‹ Chine et Extrême-OrientChapitre 14 sur 18 · DE L4 CONDUITE QUE LES TROUPES DOIVENT TENIR · texte numérisé non relu

DE L4 CONDUITE QUE LES TROUPES DOIVENT TENIR

« ...Il faut conclure de tout ce qui a été dit que les hauteurs sont en général plus salutaires aux troupes que les lieux bas et profonds, parce que c'est dans les lieux élevés que l'on trouve, pour l'ordinaire, cet air pur et sain qui met à couvert de bien des maladies, dont on ne pourrait se préserver dans les lieux humides et bas. Dans les élévations mêmes, il y a un choix à faire : c'est de camper toujours du côté du midi , parce que c'est là qu'on trouve l'abondance et la fertilité. Un campement de cette nature est un avant-coureur de la victoire. Le contentement et la santé, qui sont la suite ordinaire d'une bonne nourriture prise sous un ciel pur,' donnent du courage et de la force au soldat, tandis"

que la tristesse , le mécontentement et les maladies répuisent, l'énervent, le rendent pusillanime et le découragent entièrement... »

« Enfin, quel que soit le lieu de votre campement, bon ou mauvais, il faut que vous en tiriez parti, n'y soyez jamais oisif, ni sans faire quelque tentative : éclairez toutes les démarches de l'ennemi, ayez des espions de distance en distance, jusqu'au milieu de leur camp, et jusque sous la tente de leur général. Ne négligez rien de ce qu'on pourra vous rapporter, faites attention atout.

« Si ceux de vos gens que vous avez envoyés à la découverte vous font dire que les arbres sont en mouvement, quoique par un temps calme, concluez que l'ennemi est en marche. Il peut se faire qu'il veuille venir à vous; disposez toutes choses, préparez-vous à bien le recevoir, et allez même au-devant de lui. Si l'on vous rapporte que les champs sont couverts d'herbes, et que ces herbes sont hautes, tenez-vous sans cesse sur vos gardes ; veillez continuellement, de peur de quelque surprise. Si l'on vous dit qu'on a vu des oiseaux attroupés voler par bandes sans s'arrêter, soyez en défiance , on vient vous espionner ou vous tendre des pièges; mais si, outre les oiseaux, on voit encore un grand nombre de quadrupèdes courir la campagne, comme s'ils n'avaient point de gîte, c'est une marque que les ennemis sont aux aguets. Si l'on vous rapporte qu'on aperçoit au loin des tourbillons de poussière s'élever dans les airs, concluez que les ennemis sont en

marche. Dans les endroits où la poussière est basse et épaisse, sont les gens de pied ; dans les endroits où elle est moins épaisse et plus élevée, sont la cavalerie et les chars. Si l'on vous avertit que les ennemis sont dispersés et ne marchent que par pelotons, c'est une marque qu'ils ont eu à traverser quelque bois, qu'ils ont fait des battues et qu'ils sont fatigués ; ils cherchent alors à se rassembler. Si vous apprenez qu'on aperçoit dans les campagnes des gens de pied et des gens à cheval aller et venir, dispersés çà et là par petites bandes, ne doutez pas que les ennemis ne soient campés. . . »

« Si vos troupes paraissent pauvres et qu'elles manquent quelquefois d'un certain petit nécessaire, outre la solde ordinaire, faites-leur distribuer quelque somme d'argent, mais gardez- vous bien d'être trop libéral, l'abondance d'argent est souvent plus funeste qu'elle n'est avantageuse, et plus préjudiciable qu'utile; par l'abus qu'on en fait, elle est la source de la corruption des cœurs et la mère de tous les vices... » (Ibid.j art, IX, p. 109-115.)

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