‹ Chine moderne, ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinoisChapitre 281 sur 292 · FÉVRIER · texte numérisé non relu

FÉVRIER

4. — 23* jour de la f2* lune. Fêtr du printemps. Elle est solennisée le même jour dans toutes les provinces de l’empire. Le tchi-fou , ou premier magistrat du département, sort le matin Je son palais; il est couronné de fleurs, porté dans sa chaise au bruit de divers instruments et précédé d'une troupe nombreuse. Sa chaise est entourée ou suivie de plusieurs brancards ornés de riches tapis de soie, sur lesquels sont placées des figures qui représentent des personnages mythologiques. Toutes les rues sont tapissées et garnies de lanternes, et l’on y elève d'espace en espace des arcs de triomphe.

« On promène, dans cette cérémonie,

(*) Voyage en Chine, p»r J. Rirrow ; t. I**, p. 346.

(**) An anglo-chineee Calender for i85o; Canton, i85o.

L’UNIVERS

un grand buffle de terre culte et dont les cornes sont dorées : quarante hommes ont quelquefois beaucoup de peine à le porter. Un enfant le suit, ayant un pied chaussé et l'autre nu ; on le "nomme l'esprit du travail et de la diligence. Il frappe sans cesse avec une verge ce simulacre de baffle, comme pour le fafre avancer. Il est suivi de tous les laboureurs, armés de leurs Instruments aratoires. Des masques, des comédiens ferment la marche, et donnent au peuple des spectacles plus ou moins grotesques.

« Le gouverneur s’avance vers la porte orientale de la ville, comme s’il voulait aller à la rencontre du printemps (ying-t'chun), et de là II retourne à son palais , dans le même ordre.

Lorsqu'il y est arrivé, on dépouille le buffle de tous ses ornements ; on tire de son ventre un nombre prodigieux de etits buffles d’argile, et on les distriue à tout le peuple. On met en pièces le grand buffle et le* morceaux en sont également distribués. Le gouverneur termine la cérémonie par un discours à la louange de l’agriculture et par une exhortation (*). »

S. — 24' jour de la 12" lune. C’est le jour où le dieu du foyer ITsaochin), qui, dans l'intérieur de chaque maison, enregistre l’une après l'autre toutes les actions des hommes, bonnes ou mauvaises, monte au ciel, pour y en rendre un compte fidèle et véridfque. Le nom de famille de ce dieu est Tchang, son nom propre Tan, et son nom d’Itonneur Tseu-ltouo. On le représente ordinairement vêtu de rouge, comme une belle femme. Son épouse, nommée King-ki, lui a donné, six filles, qui toutes se nomment Thta (**).

Les Tao-sse ont pour Tsao-rhin une dévotion tout à fait exemplaire.

11. — 80* jour de la IJ* lune. DES- CENTE DES DIEUX SUR LÀ TERRE.

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