‹ Chine moderne, ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinoisChapitre 146 sur 292 · dont la métaphore est empruntée de · texte numérisé non relu

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Caractères dont le sens général est donné par une prononciation analogue, sans être empruntée ou métaphorique •

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il résulte de l'énumération précédente des six classes de caractères, que leur nombre s'élevait, sous les Souny, à 24.1 75 (*).

On voit, par ce tableau analytique, nue les caractères purement figuratifs de la langue chinoise , comprenant les deux premières classes, ne s’élèvent qu’à 695 ; c'est à peu près le même nomhre que celui des signes hiéroglyphiques Idéographiques retrouvés sur les monuments égyptiens, et dont un assez

O Le texte chinois porte H, 3)5.

grand nombre sont presque absolument identiques aux anciennes formes des caractères chinois, sauf la grâce et l’élégance données en Égypte à l'écriture monumentale, et qui sont restées complètement étrangères à la Chine. Les caractères de la troisième classe, formés de la combinaison des deux premières, sont au nombre de 740. Les caractères idéo-phonétiques, réunissant à une image générique un groupe phonétique qui eu détermine l'espèce , et étant par cela même des mots exprimés par des signes de son, plus un élément figuratif de genre, ces caractères, disons-nous. forment environ les dixneuf vingtièmes de la langue chinoise; c'est-à-dire que 21,810 caractères, sur 24,175, sont, pour ainsi dire, alphabétiques, et par conséquent représentés, sous le rapport de la prononciation , par les 1,400 caractères figuratifs et combinés îles trois premières classes, employés dans celle-ci comme groupes phonétiques oti signes de son : ce qui , en définitive, réduit l'étude, si effrayante au premier abord , du matériel de la langue chinoise, à la connaissance d'environ 1,400 groupes figuratifs, comine images d'objets et signes d'idées; et, ensuite, à celle de ces mêmes groupes comme valeur purement phonétique ou signes de sons. C'est là un résultat auquel on serait loin de s'attendre, si l’on s'en rapportait à tontes les rêveries débitées avec tant d'assurance sur la langue chinoise par des personnes qui ont mieux aimé se livrer à leur imagination ou masquer leur ignorance , que d’étudier cette écriture dans les auteurs indigènes, lesquels doivent être supposés connaître au moins aussi bien leur propre langue que ceux qui veulent l’enseigner sans l’avoir apprise.

Nous devons ajouter, cependant, que, par suite de cette loi fatale qui semble frapper d’une mort inévitable tous les monuments du passé, les Chinois modernes , comme s'en plaignait déjà Tching-tslao il y a plus de nuit cents ans, n’ont plus l'intelligence complète de leur propre langue; ils s’en servent à peu près comme nous nous servons en Europe de notre écriture alphabétique, sans que la vue des caractères de leur écriture leur rappelle autre

chose qu’une lettre pour ainsi dire morte, qui n’a plus aucune liaison, aucun rapport direct avec les objets ou les idées que ces caractères étaient, dans l'origine, destinés a représenter.

5. Liste générale des radicaux chinois dans leurs formes modernes, avec leur signification et le nombre de leurs dérivés.

Le classement précédent de tous les caractères de l'écriture chinoise est celui qui en fait le mieux comprendre la formation synthétique ; mais ce n’est pas celui qui a été suivi par les lexicographes modernes. Ces derniers ont choisi un certain nombre de caractères, qu'ils ont considérés comme primitifs, et comme donnant naissance a tous les autres, l.e nombre de ces radicaux a varié scion les lexicographes. Hiü-chfn, qui florissait vers l’an 89 de notre ère, les avait portés, dans son Choue-wén , à 510: comme il opérait de son temps sur des caractères qui avaient encore la forme antique, son classement repose sur cette forme. Environ quinze cents ans plus tard, sur la fin de la dynastie des Ming (1616) , un lettré du Kiàngnôn, du nom de Mel-yingtso ; surnommé Tan-seng , composa un dictionnaire resté fort usuel, intitulé Tséu wél, dans lequel tous les caractères chinois, au nombre d'environ 33,000, sont clas-

sés sous 214 radicaux. Ce même classement fut adopté ensuite dans les meilleurs dictionnaires disposés par ordre de radicaux { au lieu de l 'ordre tonique): le Khdng-hl tséu tien (Pé-kîng, 1716); le Tching-tséu toûng; le I-w&n.

pi ban ; et c’est celui aussi qui a été suivi dans la plupart des dictionnaires chinois européens, manuscrits et imprimés.

Ce dernier classement est, en certains cas, peu rationnel et peu logique; mais il est assez simple, et il paraît avoir été trouvé plus commode dans la pratique que tout autre. En effet, les caractères chinois ayant perdu, par la suite du temps, toute trace ancienne de représentation des objets, n’étaient plus que des signes en quelque sorte purement fictifs d’idées, que 1 ou n’avait plus qu’à classer dans un ordre purement matériel, et selon le nombre des traits qui les constituaient. C’est la le classement des 214 radicaux ou clefs Nous en donnons la liste, en y joignant les définitions de Hiu-chin, et le nombre de dérivés qui se trouvent ranges sous chaque radical dans le Dictionnaire Tséu-wél et ensuite dans le Dictionnaire impérial de Khdng-hl , en y comprenant les caractères anciens tombés en désuétude , et les formes vulgaires ajoutées en suppléments à chaque nombre de traits sous ciiaque radical.

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