‹ Chine moderne, ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinoisChapitre 263 sur 292 · I.S I.ETTKli · texte numérisé non relu

I.S I.ETTKli

Quelle «I voire opinion sur le Pi-pa-kl ? l/ÉDITEUll.

Moo opinion est celle de Mao-tseu. Écouter ce qu'il dit dans sa préface :

, Dn ministre qui sert son prince , un (ils

3ui voudrait servir son père et sa mire , eur époux accomplis, ope femme légitime et une concubine qpi s'aiment, des amis qui s« secourent : voila le, principaux personnages que Kao-tuiig-kia a introduits dans son drame. A uni , dès qu’on ouvre un marrlié quelque part, dans le plqs petit des hameaux, si une truupe de comédiens arrive, et que les acteurs montent sur la scène pour jouer le Pi-pa-ki, c’est à qui viendra les entendre. Et quand ils se mettépt à réciter les scènes de la Famine et de la Séparation, la fcéne si pathétique et si attendrissante uù Tsai-song implore la miséricorde dn fils du ciel i(pns le palais impérial p puis relies où Tehao-ouniaug vend if, chevelure pour acheter un cercueil, ft ramasse de l« terre pour éleser un toipheau : alurs, parmi tous les spectateurs, propriétaires, matrone» du lieu, jeunes pétris, bûcherons, vieillards vpnérah*s, on iicri suit pas uu seul qui u'ail les joues rouges et les oreijlrs huilâmes, (ait larmes epujent des jeux , tous les visage, sont consternés ; on (i entend plijs clf des soupirs , dis gémissements, des sanglots, des pris; et eçla dure jusqu'à la fin de Lft représentation.... Pour

iMW, 4“ Savants janvier i*43,

L’UN] VERS

moi, je l'avoue, la première fois que je lus le Pi-pa-ki , mon admiration fut si vive que je m'écriai , dans un accès d'enthousiasme : Ce diame est vraiment le livre du septième Thsaï-tseu I Puis, sur-le-champ, je travaillai à la révision du texte ; j’arrêtai avec beaucoup de soin la forme de chaque phrase, et je remis mon manuscrit à mon fils Siu-tchi , en lui ordonnant de collationner la copie sur l’original, d’y faire les changements utiles, et de m’aider à y mettre la dernière main. Plus lard , quand je relus cet ouvrage corrigé par mon fils, qui s’était acquitté de sa tâche à merveille , et avait partagé les morceaux lyriques en strophes régulières, adapté les airs aux paroles, il me sembla que je me trouvais face à face avec les anciens, et que j'avais fait revivre des personnages morts depuis plus de mille ans. Alors t'exaltai, en soupirant, l'inimitable facture de Kao-tongkia, et je oubliai une dissertation sur le Pipa-ki. Malheureusement, comme je souffrais à cette époque d’une maladie des yeux, tout le monde m'abandonna ; ie fermai ma porte et me mis à composer des livres : mais, réduit à écrire sur des ouvrages d'un genre moins relevé, sur les Tchouen khi (drames historiques^ de U dernière classe , je tombai dans la misere. -

Dans la misère I tel est le sort inévitable des hommes de talent. Il est à remarquer

Î|ue les plus grands écrivains de l’antiquité ureut tous malheureux. Tchouang-tseu vécut sur une montagne; KhiÔ-youen se noya dans la rivière Mï-lo ; Ssema-thsien subit un châtiment cruel ; Tou-fou , forcé de chercher un refuge dans un temple, y demeura dix jours sans manger. Des trois fils de Chi-wang-kao, on n’en cite pas uu qui ait obtenu une place. Oui, ces grands écrivains furent malheureux, si toutefois l’on peut dire qu’un homme qui tombe dans la pauvreté et ne perd pas pour cela son talent, son génie, soit réellement malheureux.

i,v lettré.

J’ai parcouru le catalogue de Han-hiu-tseu, qui a publié des dissertations fort savantes sur les pièces de théâtre de la dynastie des Touén ; j’ai vu la liste des auteurs dramatiques, depuis Tong-li jusqu'au dernier. Il y a en tout cent quatre-vingt -sept écrivains. Dfoù vient donc que l'auteur du Pi-pa-ki ne figure pas sur ce tableau? Est-ce que par hasard on ne reconnaissait pas, â cette époque, le mérite de Tong-kia ?

l’îditivi.

Non, certes, et le travail de Han-biu-tseu en offre une preuve. H y a environ trois cents ans que Mao-tseu publia le texte du Pi-pa-ki,

avec un commentaire perpétuel , et intitula ce drame historique le livre du septième Thsai-tseu. Tong-kia doit sa reputatiou à Mao-tseu.

U LETTRE

C’est-à-dire que Tong-kia a trouvé un panégyriste comme les autres. Le Pi-pa-ki a été commenté par Mao-tseu , de même que l’ouvrage de Tchouang-tseu l’avait été par Kouosiang , le Li-sao par Wang-y, les Mémoires historiques par Peî-yn , les Poésies de Toufou par Yu-tsi, l’Histoire des rives du fleuve et le Pavillon d'occident par Lo-kouau-tchong et Kouan-han-king. Lo-kouan-tohong est l’illustre auteur du San-kouë-tchi (Histoire des trois royaumes) ; Kouan-han-king. écrivain dramatique d’un talent remarquable, a com-

Csé soixante pièces de théâtre. On aurait pu mettre au nombre de Thsaï-lseu.

l’éditeur.

Vous avez raison. Au lieu de sept , nous en aurions neuf. Qu’importe le nombre?

LR LETTRÉ.

Savez-vous pourquoi et â quelle occasion Kao-tong-kia composa le Pi-pa-ki?

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