PAN-SOU
Si madame vient à le savoir, elle dira qu’elle connaît la coupable, que c’est Fan-sou, celte petite scélérate ; puis elle m’appellera et me fera mettre à genoux. La nuit devient obscure; retournons-nous-en. Holà ! je crois entendre l’arrivée de quelqu’un.... La nuit devieut sombre; retirons-nous.
MAO-MAN
Eh bienl marche U première; je te suivrai.
pan-sou. (Elle chante.)
« L’éclat de la lune peut nous trahir : je meurs d’inquiétude. »
Fan-sou , envoyée dp" madame Han savoir des nouvelle* du bachelier tombé malade, le trouve vraiment près de perdre la raison. Il faut voir de quel ton l’espiègle soubrette, transformer en docte lettré, cite au bachelier tous les textes d’auteurs classiques qui recommandent à un étudiant de mépriser l’amour et de ne s’occuper que du progrès de ses études; mais la petite prêcheuse finit pourtant par s’adoucir et par se charger d’un message pour sa maîtresse. Nouvelle scène fort jolie entre Fan-sou et Siao-man ; colère simulée de celle-ci en recevant la lettre de l’étudiant; menaces de faire châtier Fan-sou par sa inère; feiute terreur de la messagère, qui reprend bientôt l’offensive et menace, à son tour, d’aller tout déclarer à madame Han ; frayeur très-réelle de Siao-man et magnanimité de la soubrette, qui pardonne et consent même à porter une réponse au bachelier. Elle fait plus encore aue dé lui remettre un billet; elle lui donne, comme de la part de sa maîtresse, un rendez-vous dans le jardin. Ces deux scènes charmantes, qui sont la sixième et la septième du deuxième acte, méritent d’étre mises sous les yeux du lecteur; les voici :