‹ Chine moderne, ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinoisChapitre 287 sur 292 · e jour de la 11' lune. Fûte du Bouddha vivant · texte numérisé non relu

e jour de la 11' lune. Fûte du Bouddha vivant

Jigitizec

3g le

(*) \ O JM plu» bmt, p. »«.

jeux dbs chinois. sont toutes de la même couleur, et des

raies seules les distinguent les unesdes Jeu det échecs , Les Chinois con- autres. Voici, d’après M. Joseph Lanaissent les échecs depuis un temps vallée, à qui M. Stanislas Julien , de

immémorial. L’échiquier, dont ils se l'Institut, avait fourni plusieurs ren-

servent esi, comme le nôtre, composé geignements, la description exacte d’un de soixante-quatre cases; mais elles ne échiquier chinois. Cette description se sont pas, de même que chez nous, al- trouve dans le Palamède du 15 décent* ternativement noires et blanches : elles bre 1843.

Rivière (hA).

«L’échiquier chinois, dit M. Joseph Lavallée, est traversé d’un côté à l’autre, par une bande de la largeur d’une rangée de cases. Cette bande s’appelle ho (rivière) ; elle partage l’échiquier en deux camps de trente-deux cases chacun. Le plus souvent les pièces sont simplement des disques d'ivoire ou de bois, sur chacun desquels est tracé le

caractère qui indique son nom. Elles sont de deux couleurs ; ordinairement les unes sont noires et les autres rouges. Elles ne se placent pas sur le centre de la case, mais au point d'intersection des lignes qui circonscrivent les cases; en sorte que, bien que l’échiquisr n’ait que huit cases de largeur, chaque rangée peut cependant contes**

L’UNI VERS

neuf pièces. Les lignes qui divisent l'échiquier parallèlement a la rivière, y compris les deux bords de celle-ci, sont au nombre de dix, ce qui donne sur l’échiquier chinois quatre-vingt-dix positions.

« Le gain de la partie consiste à mettre en prise, sans qu’il puisse échapper, le général adverse, le tsiang, qui correspond au roi du jeu européen. Lorsqu’il est échec, il faut qu’il change de case ou qu’il couvre l’échec à l’aide d’une autre pièce. Le tsiang se place à la première intersection de la ligne du milieu. Ensuite vient le lettré ou ministre sse, qui remplace la daine de notre jea, avec cette différence toutefois que chez nous la dame est unique, tandis que le sse est double. L’un se place à droite , l’autre à gauche du tsiang ; à côté de chaque ministre se tient un éléphant, siang. C’est notre fou français, le bishop anglais, etc. Ensuite vient le cheval ma. Aux deux extrémités de la ligne sont les chars tche, qui font à peu près l'office de nos tours.

<• Sur la seconde ligne, devant chaque cheval, se tient un pao (canon). Le pao peut sauter par-dessus les autres pièces. Sa marche a même cela de particulier, que pour qu’il attaque une autre pièce, ’ il faut qu'entre I epaa et celle qu’il attaque il s’en trouve une troisième qui, comme on dit , lui sert d’affût. Au reste, ce peut aussi bien être une pièce de l’adversaire qu’une de la couleur du canon. Mais quand le pao n’a pas d’affût. il ne peut pas frapper. Ainsi le tsiang qui, couvert par une pièce de son jeu, est attaqué par un canon, se debarrasse de son attaque en se mettant à découvert; car, de cette manière, il prive le pao de son affût.

« Cinq fantassins ou pions (ping) occupent les intersections impaires de la troisième ligne. En sorte qu’il n’v a de ping ni devant les ministres ni devant les canons.

« Parmi les nièces, il en est qui sont destinées a ladrfenseetqui ne peuvent traverser la rivière ; ce sont les chars (tche). les canons (pao) (’) et le général (tsiang).

(*) D’après Grosier, les chars et les canons

peuvent traverser la rivière.

> Le pion, qu’on appelle le plus souvent ping (fantassin), mais aussi quelquefois jin (homme), ne fait qu’un pas.

Il attaque à droite et à gauche, traverse la rivière dans sa largeur et avance ou reoule (*), sans laisser de trace de son passage.

« Le cheval peut sortir et passer la rivière. La traversée de la rivière est comptée pour un pas (**). »

Cerfs-volants. « Suivant l’Encyclopédie chinoise, Khe-tchi-king-youen (liv. LX, fol. 8), dit M. Stanislas Julien, la tradition attribue l’invention des cerfs-volants au célèbre général chinois Han-sin, qui vivait l’an 206 avant Jésus-Christ. Ce ne fut que plusieurs siècles plus tard que l’on songea à les faire servir à l’amusement des enfants.

« Ce général (dit l’ouvrage iutitulé Tching-tchai-tsa-ki ) convint avec Tehin-y qu'il entrerait par le centre même de la ville qu’il assiégeait; mais comme il ignorait la distance qui séparait son camp du palais Weî-yang-kong, où il voulait pénétrer par un chemin souterrain, il fit construire un grand cerf-volant qu’il lança, par un veut favorable, dans la même direction (en tenant compte sans doute, de la longueur de la corde et de la courbe qu’elle décrivait).

• Dans la troisième année de la période Thaï-thsing, du règne de l’empereur Wou-ti,de la dynastie des Liang (l’an 549 de Jésus-Christ), Heou king assiégeait la ville deKing-thaî. Comme les habitants de la ville ne pouvaient faire connaître au loin leur position critique , iis construisirent, en papier, un grand nombre de cerfs-volants, et les lancèrent pour demander du secours au dehors.

• Heou-king, les voyant s'élever dans les airs, consulta ses officiers : « Par- « tout où arriveront ces cerfs-volants, « dit l’un d’eux, nommé Wang-weî, ils « donneront des nouvelles des assiégés

(*) D’après Grosier, le pion ne recule jamais.

(**) Voyez le Palamide , Revue mensuelle des échecs et autres jeux, 1 5 décembre i84i, a* série, p. a8i et *8» (article do M. Joseph Lavallée).

’ « et feront connattre leurs besoins (*).•

• Les cerfs-volants chinois, dit l’abbé Grosier, l’emportent sur les nôtres par leur ingénieuse composition ; ils ont des formes plus variées, plus agréables, des couleurs plus riches et plus éclatantes. Tantôt ils offrent l’image d’un immortel qui s’élève majestueusement , porté sur un nuage ; tantôt ils représentent des oiseaux de proie, des dragons ailés, de brillants papillons, des animaux, des monstres (**).»

Les dés, les cartes et les dominos sont connus des Chinois. Quelques savants ont pensé que Marco-Polo, à son retour de la Chine, apprit aux Vénitiens l’usage des cartes et que ceux-ci les introduisirent dans le reste de l'Occident. Le sabot qu’on fouette avec des lanières, la toupie, le petit palet, la boule, l’escarpolette, la balançoire, font à la Chine l'amusement de 'l’enfance et de l'adolescence.

Page 1