‹ Chine moderne, ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinoisChapitre 34 sur 292 · XVIII' PROVINCE. KOUEI-TCHÉOU · texte numérisé non relu

XVIII' PROVINCE. KOUEI-TCHÉOU

Capitale : Kouei-yang-fuu.

Population en 1813 : 6,388,319

habitants.

Aperçu général. La province de Kouei-tchéou , la dernière et la moins importan te des provinces de la Chine, a pour capitale Kouel-yang-fou , ville située à 764 lieues sud-ouest de l’i-klng.

Elle a 109 lieues de l’est à l'ouest, et 77 du sud au nord ; elle comprend douze départements , treize arrondissements, et trente-quatre cantons; plus un arrondissement ressortissant directement au gouvernement central.

Les départements sont .•

1° Koitei-yang-fou ,

T Sse-nan-fou,

3* Sse-tchéoufou,

4" Tchln-youan-fou ,

5° T/ioiingdin-fou ,

6“ U ping-fou,

7» Can-ch un-fou,

8* lling-i-fou,

9" Tou-yun-fôu,

10 Chl-tsien-fou ,

11° Ta-ting fau ,

13’ Tsun-i-fou.

Caractère physique. La province de Kouei-tchéou se trouve située au sud-ouest du territoire de l'empire , entre les provinces de Hou-kouang , Sse-tchovan, Yûn-ndn et Kouang-si.

Elle renferme un grand nombre de montagnes inaccessibles, dans le sein desquelles se sont réfugiées, depuis plus de trois mille ans, les premières peuplades indigènes de la Chine, lorsque des émigrations de races déjà civilisées entrèrent dans ce pays par la province occidentale du Chen-si , et refoulèrent les indigènes dans les provinces montagneuses qu'ils ont continué d’occuper pendant cet immense laps de temps , en conservant leurs mœurs primitives aussi intactes, aussi incorrompues (si l'on peut s’exprimer ainsi, pour qualifier cette civilisation contemporaine de Nemrod), que s’ils avaient été dès lors complètement isolés du teste du monde! C’est là qu’habitent les Lo-lo, blancs et noirs, qui paraissent cire de la même race que les habitants ^royaume d'.tva, et les Miao-tseu ,

* fils des champs incultes, » comme

les appclaientdéjà les Chinois il y a plus de trois mille ans (*), débris très-curieux ponr l'histoire du genre humain , de cette grande race primitive de l'ancien continent asiatique, qui n’a pas été assez étudiée, et qui mériterait de trouver son historien dans la race civilisée avec laquelle il semble que c’est sa destinée d’étre en lutte sur toute la surface de la terre jusqu'à son entière destruction!

Les montagnes du Kouei-tchéou renferment des mines d’or, d’argent et de cuivre ; celles de mercure y sont abondantes. Les chevaux élevés dans les vallées de cette province sont ardents et robustes; ils passent pour les meilleurs de la Chine. On y fabrique des étoffes d’une plante nommée ko, qui ressemble au chanvre.

Chef-lieu de la provincb. La capitale de la province de Koueitchéou est Kouet-ydng-fou, ville fortifiée, de près d'une lieue (» li) de circonférence. Ses maisons sont construites en partie de terre , et en partie de briques; un bras de rivière la traverse. Il s y fait peu de commerce.

Ponts remarquables. On remar-

£e, dans le département de TaX-ping, ux ponts qui méritent d’étre mentionnés. L’un de ces ponts, nommé Tniénsëng khiào , « pont produit par « le ciel , » est situé à dix lieues au nordest de fk'eï ning tchéou. Ce pont consiste en une seule pierre d’une énorme dimension, jetée sur un torrent, et ap-

P Yoy. L 1 , p. 56. U Grande géographie impériale donne plusieurs Notices sur les Miao-tseu . ù la suite de la description de chaque departement de la prutince du Kouei-tchéou (voy. k. 33o-3a«), sous le litre général de : lilido-nuiu « barbares niiào, qu'elle appelle aussi tboit-jin , « hommes de la terre , du sol , • c'est-à-dire indigènes, (les Notices viennent immédiatement après celles qui sout données sur les productions naturelles de chaque département , comme l’or,

Y argent, le fer, le cuivre , Y étain, le set , etc. D’après ces mêmes notices, les tüiao-tuu seraient divisés en un grand nombre de tribus, comme les Arabes et, au reste, tous les peuples primitifs ; et chacune de ces tribus aurait quelque caractère distinctif des autres tribus. Nous regrettons que l’espace ne nous |*em»rite pas d'entrer ici dans de plus grand» détails à ce sujet.

L’UNIVERS

puyée des deux côtés de ce torrent sur des rochers escarpés. Cette pierre se trouve ainsi placée à plus de 31” 500”” (plus de 10 tchdng) d élévation au-dessus du torrent, et elle a bien I li (400 mètres) de longueur (*)• Cette pierre est justement assez large pour le passage d’un homme (kin yoûng ijin). Si deux hommes se rencontrent sur ce

Iiont, ils ne peuvent avancer ni l’un ni 'autre, et sont obligés de rétrograder.

Ceux qui entreprennent de le passer portent une torche allumée pour éclairer leur marche (**).

L'autre pont, situé à 9 lieues à l'ouest de la ville cantonale de Pie-tsie, est jeté sur le fleuve nommé Tsi-sing , ou des sept étoiles ; et le pont porte aussi le nom de Tsi-slng khiâo , « pont des « septétoiles.» 11 reposait primitivement sur des colonnes de fer, et des chaînes de fer suspendues supportaient le radier du pont. Depuis, on l’a remplacé ar un pont flottant, composé de sept aleattx.

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