‹ Chine et Extrême-OrientChapitre 12 sur 18 · DES AVANTAGES QU IL FAUT SE PROCCRER · texte numérisé non relu

DES AVANTAGES QU IL FAUT SE PROCCRER

H Sous prétexte de faire reposer vos gens, dit Sun-tse, gardez-vous bien de manquer l'attaque , dès que vous serez arrivé. Un ennemi surpris est à demi vaincu; il n'en est pas de même s'il a eu le temps de se reconnaître ; bientôt il peut trouver des ressources pour vous échapper et peut-être même pour vous perdre. Ne négligez rien de tout ce qui peut contribuer au bon ordre, à la santé, à la sûreté de vos gens, tant qu'ils seront

' I,« !i vaut cinq cents mètres.

SOUS votre conduite; ayez grand soin que les armes de vos soldats soient toujours en bon état ; faites en sorte que les vivres soient sains et ne leur manquent jamais ; ayez attention à ce que les provisions soient abondantes et rassemblées à temps; car si vos troupes sont mal armées, s'il y a disette de vivres dans le camp, et si vous n'avez pas d'avance toutes les provisions nécessaires, il est difficile que vous puissiez réussir. N'oubliez pas d'entretenir des intelligences secrètes avec les ministres étrangers , et soyez toujours instruit des desseins que peuvent avoir les princes alliés ou tributaires, des intentions, bonnes ou mauvaises, de ceux qui peuvent influer sur la conduite du maître que vous servez, et vous attirer des ordres ou des défenses qui pourraient traverser vos projets, et rendre par là tous vos soins inutiles. Votre prudence et votre valeur ne sauraient tenir longtemps contre leurs cabales ou leurs mauvais conseils. Pour obvier à cet inconvénient, consultez-les dans certaines occasions , comme si vous aviez besoin de leurs lumières; que tous leurs amis soient les vôtres, ne soyez jamais divisé d'intérêt avec eux, cédez-leur dans les petites choses : en un mot, entretenez l'union la plus étroite qu'il vous sera possible.

« Je demande de vous quelque chose de plus encore; ayez une connaissance exacte et de détail de tout ce qui vous environne; sachez où il y a une forêt, un petit bois, une rivière, un ruisseau, un terrain aride et pierreux, un lieu marécageux et malsain, une montagne, une colline, une petite élévation, un vallon, un

précipice, un défilé, un champ ouvert, enfin tout ce qui peut servir ou nuire aux troupes que vous commandez. S'il arrive que vous soyez hors d'état de pouvoir être instruit par vous-même de l'avantage ou du désavantage du terrain, ayez au moins des guides sur lesquels vous puissiez compter sûrement. .» {Ibid., art. VII, p. 94-96.)

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