AVANT-PROPOS
« Cet Orient dont Aristote, il y a plus de vingt siècles, opposait l'immobilité séculaire au génie actif et varié de la Grèce, et qui ne sortit un instant de sa torpeur, au moyen âge, que pour retomber dans une atonie plus lourde ; cet Orient est entamé de toutes parts, au centre et à Test, et sollicité de rentrer dans l'orbite de la civilisation occidentale. L'Angleterre domine sur l'Inde entière et sur quelques pays transgangétiques ; elle y crée des routes et y creuse dès canaux ; elle sillonne le soi de voies ferrées et de lignes télégraphiques ; elle développe l'instruction publique, et prépare la ruine des superstitions. La Russie occupe le vaste bassin de l'Amour et, maîtresse de l'Ancien Tur-
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kestan chinois, elle confine au plateau de Pamir et recherche une route commerciale sur la Chine par la Mongolie. La France s'est installée en Cochinchine : qu'elle sache enfin embrasser les vrais principes de la politique coloniale, et elle ouvrira de ce côté à son commerce de fructueux débouchés, à ses capitaux de belles entreprises. On dira bientôt ici même comment le Japon s'est mis en marche ; comment il réforme sa législation pénale "et sa législation criminelle ; comment il adopte la liberté des cultes et entre de plus en plus dans le mouvement industriel du vieux monde. La Chine, elle, continue de résister à la contagion des idées européennes : mais elles l'ont déjà circonvenue et finiront bien par la pénétrer de part en part. C'est une nouvelle phase qui s'ouvre dans l'histoire de la civilisation générale, et comme toujours, le commerce aura eu l'honneur d'en avoir préparé les voies et fixé le caractère. »
C'est par ces lignes que se terminait l'article sur la Chine que nous avons publié dans la livraison de juin 1875 du Journal des Économistes* et qui eut la bonne fortune d'attirer l'attentiou de Péminent auteur de P Année géographique. « L'auteur s'attache surtout » disait M. Vivien de Saint-Martin « au
1 Un article sur le Japon a paru dans le même recueil dans la lirraison de septembre 1875.
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côté économique et industriel de ce peuple formaliste ; il eu trace un excellent crayon particulièrement au point de vue moral social et intellectuel 1 . » Cet éloge nous parut la récompense des longues études que nous avions consacrées solitairement à l'Extrême Orient; nous avions nourri, jadis, le dessein d'écrire une histoire du christianisme au Japon et en Chine, et nous avions recueilli, à cet effet, une foule de notes compendieuses dans les grandes bibliothèques de Paris. Pourquoi ce travail, qui avait reçu un tel commencement d'exécution qu'il embrassait déjà sur une forme quasi définitive, l'histoire de la Chrétienté japonaise quand nous l'abaudonnâmes ; pourquoi ce travail n'a-t-il pas été continué ? C'est ce que nous n'avons pas à dire ici, parce que cela ne serait de nul intérêt pour le lecteur. Mais celui-ci comprendra aisément que nous nous étions ainsi rendu maître de données précieuses dont, à l'occasion, nous pouvions tirer aisément parti.
Ainsi avons-nous fait, lorsqu'il y a trois ans, M. Glovis Lamarre voulut bien nous charger de ce qui regardait la Chine et le Japon dans sa collection intitulée : Les pays étrangers et F exposition de 1878% et ainsi faisons-nous aujourd'hui dans ce livre.
1 Année géographique (ik* année), page 234.
» Clovis Lamarre et F. de Fontpertnis : La Chine et le Japon et PExpoiition de 1878. (Paris,Ch. Delagiave.)
HT ÀVAUT-PROPeS
Il est des premiers offerts au public et aux lecteurs de la collection dite « Bibliothèque de Vulgarisation » que M. Degorce Cadot vient d'entreprendre, et dont il a confié l'exécution à des écrivains d'un mérite éprouvé, économistes, journalistes, professeurs publicistes. Ce livre, nous pouvons dire, que nous l'avons écrit de conscience et aussi con amore, comme disent nos voisins d'outre-monts ; nous le croyons vrai, en outre tant dans sa physionomie et ses traits généraux, que dans les nombreux détails où il est entré. Chacun de ces détails à été puisé aux sources les plus certaines,et nous avons apporté le plus grand . soin à nous tenir non-seulement près de la vérité, mais dans la vérité même. C'est un souci cependant auquel tous ceux qui parlent des pays étrangers sont loindes'assujettir,si on en croit un proverbe bien connu. Mais à quoi bon ces explications ou ces précautions? Elles viennent trop tard : le livre est maintenant sous les yeux de son juge, le public français. C'est à lui de décider si l'auteur a rempli l'intention qu'il a eue, c'est-à-dire celle de faire un livre à la fois d'une trame sérieuse et d'une lecture aisée.
AD. F. DE FONTPERTUIS.
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