‹ Chine moderne, ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinoisChapitre 208 sur 292 · I.K GOUVERNEUR , Stupéfait · texte numérisé non relu

I.K GOUVERNEUR , Stupéfait

Han-fei-king.

[.'académicien.

Oui , Han-feî-king.

u oormnxcit, au domestique.

Qu’on le mette en liberté ; qu’il vienne , qu'il vienne avec nous.

Cet incident amène une scène de réconciliation entre le gouverneur et Han-fei-kirtg. Le premier se confond, il multiplie les excuses et les compliments ; le second répète sans cesse qu'il avait trop bu , qu’il ignore ce qu’il a fait L’idée vient au gouverneur d’installer Han-feï-king dans son palais comme précepteur de son fils. » Voulezvous ouvrir une école dans ma bibliothèque? lui dit-il, nous philosopherons tous les deux. » Han-fet-king accueille avec enthousiasme cette proposition, dont Wang-fou est loin de sentir tout le danger. Il se retire, fait quelques préparatifs, et revient bientôt après dans le palais du gouverneur.

Le troisième acte s’ouvre par l’entretien de deux écoliers : l'un est Wangtching, fils du gouverneur; l'autre, Ma-kieou, fils d’un mandarin. Ce sont de fort mauvais écoliers, qui connaissent à peine le pè-kia-sing , « la table des noms propres, » et le mong-kieou,

« espèce de rudiment. » A un autre int de vue, le dialogue est de nature nous donner une idée des mœurs chinoises.

MA-XIIOU.

Voilà près d’un mois que je viens chez vous; voire maître ne m'a rien appris; il soupire sans cesse.

WAlfG-TCHraG.

C’est vrai ; depuis que je le connais , il n’a point fait un vers , écrit un caractère ; il gémit toute la journée: il pleure, pousse de grands soupirs. Quand il est dans le petit salon, il répète sans cesse siao-tsiei , siao tsieï - mademoiselle ! mademoiselle I » Je ne sais ce que tout cela veut dire.

MA-KIZOU.

Cest qu'il a envie de....

Je n’oserais dire ici en quels termes s’expriment les deux élèves, qui sont âgés de quinze ans. Les expressions les plus licencieuses , les plus obscènes s’y font malheureusement remarquer. On a cherché à nous faire croire que la jeunesse de ce pays est généralement reservée, obéissante, fort appliquée à l'étude; qu’elle n’a pas un ton aussi décisif que la nôtre. Ce sont là des contes , et des contes de philosophes. Le théâtre nous

29* Livraison, (Chine hodebne.)

en apprend plus, sur les mœurs de la société chinoise, que tous les livres ensemble.

Au fond, Han-feï-king est très-malheureux dans le palais du gouverneur; on a beau le combler des attentions les plus délicates; le jour il ne mange pas, la nuit il rêve d’amour. Épris plus que jamais des charmes de Lieou-meï, c’est pour elle qu'il soupire; il la cherche des yeux. Quelquefois son chagrin est mêlé de colere, et alors rien de plus plaisant que le langage du poète chinois , langage à la fois érotique et pédantesque : « Quoi ! s’écrie-t-il dans son dépit, je ne pourrai pas m'unir à cette jeune fille, dont les attraits sont si puissants, et cependant les koua du Y-king s’unissent ensemble , le kièn et le kouen, « le ciel et la terre, » unissent leurs éléments, le soleil et la lune unissent leurs lumières, les quatre saisons leurs vertus , les bons et les mauvais génies, les destinées heureuses et malheureuses. « Pendant qu’il adresse une prière au ciel, à la terre et aux génies, le domestique entre précipitamment dans la bibliothèque, et annonce le gouverneur. Han-feï-king, surpris , cache les pièces d’or dans l’étui d'un livre.

LH OOUVF.RÎfKUR.

Bachelier, je voulais venir vous voir tous ces jours-ci; mais je suis retenu par les affaires ; je vous en prie , ne m’en veuillez pas.

■Aif-mti-aiiTG.

Gouverneur, vous êtes trop bon.

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