BELLE CONDUITE D'UN GÉNÉRAL CHINOIS
Le Itérai chinois Peï-hing-kien ayant lait prisonnier deux Ko-han ou Khans des Turcs orientaux, dans le pays des Ortous, une des conditions de leur capitulation fut qu’on ne les ferait pas mourir. Cependant le général chinois les ayant fait conduire à la cour, on leur fit trancher la tête. Ce général eut beau représenter que cette exécution était injuste , qu’elle le déshonorait , qu’elle pouvait avoir des suites fâdieuses , on n’eut point égard à ce qu’il disait. Ce brave militaire en conçut tant de peine qu’il ne voulut plus servir. Il se retira, et en mourut de chagrin , regretté de tous les hommes de guerre, et de tous les honnêtes gens. Combien d’exemples semblables de capitulations violées par des pouvoirs supérieurs; mais combien peu sont morts de chagrin de les voir violées !
Pendant que l’impératrice Wou- HÉOü tenait l’empereur qu’elle avait fait nommer en exil, loin de la capitale, pour régner en son nom, plusieurs révoltes, fomentées dans le but de délivrer l’empereur captif, fiirent réprimées ; un grand nombre de mandarins , de personnages distingués, de princes de la famille royale périrent.
Cet état d’anarchie où les meurtres , les exécutions sans jugement se succédaient sans interruption , ne pouvait durer. L’impératrice régnante fit venir
CllIKE.
(le toutes les provinces (692) ceux qu'on lui avait proposés pour être employés. Les mandarins qu’elle avait dépéchés partout , avaient ordre d'envoyer à la cour ceux qu'ils jugeraient capables de donner de bons conseils pour le gouvernement. L’impératrice les employa tous ; mais elle ut secrètement examiner leurs talents. Elle voulut reconnaître par elle-même le vrai et le faux des accusations secrètes que les mandarins avaient faites, et ui avaient fait périr tant de princes u sang, d’illustres personnages, et des mandarins innocents. Cette impératrice, que le sentiment de la justice inspira un peu tard, fit mourir plus de nuit cent cinquante de ces faux accusateurs , dont elle avait elle -même provoqué les infâmes délations (*).
Cette mesure politique apaisa un peu les esprits, et plusieurs bons mandarins entreprirent de faire revivre la justice et l'équité , et de faire cesser la tyraunie.