-hing-fou (1195). Depuis l'an 242 après J.-C, la ville portait déjà ce nom de Kia-hing en tant que hien ou sous-préfecture. Les Mon-
§oIs en firent un lou et les Ming rattachèrent le fou de Kia-hing 'abord à la province du Tche-li sud (celle de Nankin), puis au Tcho-kiang (1381) dont il n'a plus cessé de dépendre.
Kia-hing-fou, est précédé vers l'E. d'un long faubourg qui s'étale le long du canal,
n Le mouvement des jonques est trùs actif et les quais qui bordent les canaux sont couverts de boutiques. Ce spectacle de prospérité commerciale est en contraste avec la désolation et le vide qui nous attendaient dans l'intérieur de l'enceinte murée. Nous passons sous un pont de pierre très élevé,i auquel sont adossées les maisons les plus hautes que nous ayons vues dans ce pays, où les habitations privées ont bien rarement plus de deux étages. Excursionnant à pied dans la ville, nous traversons des rues à arcades de bois et nous allons retrouver le grand pont qui nous avait si fort intéresEés un peu auparavant. Nous le trouvons très animé, couvert de marchands ambulants et d'étalages en plein vent. C'est un perpétuel va-et-vient. Le pont est fortement arqué et des escaliers le terminent aux deux extrémités. Nous gagnons la partie méridionale de la ville murée et nous ne tardons pas à voir les ruines que l'insurrection des T'ai-p'ing a amoncejées dans Kiarhing. ha 2^^'éfecture est un ancien palais qu'un des princes rebelles, ou T'ien-wang a Rois célestes », lit construire, au temps de l'insurrection. L'enceinte fortifiée, entourée de fossés, est restée inachevée. L'entrée est spa-
90 TCIIO-KIANG
les Mantchous,poui' y assurer, par sa présence, la domination nouvelle. Un certain nombre de villes chinoises ont de semblables garnisons tartares, qui y ont importé la langue chinoisedu N. etsont souvent commandées par dos maréchaux ayant le pas sur toutes les autorités provinciales, sans en excepter le vice- roi.
« Quant à Vancien Palais des empereurs Song, il n'en exibte plus que le souvenir sur une colline située au dehors, aujourd'hui, des remparts de Hang-tcheou, entre la ville et l'estuaire de fleuve au S. Un incendie le détruisit complètement, en 1277, deux ans après l'occupation de la ville par l'armée mongole. » (A. Vissière, l. c. B. S. G. C.)
L'emplar.oment de ce Palais fut ensuite accordé à un bonze tibôtain, Yan^-lien-tchen-kia, qui viola les tombes impériales on i'iSk; il y aurait élevé cinq temples, dont le Pao-kouo-sseu, mais ils auraient oXô, détruits à leur tour dans les troubles où sombra la puissance mongole au xiv siècle (Pelliot, note, p. 347. B. E. F. E. O. iy03).
Le Si-hou et ses temples.
Près de la ville est le Si hou « Lac occidental », étendue d'eau, limitée en partie par dos collines, des temples et des habitations, semée d'Ilots, contenue par des digues, avec un cadre embelli par la main de l'homme, d'une réputation de beauté qui a été souvent célébrée par les poètes chinois.
Mais depuis cettft splendeur, décrite aussi par Odoric et par Marco Polo, bien des révolutions ont balayé toutes ces merveilles et, en dernier lieu, les rebelles T'ai-p'ingou Tch*angmao, ont, au milieu du xix" siècle, achevé la destruction des monuments qui avaient survécu.
K'ang-hi et K'ien-long, des Ts'ing, firent de fréquentes visites au
et consacra à chacun des points de vue, ainsi signales olllciellement à l'admiration de tous, un petit poème de sa façon.
Les montagnes s'étagent dans le lointain et ceignent le lac àro.; « la plus rapprochée porte une haute pagode, très étroite, terminée par une longue tige pointue, dont l'antiquité est attestée par son état de délabrement. C'est la pagode Pao-chou-Vaj construite sur un massif rocheux aux flancs couverts d'inscriptions gravées en gros caractères sur la pierre nue ». (Vissière. b. c. b. s. g. g.)
On longe cette hauteur, puis on arrive au pont Touan-kHao,