Bibliothèque impériale ( tien Uié
tiny). Cette bibliothèque est confiée à
Tableaux synoptique» de l’empire chinois, rédigés par ordre impérial (1679).
7. Tchi sièou min g ssi; Le» historien» de» Ming édités par ordre impérial (*ti79)-
8. Tchi pieu ji titan g choit king niai if .Sens expliqué du Livre des Annales, dans des lectures journalières, ouvrage composé par ordre impérial fx 680).
9. Tchi picn ji kiàng i king kimï if Sens expliqué du Livre des changements, dans des lectures journalières, ouvrage composé par ordre impérial (x683).
x o. * Tchi tswàn tai thsing ho et tien ; Collection des statuts administratifs de la dynastie lot thsing un très-pure ( actuellement régnante) , recueillis par ordre impérial (1684). Voir ci-devant, p. t3f. — Rota . Iss même grand ouvrage a été publié do nouveau par l'académie des Han Un , avec des augmentations successives considérables, et par ordre impérial de 1724, 1747, 1801.
ix. * Tchi siouÙH tai thsing i thoitng tchi ; Géographie historique universelle de l’empire des Tdi thsing, rédigée par ordre impérial (i685). — Voy. ci-devant , p. a. Cette grande Géographie historique a été réimprimée successivement avec des augmentations nombreuses eu 1744 et en 18 11 (dates du décret de réimpression ). C’est l'édition de 1744 que nous possédons. Elle comprend 356 kiouan , ou livres.
x a. Tchi picn koit wén rouan kicn ; Miroir des sources de la littérature ancienne, recueil compilé par ordre impérial (iG85 , 64 livres). — Voy. tom. I, p. a37 , note. Chefd'œuvre littéraire et typographique.
z 3. Tchi siouàn pii wén y un fait ; Trésor tonique de littérature à graver dans la mémoire ; ouvrage rédigé par ordre impérial (1 704 , 1 ao volumes). — Grand Diclionuaire tonique de la langue chinoise, dont une nouvelle édition a paru à Canton il y a quelques années.
14. Tchi sioitan botta n g kiùn fàng poit ; Traités sur toutes sortes d’objets de culture et d’lii$loire naturelle, composés par ordre impérial ( x 708).
1 5. * Tchi sioùan khàng-hi ta eu tien f Dictionnaire de Khàng-hi , rédigé par ordre impérial (1710, édit, petit in-4“).
16. * Tchi sioitan rouan kièn /oui hàn ; Encyclopédie historique et littéraire , tirée du Mtroir des sources (Bibliothèque particulière de l'empereur ) , rédigée par ordre imperia! (1710, 45o kiouan ou livres).
— L’édition que nous possédons est une
la garde de deux conservateurs JJân lin y l’un mantchou et l’autre chinois.
uouvelle édition en miniature , sur papier blanc , tout à fait conforme à la précédente qu’elle reproduit page pour page.
17. * Tchi sioitan U tai kt ssé niai piào ; Tableaux chronologiques des choses et des événements arrivés sous les différentes dynasties qui sc sont succédé; ouvrage rédigé par ordre impérial (171a, 100 vol.
iu-40)* — Voy., t. I, p. 35, la note a , sur ce magnifique ouvrage d'histoire et de typographie chinoises. On n’en connaît que deux exemplaires en Europe: celui de la Bibliothèque nationale de Paris et celui que possède l'auteur.
1 8. * Tchi pién Tchoû-tseu t sioitan choit; Œuvres complétés du philosophe Tchoû-tseu ou Tehoti-hï , recueillies per ordre impérial (1713, 66 kiouan ou livres),
19. * Tchi sioitan Thang chi ; Poésies du temps de la dynastie des Thang , recueillies et publiées par ordre impérial (1713).
— Édition de toute beauté, avec encadrement des ouvrages cités dans le Commentaire, et ponctuation à l’encre rouge , et une préface de l’empereur Khàng-hi; x5 forts volumes in-40.
ao. Tchi sioitan sing II thsing i; Sens subtil du système de philosophie naturelle, intitulé Sing li , rédigé par ordre impérial (‘7‘7)-
a 1 . Tchi sioitan phien tséu làui pién ; Collection méthodique d’expressions composées de deux caractères, ou grand Dictionnaire de niotfe accouplés, rédigé par ordre impérial (1719). | Magnifique ouvrage en 1x9 volumes, chef-d 'œuvre de typographie chinoise, dont le seul exemplaire connu en Europe a été vendu à la bibliothèque de de Guignes, et acheté pour la Kussie.J
23. Tchi sioitan yûn fuit chi i ; Supplément au graud Diclionuaire tonique (n° x3), rédigé par ordre impérial (17*0, a3 voL).
23. Tchi sioitan tteh sti thsing hua r Fleurs et essences des philosophes et des historiens, ouvrage compilé par ordre impérial (1721, 160 kiouan ou livres). — Ce sont les opinions des philosophes et des historiens chinois classées méthodiquement sur les mêmes sujets, tels que le Ciel, le Soleil , la Imhc , les Étoiles , le Vent, la Terra , etc., etc., etc. ; très-belle impression.
24. * Tchi sioitan tchùn thsiéou t chouan c houe uvî tsxvàn ; Guirlande d'explications, de commentaires et d'éclaircissements de toutes sortes sur le tchùn thsiéou de Confucius, recueillie par ordre impérial (1721). —
L’UNIVERS
Le catalogue complet des livres con- blié, d’abord, par ordre de l’empereur servés dans cette bibliothèque a été pu- Khâng-hl (*), et ensuite, par Kienr
Magnifique édition, avec une préface de l'empereur Khâng-hi, 24 vol.
25. Tchï pi en jï kiàng tchùn thsiéou kiâi i ; Sens expliqué du Tchun-thsieou , ou Livre des Aunales, dans des lectures journalières , composé par ordre impérial (17*9).
26. * T chï sioiian tàï thsing thoûng H ; Cérémonial universel de la dynastie Tàithsing , rédigé par ordre impérial (17^6)- — Cet ouvrage n’a été publié qu’en 1756; il est en 5o livres et forme 8 volumes iu-40. Voir ci>devant, p. an, la traduction du Cérémonial usité envers les Ambassadeurs , que nous avons donnée d’après cet ouvrage officiel.
a 7. T chï siouàn chéou cht thoûng khào ; Examen approfondi des temps et saisons , rédige par ordre impérial (1737) ; ouvrage sur X Agriculture, accompagné de planches nombreuses. 78 kiouan ou livres, 24 vol. petit iu-P.
28. Tchï tswàn soit wén bien thoûng khào; Supplément à la grande Encyclopédie historique de Ma-touandin ( dont le titre suit, n° 27), rédigé par ordre impérial (1747 , a5a kiouan ou livres).
29. Tchï tswàn hoàng tchdo wén bien thoûng khào; Examen approfondi des monuments littéraires parvenus jusqu'à nous (ouvrage de Ma-touan-lin), arrangé pour l’usage de la cour impériale par ordre supérieur (1747, 262 kiouan ou livres).
30. Tchï siouan si thsing koii kièn , Miroir des antiquités de la pureté occidentale (cabinet de l’empereur), rédigé par ordre impérial (1749, 42 vol. grand in-f° , avec beaucoup de planches). — A ota. C’est de ce magnifique ouvrage que nous avons tiré les planches 38 à 44 de notre premier volume , page 201 et suivantes.
3 1 . Tchï sioitan thoûng wén y tin thoûng; Traité général de la prononciation de plusieurs mots comparés ( sanskrit , thibetain et mongol) , rédigé par ordre impérial (1750).
3a. Tchï pim tsièn loü ; Catalogue des monnaies , rédigé par ordre impérial (1751).
33. Tchï tswàn hoàng y à si y û tlioü tchi loü lui tchi; Description des fleuves et des chaînes de montagnes, et cartes figuratives de l'empire chinois et du Si-yü (ou occident de l’Asie ) , rédigée par ordre impérial , de
34. * Tchï tswàn hoàng tchdo li ki thoù chï; Modèles figurés des objets de toutes natures conformément aux rites, recueil rédigé
à l'usage de la cour, par ordre impérial (1759, 16 vol. in -40, en deux enveloppes, avec une préface de l’empereur). — Ouvrage magnifique renfermant le modèle ou patron figuré officiel des ustensiles employés dans les sacrifices; des instruments de géométrie , dVwtronomie a, etc. ; ceux des vêtements civils et militaires, ceux des instruments de musique de toutes sortes; de tous les grades; des étendards , oriflammes , chars , arcs , flèches , fusils, sabres , catapultes , canons , palanquins y fusils de remparts , mortiers , etc., etc,
35. Tchï tswàn si yü thoûng wén tchi; Traité des noms communs aux si pu , ou contrées occidentales de l’Asie, présentés dans des tableaux synoptiques (en chinois , mantchou , mongol, oe/et, thibetain et turc ) , rédigé par ordre impérial (1763).
36. Tchï tswàn hoàng tchdo thoûng tien; Règles universelles de gouvernement, éditées par ordre impérial pour l’usage de la cour (1767).
Nota. L’ouvrage original fut composé par Tou y cou, qui vivait sous les Thang; il comprend 200 livres.
37. Tchï tswàn hoàng tchdo thoûng tchi; Traité sur toutes sortes de sujets important* . édité par ordre impérial pour l’usage de la cour (1767).
Nota. L’ouvrage original fut composé par Tchin tsiao, qui vivait sous la dynastie des Soung ; il comprend 200 livres.
38. Tchï tswàn soit thoûng tien; soit thoûng tchi; Deux suppléments aux deux grands ouvrages précédents, rédigés par ordre impérial (1767). Nota. Le second de ces suppléments comprend 527 livres.
3g. Tchi pieu tséng tin g thsing wén kièn; Miroir de la langue inautchoue , corrigé et augmenté par ordre impérial (1771, 48 livres).
40. Tchï tswàn ssé khou thsioùen chou; Catalogue complet des quatre magasins , rédigé par ordre impérial (177}). Nota. C’est un catalogue raisonné, en 112 volumes, de tous les livres chinois qui devaient composer la grande Collection d’ouvrages choisis, en j 60,000 volumes, ordonnée par l’empereur Khien - loung. Voy. ci -devant, p. 14 , et note.
(*) Kl tin tin g thoù chou tsï tchin g.
a. On y voit la représentation de placeurs iostnsmenu de mathématiques et d’astronomie . fabriques en Karope ; et mi lit très-lisiblement sur U gravure de l’un d‘eu* London (Londres).
louny (*). Ces livres, avec la grande collection des années young-To des Ming, forment la bibliothèque impériale.
7.11 est encore d'autres établ issements qui ont des rapports avec l’académie dés H An-lin. Tel est le Bureau des historiographes de ta cour (Ai kiû tchôu houAn) , composé de dix Mantchous et de douze Chinois , dont les fonctions sont de rédiger des mémoires de tous les faits qui méritent d'être transmis à la postérité. Toutes les fois qu’il v a des assemblées ou des réunions publiques à la cour, les historiographes de service restent constamment aux côtés de l’empereur, pour recueillir ses paroles et faire le récit de ses actions, l.orsque l’empereur se rend à sa résidence d’été de Youen-ming-youen, quatre historiographes restent attachés à sa personne. Ils l'accompagnent dans toutes les cérémonies publiques, comme celle du labourage, celles de la célébration des sacrifices, sa visite aux tombeaux de ses ancêtres, afin de transmettre ces faits à la postérité.
8. Un autre Bureau , plus important que le précédent, et qui a aussi des rapports étroits avec l’aradémiedes Hàn-lin, est le Bureau des historiographes de l’empire (Koüésséhoûan), dont les attributions sont de rédiger des mémoires fidèles et authentiques sur tous les événements et les faits contemporains.
Ces documents sont destinés a servir plus tard de matériaux pour écrire l’histoire officielle de l’empire.
L'histoire officielle chinoise est assurément la plus authentique du monde; car, chez aucun peuple, il n’a été apporté autant de soins à recueillir les faits qui y sont consignés (**). Cette his-
4 1 . Tchï sioitan dioûng ktétl khàng mou ai u pién ; les I rois parties de l'histoire universelle, intitulée Thoûng kién khàng mou, rédigées par ordre impérial ( 1775). Voy. Gaubil, Chronologie chinoise , p. 170.
42. Tchï h, van Ichi hàfàng lin ; Abrégé de l'art de diriger et maîtriser les fleuves , rédigé par ordre impérial ( 1 H 1 1).
(’) Khin tiog ssé khoii tsioùc/i choil ti pin. Voy. p. 14, n° 9, et le n" 40 de la note qui précédé.
(**) Voy. 1. 1 , p. 3a.
18* Livraison. (Chine moderne.)
toire repose sur quatre espèces de récits, qui sont:
1° L’histoire des souverains ( pèn ht} ; 2» des traditions (tchmian) sur tous les faits importants qui peuvent concerner les ministres et autres personnages remarquables de l’État ; 3° des statistiques de faits naturels, physiques et autres (tchi); 4° enfin, des documents externes de toutes natures, comme des tables généalogiques (piao) (*).
Tous ces matériaux réunis servent à constituer l'histoire.
(*) T aï duing hoei tien , K. 55, f> ia-i3. Selon le Commentaire , voici les diverses espèces de traditions que doit recueillir l’hisïorien : r' traditions ou mémoires concernant les ministres d’État; a° mémoires d’actes de justice et de fidélité; 3° mémoires sur les lettrés; 4° mémoires sur les compositions littéraires ; 5° mémoires sur les recherches des historiens; 6° mémoires sur les actes remarquables de piété filiale et d'amitié; 7° mémoires sur les femmes célèbres par des actes de dévouement et de vertus; 8» mémoires sur les chefs indigènes {toit ssé) ; 9° mémoires sur les contrées étrangères des quatre cotés; 10“ mémoires sur les ministre» qui oui aidé le gouvernement; ti° mémoires sur les ministres rebelles. — Ce plan officiel de l'historien chinois est à peu près celui choisi par Sse-ma-thsinn (1. I, p. 246).
Selon le même Commentaire, les tchi, pour l’historien chinois, sont des traités 1° sur l’ astronomie ; 2" sur la toi des saisons; 3° sur les rites; 4“ sur la guerre; 5“ sur les lais pénales ; 6" sur la musique ; 70 sur les arts mécaniques et littéraires ; 8" sur la géographie; y° sur les fleuves et les canaux; t u° sur les moyens de transports et les vêtements ; 1 1° sur les cérémonies publiques et la défense des places; 12° sur les denrées de consommation; t3° sur les magistrats ou fonctionnaires civils et militaires; 14° sur l'avancement dans les emplois nu les promotions.
Les piào ou tableaux synoptiques corn prennent ; i° le tableau généalogique des ministres d'État, avec des mémoires sur les actes méritoires qui ont pu être accomplis par dis membres de leurs familles , lesquels sont aussi représentés comme chefs de leur branche, dans des tableaux généalogiques; a" des tableaux des faveurs et dignités accordées aux princes et chefs mongols et mahomclatis des possessions chinoises de l’Asie occidentale.
On voit, par ce Commentaire des Statuts, que les devoirs de l'historieu chinois sont
L’UNIVERS
9. Un autre établissement, dont les au tributions sont aussi d'une nature semblable , mais inférieure , le Département de l'observation des faits de ta cour ( chèn ssê fois), dépend encore littérairement de l'académie des Hàn-lin.
10. Intendance des sacrifices ( ldi tchdng ssè ) (*). Cet établissement est cltarge de préparer et de diriger les cérémonies des sacrifiées; de choisir l'espèce et le nombre des ustensiles qui doivent y être employés; enfin, tout ce qui concerne ces oérémonies de tout ordre, et qui en dépend.
1 1 . Intendance des écuries impériales (tdï po ssè). Cet établissement est chargé de diriger tout ce qui concerna les écuries et les attelages de l’empereur. Il a aussi sous sa direction les haras impériaux situés en Tartarie (**), etc.
12. Intendance des provisions de bouche de la maison impériale, et de Celles gui sont nécessaires dans les cç rémanies publiques [k oudng toussé ). Cet établissement est d’une assez grande importance en Chine, où les fêtes et les cérémonies sont nombreuses. C'est surtout quand on célèbre les grands sacrifices au Ciel, à la Terre, au Soleil, à la Lune, dans les fêtes anniversaires de l'empereur, etc., que les Vatels chinois de cet établissement sont occupés.
Ca sont eux aussi qui sont etiargés de l’entretien des ambassadeurs étrangers
assez nombreux et assez importants nom- faire de sa fonction l’une des plus nobles et des plus méritoires qui puissent être accomplies dans un État civilisé. Aussi est-elle en grand honneur en Chine depuis un temps immémorial, comme nous le verrons plus Inin. — Les ramie, annales ehinoises sont toutes, depuis eux mille ans, rédigées sur le plan qui vient d’étre exposé. Comme les documents qui servent à romposer ces Annales sont recueillis journellement par le Trihunnl des historiens dont nous parlons ci-dessus, ces annales présentent des tableaux successifs à peu prés complets de la civilisation chinoise.
(*) l'ai thsing hoei lien , K. 56-5 7. Les Statu/s donnent, en deux livres, les détails les plus minutieux sur tout ce qui concerne l'accomplissement des cérémonies sacrificatoires. Nous ne pouvons ni les reproduire ni les analyser' ici.
(") ti., K. 5;, f z;-»r.
et de leur suite , lorsqu’ils entrent en Chine. Les provisions (moutons, porcs, poissons, vin, etc.) qui doivent leur être délivrées sont réglées par les Statuts (*).
13. Institutions municipales de la ville de Pé-king (cliun thien foü (’*))• La ville de Pé-king , comme capitale de l’empire, est administrée par un magistrat spécial, dont le titre (gin) et les fonctions correspondent en quelque sorte à celles de flaire ou Pre/et de Paris. C'est ee magistrat qui règle, dans les limites de son territoire ( Péking et sa banlieue ) , tout ce que les établissements précédents règlent pour le reste de l'empire. La traduction du livre des Statuts qui concerne cette administration municipale, ainsi que celle de Moukden, aurait un grand intérêt pour nous; nous ne pouvons que l’indiquer ici. On y remarque , entre autres choses, les mesures que le maire de Pê-kina doit prendre à l’époque annuelle de la cérémonie du labourage par l’empereur (*”).
CIRKMOfflK DU LXHOURAGE (MM),
« Pour montrer plus de respect et de vénération dans cette cérémonie, disent les Statuts , la charrue ( loül ssè ) (dont se sert l’empereur) est peinte en jaune (couleur impériale), et lé fouet est de soie couleur jaune. Le coffre à semence ( siâng ) doit être de couleur verte. Suivent Ta charrue : trois princes impériaux (wâng) et neuf grands dignitaires ( k-lng ), avec chacun une charrue peinte en rouge et un fouet de soie de couleur rongé, le coffre à semence étant de couleur noire. Ces coffres à semence doivent être pleins de grains pour semer ( tchoùng toit). La charrue dont sc sert l’empereur est attelée d’un beeuf couleur jaune ; les charrues qui suivent sont traînées chacune par un bœuf de couleur noire.
n De vieux et honorables laboureurs sont convoqués à cette cérémonie, an nombre de trente-cinq, pour y prendre
(*) Tai thsing hoei tien , K. 58, f° 7.
(") lb., K. 59.
(***) Voy. pl. 14 de rc volume.
(**’*) Tai thsing hoei tien, K. 5p, P 3-4.
part; et d’autres laboureurs, au nombre de quarante-deux, chargés de diriger et d'accomplir ponctuellement la cérémonie du labourage. Deux vieux laboureurs ont la mission de conduire le bœuf {bien nieàu) de la charrue de l'empereur (*); deux autres laboureurs soutiennent les manches de la charrue (/où II). Les charrues des trois princes impériaux et des neuf grands dignitaires qui suivent, sont conduites chacune par un vieux laboureur, et soutenues par deux autres laboureurs. Le maire ou préfet de Pé-hiiuj est en tête du cortège, revêtu de ses habits de grande cérémonie {mèng pào). Les vieillards qui précèdent l’empereur sont vêtus de robes de soie verte (/Asl ny liouén)-, les laboureurs qui précèdent les trois princes impériaux et les neuf grands dignitaires portent des robes de toile verte ( thsing pou ). Tous portent le bonnet distinctif de leur dignité et de leur rang (ting mtio). Les laboureurs portent le bonnet de feutre orné de franges et le large pantalon de toile.
« Lorsque l’empereur s'approche de la charrue pour labourer la terre, le maire de Pé-fing lui présente le fouet ou l’aiguillon, et l’accompagne jusqu’au bout du champ. La cérémonie finie, le même magistrat, à la tête des employés placés sous scs ordres, accompagné des vieillards et autres laboureurs, se range en ordre devant la Tour (le la contemplation du labourage ( loutin héng thûl ), sur le côté occidental , et la face tournée vers le nord. A la voix du maître de cérémonie , l’assistance accomplit les trois agenouillements et les neuf prosiemements(fé). La cérémonie finie et les rites accomplis, les vieillards et les autres laboureurs continuent de labourer le champ commencé.
Si l’empereur ne reprend plus le manche de la charrue, alors le maire de Pé-king, avec sa suite et les laboureurs qui assistent à la cérémonie, achèvent le labour du champ commencé.
« lorsque les produits de ce labourage sont arrivés à maturité, alors on en annonce publiquement la moisson, et ce produit du labourage impérial est
f’i Voy. la pl. t.f de ce volume.
(*•) Voy. ci-devant, p. >i3->q.
déposé dans le grenier de l'esprit divin ( chin tsâng), où le grain eu est recueilli dans des ustensiles destinés à cet usage (*). »
14. Intendance du cérémonial de la cour impériale et des assemblées publiques (huûng loù ssè) (*•). Cette cour de l’étiquette chinoise, qui se rattache, par son personnel, au Ministère des rites , règle le cérémonial qui doit être observé dans les réunions et fêtes publiques, aussi bien que dans les cérémonies religieuses. Les exemples que nous avons déjà présentés de la science des membres qui composent cette cour de l'étiquette orientale, peuvent suffire pour en donner une idée.
15. Collège impérial ( houe tsèu lien) (*’*). Ce collège est destiné à l’éducation des fils des grands de l’empire, comme l'indique son nom, et des princes étrangers. Les élèves y restent six ans, et payent cent liàng par an (800 fr. de notre monnaie). On y enseigne les langues chinoise, mantchoue et mongole. Les mathématiques font partie des études dans ce collège impérial. Deux professeurs, l’un tartaremantehou, l’autre chinois, y enseignent aussi la langue russe, ainsi que le chinois et le niantchou aux jeunes Russes qui y sont admis. Il y a beaucoup de jeunes Tartares des huit bannières.
L’empereur visite ce collège une fois
ar an. Nous reviendrons sur cet étalissement en traitant du Système d'éducation chez les Chinois.
16. Observatoire impérial ( Khin thién kién). Cet établissement, spécialement chargé de la rédaction annuelle du calendrier, tient une grande place dans les Statuts (••**), qui donnent ainsi
(’) Nous ilonuerons plus loiu la traduction du Cérémonial complet usité eu cette circonstance, et celui de la file des mûriers, où l'impératrice joue le premier rôle, comme l’empercor, dans la cérémonie du labourage.
(") Tai daing twei lien, K. 6o.
(***) Tai thsing hoeî tien, K. 6i,
(****) Tai thsing hoei tien, L. 63-64. Le bureau de \' Observatoire impérial est composé, d'après les Statuts, de deux présidauts, l’on mantchott et l’autre chinois, et de deux vice-présidents eurojtéens , l'un de gauche et l'autre A% droite. Voir ci-devaut, p. »a, n' ior.
Selon l’ Almanach impérial de 1 844, le Di-
L UNIVERS
un traité complet d’astronomie à l'usage des mandarins de l’empire , lesquels doivent d’autant moins ignorer l’astronomie officielle, que celle-ci est intimement liée aux autres institutions et cérémonies publiques.
17. Académie de médecine ( tai i youénO). Cet établissement a pour mission de maintenir dans toute son intégrité la science de la pratique médicale, qui remonte, en Chine, à la plus haute antiquité, et de diriger ceux qui entrent dans la même carrière.
Les membres qui composent cette»
académie de médecine sont au nombre de cent quinze, dont quinze médecins impériaux (yù i); trente praticiens (i U mois ); quarante docteurs en médecine ( i ssé) , et trente élèves en médecine ( i séng).
Nous parlerons plus loin de la médecine chinoise.
18. Pureau des gardes impériales ( chi wét Ic.hàu (*’)). Ce bureau a dans ses attributions tout ce qui concerne les trois premières bannières tartares qui forment la garde impériale , composée des jeunes gens des principales familles tartares-mantchoues et mongoles. I.es Statuts font connaître les règlements du service de cette garde.
19. Pureau de réception des requêtes , pétitions , mémoires adressés a ta famille impériale ( Isaô ssé tchoû). Ce bureau est chargé de. recevoir et de transmettre à leur adresse tous les écrits, de quelque nature qu’ils soient, en langue mantchoue et en langue chinoise, qui sont adressés à l’empereur ou aux membres de la famille impériale.
20. Intendance des équipages de la cour (loüan i tvéi). Cet établissement ne manque pas d'une certaine importance; il occupe un livre entier dans les Statuts (***).
recteur de f observatoire était alors King tching , Tartare; les deux présidents , l’un Tartare et l’autre Chinois, étaient Tsianç tai et Tcbeouyu king. Il y avait /, vice-présidents , deux Chinois et deux Tartares ; mais point d’Kuropéens.
(*) Tai-thsing tioei tien , K. 6.;, f" 36-28. "Voy. ci-devant, p. aa, u° toi.
("*) lb„ K. 05.
( "*) Tai tluing lioei lien , K. 66. Il comprend plusieurs Directions ou Jntendanccs :
21. Administration générale des huit bannières {pli khi toit thoùng).
Cette administration , qui a à sa tête vingt-quatre directeurs généraux, huit Mautcnous, huit Mongols et huit Chinois, et quarante-huit sous-directeurs également des trois nations, règle tout ce qui concerne le service et l'administration des huit bannières comprenant l’armée chinoise, l’armée mongole et l’armée tartare . en même temps qu’elle en surveille et fixe l’effectif, qu’elle en règle l’instruction et la discipline, qu’elle détermine les rangs et les honneurs parmi les officiers, et qu’elle pourvoit à la solde des troupes.
Les Statuts (*) entrent dans de nombreux et minutieux détails sur l’organisation de l’armée chinoise , comprise sous la dénomination des huit bannières (pàkM)\ sur les lieux où elle doit tenir garnison ; sur la constitution et l’effectif des différents corps, selon les places qu’ils occupent; sur les peines disciplinaires; sur une infinité de faits et de circonstances que nous ne pouvons reproduire ici, mais qui sont de nature à intéresser considérablement les Européens qui cherchent à connaître Jes forces défensives de ce grand empire.
L'organisation de plusieurs autres bureaux ou directions spéciales concernant les fabriques d’armes et de munitions de guerre, est encore décrite dans les Statuts (**). Ces directions spéciales se rattachent à la précédente : nous n’eu parlons ici que pour mémoire.
22. Enfin, la dernière et grande administration chinoise dont il nous reste à parler, est le Département de ta maison impériale (nél wôu fou (***) ).
Ce departement règle tout ce qui concerne le service et “administration des trois premières bannières qui forment la garde impériale, en même temps
celle des chars cl autres équipages ; celle des chevaux et attelages; celle du maniement de» uns et des autres; celle des arcs et des flèches; relie des bannières et étendards; celles des lances, hallebardes et armes de toutes natures, etc.
(*) Tas tlising hoei tien , K. 67-69. Voy. p. 230.
(*•) Ib., K. 70-71.
ue tout ce qui dépend de re même (•parlement dans tes six grands ministères des fonctionnaires publics, des finances, des rites, de la guerre, de la justice et des travaux publics.
Cette vaste administration, qui comprend les sept derniers livres des Statuts, est divisée en un grand nombre de bureaux, dont il serait trop long et trop fastidieux de faire ici l’énumeration.
L'un de ces bureaux est V Intendance des trésors et magasins ( louâng tchmi ssé). Cette intendance règle tout ce qui concerne l 'entrée et la sortie des objets à l'usage de l’empereur, des trésors et magasins impériaux, au nombre de six, qui sont : 1° le trésor d’argent {gin Ihoü) ; 2" le magasin des peaux ( phi Ihoü); 3" le magasin des pierres précieuses ; tsiu Ihoü); 4“ le magasin des soieries ( toudn thon) ; 5° le magasin des vêtements (i Ihoü) , et 6“ le magasin du thé itcha Ihoü). Les Statuts donnent l’inventaire de ces six trésors et magasins. Ensuite ils font connaître les formalités des mariages des princes et princesses du sang; les artisans, au nombre de sept sortes, joailliers, ouvriers fleuristes, etc., employés pour l’usage de la maison impériale. Les rites que doit observer l'empereur, non plus comme souverain, mais comme pratiquant la doctrine de Che lia tneou ni Fo ( Bouddha shakya mouni), de même que ceux que doivent pratiquer l’impératrice et les autres membres de la famille impériale, aux différentes époques de l'année; les vêtements de rigueur dans chaque circonstance, sont détaillés avec le plus rand soin dans les Statuts (*). Ces entiers fout aussi connaître en détail les rites et usages qui doivent être observés par l’empereur et sa famille dans les cérémonies de naissances, mariages, funérailles et autres circonstances importantes de la vie civile (’*).
Tout ce qui concerne le régime et l’organisation des eunuques est réglé par ce département (***). Il a aussi l’administration des domaines impé-
(*) il., K. (H.
(***) K. 75, P 14 et suif.
riaux, qui sont nombreux et considérables, et dont les revenus annuels, en argent et en nature, sont donnes dans les Statuts, de même que le régime et le produit des troupeaux et haras appartenant à l’empereur, et situés en Tartarie (*).
Le régime disciplinaire de la garde impériale . les règlements concernant le service du palais, sont aussi détaillés dans les Statuts if'), ainsi qu’un grand nombre d’autres sujets , dont nous ne croyons pas nécessaire de faire ici l'éuumération.
C’est dans la dépendance de ce Département de la maison impériale que se trouve la Bibliothèque impériale, dont nous avons parlé précédemment (***), et qui reiiferme une édition d’ouvrages chinois de 78,731 volumes !
Il faut lire les sept derniers livres des Statuts, pour se tonner une idée de l’immense et somptueux appareil qui entoure un grand monarque asiatique.
Celui des cours européennes ne pourrait en donner qu’une imparfaite idée.
Les descriptions , si longtemps crues fabuleuses, du voyageur vénitien Marco- Polo , de la cour asiatique du grand Khan, n’ont rien d’exagéré, appliquées à ses successeurs sur le trône impérial de la Chine ; et, à défaut des Statuts, le lecteur européen pourra, en les lisant, se représenter, jusqu’à un certain point, la cour du Céleste empire, qui seule, dans le monde moderne , a conservé le luxe et les traditions des anciennes monarchies de l'Orient, des grandes satrapies mèdes et persanes, dont elle est, avec l’ombre éclipsée de l’empire des sultans, l'unique héritière !
Nous venons de donner, autant qu'il nous a été possible dans les limites qui nous étaient tracées, un aperçu raisonné des lois organiques actuelles de l'empire chinois, qui ne forment pas moins de trente volumes in-folio dans le texte original. Il ne nous a pas fallu -peu de courage et de résolution, dans les circonstances orageuses que nous venons de traverser, pour accomplir cette tâche
C) ih-, K. 76.
(”*) Page (4 , n° 9 et note.
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L’UNIVERS
ingrate et laborieuse , sans autre appui que nous-même , sans autre désir que celui de donner à nos lecteurs une idée aussi exacte que possible d'une nation qui est seule maintenant, avec une population presque fabuleuse, à représenter les idées de l’ancien monde, et qui, à ce titre seul , devrait suffisamment intéresser le nouveau !