‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 109 sur 238 · GRANDES RELATIONS AVEC LES AUTRES ÉTATS DE L'ASIE · texte numérisé non relu

GRANDES RELATIONS AVEC LES AUTRES ÉTATS DE L'ASIE

C’est cette tolérance de toutes les doctrines , de toutes les religions qui se produisaient en Chine sous son règne, comme sous celui de l’empereur Taï-tsouno, qu’il avait pïis pour modèle , qui fit accourir en Chine, tant d’apôtres de doctrines étrangères , venus de tous les points de l’Asie.

L’empereur avait promis au roi du Thibet de lui donner une princesse de sa famille en mariage. Ce roi envoya des ambassadeurs pour engager l’empereur à tenir sa promesse ; et il lui fit demander en même temps les livres sacrés de la Chine , c’est-a-dire le Cki-king , le Chou-king, le Li-ki et le T’cAiwi-ts/eow.L’empereur reçut trèsbien les ambassadeurs , et leur accorda tout ce qu’ils demandaient. A ce sukt, un lettré, attaché par emploi à la garde des livres , regardant comme contraire aux anciens usages et à la saine politique de la Chine , que l’on envoyât à un roi barbare les livres classiques de sa nation , crut devoir s’y opposer de toutes ses forces. Il présenta une requête à l'empereur, que le P. Amiot a traduite ainsi :

« Autrefois le roi de Tmmg-ping, dont la famille était alliée à celle des Han, nui gouvernait alors l’empire , demanda avec instance qu’on lui donnât nos livres d’histoire et de philosophie. Il fut constamment refusé par l’empereur, son parent et son ami.

Aujourd’hui le roi du Thibet, qui est l'ennemi juré de notre nation , demande nos livres sacrés , et Votre Majesté ne fait aucune diiliciiité de les lui accorder; n’est-ce pas là lui prêter des armes pour nous combattre? Si les Tùu-fan ( Thibétains) , ses sujets , lisent une fois nos livres, leur entendement s’ouvrira; ils acquerront nos sciences , et avec elles l’esprit de prévoyance et de ruse; ils n'en deviendront que plus insolents et plus redoutables pour nous; en un mot, ils apprendront l’art de nous vaincre, et peut-être de nous subjuguer. Je sup-

plie Votre Majesté de ne pas donner à nos ennemis des flèches avec lesquelles ils ne manqueraient pas de nous percer, etc. »

L’empereur ne pensait pas comme ce lettre. Cependant il voulut proposer la question à son conseil des ministres. L’un de ces derniers Justifia la mesure en ces termes , en considérant la question sous un point de vue plus élevé que le vieux lettré :

« Les Thibétains , révoltés depuis bien des années, ne font que de se soumettre. Ils demandent humblement notre alliance et notre instruction. Les refuser, ou ne leur accorder qu'une partie de ce qu’ils souhaitent, ce serait les révolter encore. Je pense donc qu’il est très-à propos de les satisfaire, et de leur envoyer le Chouking, le Cfii-king, et tous ceux de nos livres qui pourront leur faire plaisir. Ils y puiseront les principes de la grande dcctrine , qui est sans bornes , et en deviendront meilleurs. Que ne pouvons-nous faire un pareil présent à tous les peuples barbares ! Bientôt toute la terre serait peuplée de sages, et nous n’aurions pas la peine d’assembler si souvent de nombreuses troupes pour réprimer l’insolence et la rapacité de nos injustes agresseurs.

Yu-hiéou-h ( l’auteur de la requête) ne fait pas attention aux avantages réels que Véttule des sciences procure aux hommes. Si quelques-uns en deviennent plus artificieux, plus rusés et plus méchants , le plus grand nombre y apprend les règles d’une bonne vie , celles de la sagesse et de la vertu. »

Les causes que nous avons signalées précédemment rendirent très-fréquentes les ambassades des autres Etats de l’Asie avec la Chine. On voit, dans la Notice sur l’Inde, déjà citée, que, pendant les années 714 et 7 1 5 de notre ère , le royaume de l’Inde occidentale, envoya des ambassadeurs offrir des productions du pays. L’année 717 , le royaume de l’Inde centrale envoya également une ambassade à la cour, pour offrir des productrons du pays. L’année 720, le même royaume de l’Inde centrale envoya un ambassa-

L’UNIVERS

deur à la cour; la même année, le royaume de l’Inde méridionale envoya un ambassadeur offrir des zibelines avec des perroquets de cinq couleurs.

L’année 725, le roi de l’Inde centrale envoya un ambassadeur présenter ses hommages à l’empereur. L’année 729, un prêtre samanéen, instruit dans les trois mystères bouddhiques , du royaume de l’Inde . septentrionale , nommé se rendit à la cour de l’empereur de la Chine, pour lui offrir du tchUhan (nom d’une certaine médecine), et d’autres médicaments de cette espèce. L’année 730 , le royaume de l’Inde centrale envoya un ambassadeur à la cour offrir un tribut. L’année 731. les royaumes de l’Inde envoyèrent à la cour offrir des présents.

SBCODBS DEMANDÉS A L'EMPESEOR CHINOIS

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