‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 101 sur 238 · REPRISES DES CONQUÊTES THIBÊTAINES · texte numérisé non relu

REPRISES DES CONQUÊTES THIBÊTAINES

Cette même année 692, le gouverneur chinois de Tourfün {Si’tchéou) , secondé par le prince turc Msoiatchoimg, à la tête d’un corps de Turcs occidentaux , et conduisant une armée considérable de troupes chinoises , reconquit , sur les Thibétains , les quatre gouvernements militaires que ces derniers avaient enlevés aux Chinois quelques années auparavant. Le gouvernement général chinois des pays occidentaux fut alors établi à KoueU tseu ou Kou-tchéj et les princes feudataires qui avaient quitté le parti chinois , furent forcés de rentrer dans l’obéissance.

(*) «Elle avait fiiit faire de petits colTrels de cuivre , où , par un trou pratiqué dans le couvercle, on pouvait déposer des billets. L’impérabice voulut que chacun fut libre d’y faire entrer des accusations contre ceux qui paraitraient mécontents du gouvernement. Elle envoya partout des gens de confiance pour récompenser tous ceux qui feraient en secret de pareilles dénonciations. » (Gaubil.)

FAVORITI.SHB D’ON AECNB BONZE OD PRÊTRE DE FO. CONSTROCriON D’ON TEMPLE DE LA LUMIÈRE ET D'D.t TEMPLE OU CIEL.

L’année 694, le bonze Hoaî-y, favori de l’impératrice, eut ordre de faire construire un temple, appelé Temple de la grande Lumière ( tamir^-tang), et un Temj^ du Ciel (thian-tang) , au nord du premier.

Dix mille hommes y travaillaient chaque jour , et la dépense fut si grande

?u’elle épuisa le trésor. Le Temple du 'iel était partagé en ci nq étages. Quand on était arrivé au troisième étage , dit un historien chinois, et qu’on regardait le Temple de la Lumière^ qui n’était qu’à quelques pas , il fallait plonger ses regards comme dans un précipice; ce qui peut faire juger de rélévation de ce Temple du del. Ce bonze avait

Cu’à mille disciples jeunes et ro- «s. Un censeur crut qu’il y avait du désordre; il accusa le bonze. Les disciples de ce dernier furent exilés, et on ne décida rien à son égard. Seulement il eut ordre de faire teindre de sang de bœuf une statue de deux cents

Î lieds d’élévation, qui fut placée dans eTemple de la Lumière.Dansce tempslà, un médecin s’insinua dans les bonnes grâces de l’impératrice ; le bonze en fui jaloux , et il mit secrètement le feu au temple qu’il avait fait bâtir. Tout ce qui était déjà construit fut brûlé. Le feu se communiqua au palais et à la grande salle du trône, et tout fut consumé. L’impératrice dissimula; elle se contenta de rejeter la faute sur le peu de prudence ou l’inattention des ouvriers. Ces sortes d’incendies sont de très-mauvais présages à la cour de Chine, dit le P. Gaubil, et passent pour des signes de la colère du ciel. Un grand mandarin voulait que l’on cherchât à apaiser la colère céleste; mais un autre, qui appréhendait apparemment les suites des recherches, porta l’impératrice à ne pas exécuter ce qu’elle avait d’abord résolu de faire. bonze eut ordre de travailler à refaire le Temple du Ciel et la grande salle du trône. Il fit fondre du cuivre, et en fit faire de grandes

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L’U^]VKRS.

tables et de grandes urnes, où l’on voyait la description de tout ce qui se trouvait dans l’empire. Il lit faire aussi douze statues ou idoles , hautes de dix pieds chacune. Le bonze eut quelque soupçon qu’on l’examinait; il fut inquiet, et il tint des discours dont l’im- ^ratrice se trouva offensée. Sur ce rapport, cette princesse lit battre secrètement le bonze, qui mourut des coups qu’on lui donna. A l’occasion de l’incendie, l’impératrice ordonna qu’on lui offrît des placets, mais sincères et sans flatteries. Alors un grand mandarin dit qu’il fallait cesser les travaux pour le Temple de Fo ; un autre exposa en quatre articles les défauts du gouvernement.

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