Scène
Les ombres de Yang-lin-kong et de Thsi-laug apparaissent à Yang-king.
taho-ïiüo , rivant.
Il me semble que j'aperçoi» un vieil of6cier; puis un jeune.... messagers d'un événement funeste.... Aurait-on manqué de couvrir mes frootières , mes places fortes ? Oh , il y a ici un mystère que je veux éclaircir. (Aux ombres.) A demain , à demain ; il est trop tard , retirez-vous.
l’ombre DI TAEG-LIKG-XOïrO.
Yang-king , mon fils I
ruteam.
Quel es» ce jeune officier ?
l'omIKI de TAKO-LIRG-ROIIO.
(Elle chante.) Cest le fils bien-aimé de (a mère Che-taï kiun.
TAHO-EIHO.
Mais vous , qui parlez , qui êtes-vous ?
l’omBEE DE TADO-I.1HO-EOKO.
( Elle chante. ) Je suis l’ombre de ton père, Yang-ling-kong.
TAHG-IIHO.
Mon père ! Alors approchez-vous de moi pour me parler ; qu’avez-vous à craindre ?
l'ombre DE TAKO-LIRG-EOIfO.
Non , mon fils, il faut que tu restes à une certaine distance de moi. Tu es un homme; je suis une ombre. Écoute mes paroles.
TAiro-EOMO.
Parlez , mon père , je vous écoute.
L’OMBRE DE YAHG— LING— EOlfG.
Après avoir glorieusement soutenu un grand nombre de combats , il y a quelques jours, je me suis vu tout à coup étroitement cerné par Man-ven cheou , chef des barbares du nord. J’étais dans un péril imminent, certain , et déjà sous les dents du tigre, lorsne mon septième fils , Thsï-lang, plein d'areur, accourut pour me délivrer ; mais saisi par Pan-jin-meï , ce barbare attacha Ion frère au sommet d'un arbre eu fleurs , où il fut tué à coups de flèches. Alors dans mon désespoir , et voyant que je ne pouvais plus échapper ail danger qui menaçait mes jours, je me précipitai raoi-mème contre un rocher, où je trouvai 1a mort. Bientôt après un bar-
bare livra mon corps aux flammes; puis Han-yen-eheou , recueillant mes ossements , les déposa dans le monastère des Cinq-Tours, sur le faite de la pagode. Tous les jours cent Tartares forment un cercle autour de la pagode , et chacun d'eux lance successivement trois flèches contre mes ossements. Mon fils, qui pourrait exprimer les douleurs que j'éprouve; elles ne ressent pas d'une minute. Aujourd'hui j'ai présenté une supplique au souverain des enfers , qui m'a laissé sortir. Mon fils, je t'en supplie, adoucis mes souffrances par des sacrifices ; venge ma mort , venge celle de ton frère. (Yang-king s'éveille, et les ombres disparaissent.)
Seine 4.
Monologue de Yang-king. Il se lamente et n’agit pas. C'est le premier trait de ressemblance avec Hamlet; on verra, par l’analyse de la pièce, qu’il n'est qu’un instrument passif.