EMPEREUR
NOWtUES HOKNÉS CAR LES ÉCRIVAINS CHINOIS.
régnant*.
Famille*
contribuable*.
Bouche*
valides.
Avant J.C.
Hia
Apres J. C.
Hiouen-ti
Hocf-Uouog
Hou pi lie ...
Soung
I Mongole
Chili- (sou UK
ld
Kien-loung
Kiaking
Les six premiers de ces recensements, ainsi que le huitième, sont tirés de V Examen de divers ouvrages et documents ( Kiun-chvu-pi-khao ), écrit sous les Ming; ceux de 1730 et 1743 sont tirés de la Grande Géographie impériale; celui de 1763, du Tai-thsing hoel-tien (édit, de 1764); et celui de 1761, d'un manuscrit chinois qui existe à la Bibliothèque royale de Paris. Celui de 171)2 fut communiqué h lord Macartney, ambassadeur a Pé-king, par un ministre d'Etat.
On voit, par ces divers recensements, que la population chinoise n’a pas suivi un accroissement toujours progressif.
I.a cause en est due au; nombreuses révolutions politiques que la Chine a subies dans le cours des siècles; aux troubles survenus pendant les changements de dynasties , les conquêtes , et au régime plus ou moins favorable des gouvernements qui se sont succédé.
Les divers recensements ont eu lieu par familles contribuables ou par bouches , selon l’assiette de l’impôt qui était établi tantôt par familles , tantôt par bouches; car ces recensements n’étaient faits que dans ee but, et non pour le simple plaisir de fournir des documents à des amateurs de statistique.
Ün pourra être surpris que, de 1761
à 1812, dans l’espace de cinquante et un ans , la population chinoise se soit accrue de 162,064,973 bouches. Quelques faits analogues pourront servir à expliquer celte énorme progression.
D’après le recensement de 1836 , la population de la France était
de 33,.r>40,‘JI0hab.
En 1846, elle était de.. 30,400,486
Augmentation 1,839,576 liai).
C’est près de deux millions en dix ans. Si la même progression se maintient, en cinquante ans, c’est-à-dire, en 1896, l’augmentation sera de 10 millions, et la population de la France sera alors de 45 millions d'habitants. On aura donc, pendant cinquante et un ans, pour la France, uu, accroissement de population de 30 pour cent, tandis qu'en Chine il est de 81. Mais il y a des pays, en Europe, où la population s'accroît beaucoup plus rapidement qu’en France, par des causes bien connues. En Irlande, par exemple, la population a double en trente ans ; l’accroissement a donc été de cent pour cent dans cet espace de temps ! Pourquoi, sous ce rapport, la Chine serait -elle moins privilégiée que l’Irlande (*)?
(*) Selon les documents présentés ail parlement anglais eu 1846 , la population de la Grande-tir ctttÿiie (les trois rojauuies) s'est
Il est une autre considération qui, à elle seule, doit faire tomber toutes les objections que l’on pourrait faire contre le chiffre de la population chinoise, laquelle, en prenant pour base la loi de son accroissement (d’environ 3 millions par an), doit être, au moment où nous ccrivous, de 460 millions; c'est que, par suite de sa manière de vivre, principalement en riz, il faut beaucoup moins de superficie fie terre pour subvenir à la subsistance d'un Chinois que d'un Européen, et qu’ensuitc la plus grande partie du sol est consacrée, en (ihine, à produire la subsistance de l'homme, et non celle des animaux, et qu’en outre les fleuves et les canaux dont la Chine abonde portent et nourrissent une très-nombreuse population.
« La surface entière de la Chine, » dit George Staunton , dans sa Relation de l’ambassade de lord Macartney (t. Il, p. 544, édition anglaise), » à Ires-peu « d’exceptions près , est consacrée à « la production des subsistances pour ■ l’homme seulement. On n’y voit point <• de prairies, très-peu de pâturages, an- « cun champ cultivé en avoine , en "fèves ou en navets, pour l'entretien « d’aucune espèce de bétail. Ou y voit « peu de parcs ou de jardins de’ plai- « sance, excepté ceux qui appartiennent
accrue, en quaraule-cinq ans, de 8,630,938 ; car eu 1801 elle était de (0,943,646,
et en 1845 de «, 19,073,574.
En i8j3 , daua l'espace de cinquante el un ans, elle aura probablement doublé, l'accroissement étant d'environ auo,ooo individus par an. L'accroissement de population pour la Grande-Bretagne, pendant le même intervalle de temps , sera donc plus élevé qu'en Chine, puisqu’il sera de 100 pour 100! On voit par là combien les objections faites contre le fabuleux accroissement de la population chinoise, et l'exagération prétendue des statistiques de son gouvernement, ont peu de valeur.
La petite différence que l’on remarque entre le chiffre de la population chinoise donné par le document traduit , et celui de notre tableau synoptique , provient dece que, [tour composer ce dernier, nous avous relianebé la population additionnelle de quelques dépendances non comprises dans la Chine propre , et qui, par conséquent, 11e devaient pas entrer dam les éléments de comparaison statistique.
« à l'empereur. Les routes , qui sont « rares et étroites , n’occupent que peu s de terrain , les principales comniuni- <■ cations ayant lieu par eau. Il n’y a a point de communaux; on n’y laisse « point île terres eu friche par né- « gligence, par caprice, ou pour le plai- » sir des grands propriétaires ; et les « terres arables n’y demeurent jamais « en jachère. Le sol, sous un chaud el « fertilisant soleil , donne annuellcx ment , dans la plupart des cas , deux « récoltes, parce que ces récoltes sont « appropriées par la culture à la na- « ture même du sol, et, à son défaut, « par son mélange avec d’autres.terres, « par l'application de différents engrais, «par l'irrigation, enfin par l’industrie « la plus active , la plus judicieuse et « la plus variée. »
3° La population spécifique par kilomètre carré , ou cent hectares, est le résultat de nos calculs. Cette population spécifique peut à elle seule faire juger de l'abondance et de la richesse relatives de chaque province. Celle oit la population est la plus dense est celle du Kiâng-nûn, dont Ndn-kiug est le chef- lieu ( comprenant actuellement celles de Kiüng-sou et de Ngan-hoéï), qui est effectivement la plus riche, ia plus fertile, la plus commerçante ; celle uù la population est la plus rare est celle du )ti n-n&n, située sur les frontières de In Cochinehine, de l'empire. birman et du Thibet, où se trouvent beaucoup de montagnes et de terrains déserts. La province de Tchi-U, où réside la cour, ne vient qu’en troisième ordre, après celle de Tché-kiâng.
En prenant la population spécifique la plus élevée, celle de Kiâng-nciu, ou trouve qu'elle n'est pas encore aussi dense que celle du departement de la Seine , l'aria non compris; et celle du département du Nord, d’apres le recensement de 1840, étant de 195, est plus dense que celle de la province de Chan-lounq , la troisième dans l'ordre des densités, qui n'est que de 173. Et, ce qui étonnera le plus , la population spécifique de la province du } ûn-ndn est la même que celle du département le moins peuplé de la France : celui des Basses-Alpes! On voit donc que cette population de la Chine , qui parait fm-
L’UNIVERS
possible à la sagacité de nos géographes , a ses équivalents, sous nos yeux, sur plusieurs points de la France. Et, si on prend seulement la population spéciiique moyenne de la Chine, qui est de 100 'J par kilomètre carré, ou 100 hectares (I habitant par hectare), on verra que la population est plus nombreuse en Belgique et en Irlandequ'en Chine(’).
4° Le chiffre des terres imposées comme donnant un produit par la culture, dans les 18 provinces de la Chine propre , parait grandement en disproportion avec la superficie absolue. Cependant, d'après le dénombrement qui fut présenté a l’empereur Kia-klng en 1812 (voy. ci-devant), les terres en culture quelconque , sur lesquelles est réparti l'impôt territorial , paraissent avoir été cadastrées avec beaucoup de soin , du moins d’après l'énumération qui en est faite. Malgré cela, ces terres en culture ne forment que le septième de la superücie absolue du territoire.
Ici encore il nous faut chercher, comme pour la population, si ce qui, au premier aperçu, semble tout à fait invraisemblable, ne peut pas être à peu près la vérité.
D’après la Statistique agricole de la France, publiée par le ministère du commerce en 1841 , la totalité des terres imposables est de 49,878,203 hectares, les terres non imposables n’étant que de 2,890,409 hectares : ensemble, 52,768,610 hectares. Il en résulterait que le chiffre des terres imposées est plus élevé de 2, 510.910 hectares en France qu'en Chine. Ce résultat renverserait de fond en comble l’opinion admise jusqu’ici que la Chine est le pays le plus et le mieux cultivé du monde, et qu’il n’y a pas jusqu’aux pentes rapides des montagnes et aux rochers les plus stériles qui ne. soient exploités par les industrieux Chinois. La question posée en ces termes, d’ttne manière
(*) D’aprci le dernier recensement fait en 1846, la population spécifique moyenne de U France serait de 65; la population totale étant de 35,400,486, et la superficie du territoire étant de5 40,085 kilomètres carrés, c’està-dire 6 fois 7— moins grand que celui des dix-huit provinces de la Chine, et la population de celiereci ru fuis plus élevée que celle de la France.
générale , donne assurément une solution tout à fait contraire.
Ce n’est pas ainsi que la question doit être posée et résolue.
De même que la population est très- (lense dans certaines provinces de la Chine et très-rare dans d’autres, la proportion des terres cultivées et imposées suit la même progression ascendante ou descendante. Ainsi . dans le Kiàng nàn , partie de l’empire la plus peuplée, les terres cultivées et imposées forment presque le tiers de la superficie absolue de la province; tandis que, dans celle de Yûn-nàn , elles n’en forment que la 49' partie, et, dans celle de koueï-tchéou , la 99"! Les écrivains européens qui ont parlé de l’extension extraordinaire de la culture chinoise l’ont fait après avoir vu seulement les contrées les plus riches, les plus fertiles, les plus peuplées; et iis ont eu le tort de généraliser un fait qui n’était qu’exceptionnel. Nous conviendrons cependant que les missionnaires français qui ont habité longtemps la Chine, et qui, par conséquent , auraient dû bien la connaître, ont soutenu que la presque totalité du sol, en Chine, était en culture. I.e P. Amiot, entre autres, dit ( Mémoires sur les Chinois, t. VI, p.
306) que « partout où il y a un pouce « Ue terrain propre à la culture , il se « trouve un Chinois pour le cultiver. » Et, récemment encore, le P. I.amiot, missionnaire lazariste, dans une lettre datée de Chine, 19 février 1820, dit, en parlant du Chan-si, qu’mie immense population habite ce pays de montagnes si peu fertiles, et qu'il est cultivé avec un si grand soin, qu'on y tire parti du plus petit espace de terrain.
Ou ces assertions sont très -exagérées, ou il faut les restreindre à certaines provinces, et même a certaines portions de ces provinces ; ou, enlin, le dénombrement of/iciel des terres cultivées et imposées est bien au-dessous de la vérité. Il est présumable que ces trois suppositions sont egalement vraies (*).
(’) Ce qui coufiriuerait les deux premières, ce sont les liguessuivaiiles tiréesde Duhalde: „ Mais qui jugerait du gros de la Chine par
Quoi qu’il en soit, voici cdmment se répartissent les terres cultivées et imposées :
provinces.
TERRES possédées par la.
population.