‹ Chine du sud et de l'estChapitre 86 sur 131 · NANKIN · texte numérisé non relu

NANKIN

« Au centre de la ville tartare, rœil mesure avec surprise la morne enceinte rectangulaire de Tancienne « Ville rouge interdite ». Tseu-hin-tclCeng^ jadis au milieu de la c Ville impériale » Ilouang-tch'eng, Houang-kong^ qui renfermait le Palais des Empereurs, Kong-tien ou « Palais des Ming », irrémédiablement ruiné en 1864. L'œuvre d'inconscient vandalisme s'aggrave et s'achève d'heure en heure : il reste à peine quelques vestiges, dépecés chaque jour. De larges avenues de marbre arraché aux collines de TE., relient ces . ruines, oubliées et lamentables, aux divers quartiers de la villn proprement dite. Çà et là, sur les rives des canaux envasés, recoupés d'une cinquantaine de ponts en dos d'âne, Fe profilent les toits retroussés des pagodes, aux murs rouges ou orangés, aux tuiles parfois vernissées en jaune: pourpres par endroits, leurs tons chauds s'harmonisent à souhait avec la verdure des bouquets d'arbres, qui signalent les temples funéraires, les kong-kouan (hôtels) des familles riches et des personnages officiels, dominés par les portiques en charpente et les mâts à hune des ya-men de quelque importance.

« Vers le A^ord, à partir du Pei-ki-ho et de Tsing-leangchafiy le panorama change do caractère. C'est, en vill»^, la campagne et ses aspects riants, ses bosquets et taillis, ses bainbouseraies frissonnantes, champs de riz, d'indigo, de céleri, de gingembre, de piments, d'ail, de concombres, d'arachides, de patates, de fèves et i)ois oléagineux, de légumes innommés, de mais, de blé, de sésame, de millet ou de colza, voire de pavots à opium, de thé ou de tabac, parmi les cultures maraîchères, les (juinconces de mûriers, les ttjrlres embroussaillés et herbus, les étangs envahis par les nénuphars et les macres, les collines boisées ou mamelonnées de tombes innombrables.

« Ville trop spacieuse pour ses habitants, même à l'époque de sa splendeur I » (Louis Gaillard, /Va?tA m, /l/jerpw historique et géogroj^hique.)

Nankin est enfermé dans une puissante enceinte longue de 96 li, Tch'eng-kouo, construite au commencement de la dynastie des Ming; ses portes, d'abord au nombre de treize, furent réduites à neuf.

En outre, la « Ville extérieure » est entourée de rem-

S9 in

Page 1