TRAITE FAIT AVEC UN KHAN OU CHEF DES TURCS
L’année 697, l’impératrice conclut un traité avec Mk-tcho, roi des Turcs , pour tâcher de l’engager à attaquer les Khitan ou Tartares. Par ce traité , l’impératrice donnait au chef turc des lettres patentes de Khan; elle lui rendait tous les Turcs faits prisonniers dans les guerres. On lui promettait le mariage d’un prince chinois avec sa fille; on lui accordait une certaine étendue de pays ; on lui donnait une uantité de pièces de soie , de mesures e grains, beaucoup de fer, et toutes sortes d’instruments aratoires. Le traité fut conclu , malgré les représentations de quelques grands mandarins à cet égard.
Ce chef turc devint bientôt si puissant, que l’année après (698) il se trouvait à la tête de quatre cent mille soldats. Il entra en Cnine , prit et saccagea
CHINE
la ville de Ki-tchéou, et fit de grands ravages dans le Pe-tchi-U. Mais, craignant de ne pouvoir résister à l’armée impériale , il résolut de s’en retourner en Tartarie sans l’attendre. En partant, il fit passer au fil de l’épée dix mille Chinois qu’il avait faits esclaves.
REMONTRANCES FAITES A LTMPÉRATRICB.
On trouve , dans le magnifique Recueil impérial, dont il a déjà été question plus d’une fois dans cet ouvrage, une Remontrance du sage ministre Ti-jin-kik, pour détourner l’impératrice Wou-HÉou de ses entreprises guerrières. En voici les principaux passages , que nous citons comme des documents curieux sur la manière dont , à cette époque , on considérait les nations étrangères à la cour de Chine : « J’ai toujours entendu dire ue le ciel avait fait naître les barbares ans des terres absolument distinguées des nôtres. L’empire de nos anciens princes , à l’est , avait pour bornes la mer ; à l’ouest , Léou-ma ou sables mouvants; au nord, le désert Tio-no; et au sud , ce qu’on nomme les Ou-Unq (les cinq chaînes de montagnes). Voila les bornes que le ciel avait mises entre les barbares et notre empire. A en Juger par nos histoires , divers pays où nos trois premières célèbres dynasties n’ont jamais fait passer ni leur sagesse , ni leurs armes , font aujourd’hui partie de votre domaine. Votre empire est non-seulement plus étendu que ne l’était autrefois celui des Yn et des Hia.
Il va même encore plus loin que celui des Han. Cela ne vous suffit -il donc pas ? Pourquoi porter encore au delà vos armes dans des pays incultes et barbares? pourquoi épuiser vos finances et accabler vos peuples par des conquêtes inutiles? pourquoi préférer à la gloire de gouverner en mix un empire florissant, le vain honneur de taire prendre à quelques sauvages le bonnet et la ceinture ?
"Chi-hoang-ti sous les Thsin, Wou-Ti sous les //are, se conduisirent ainsi. Nos plus anciens empereurs n’ont jamais rien fait de semblable.^
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