‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 110 sur 238 · PAR LES INDIENS CONTRE LES ARABES · texte numérisé non relu

PAR LES INDIENS CONTRE LES ARABES

Un autre fait plus curieux , consigné dans la même Notice, est le suivant :

« Selon la Relation des Fades, dans la période des années Kdi-youan{àe 713 à 742), un ambassadeur, envoyé par VInde centrale, vint à la cour, après avoir essayé de traverser trois fois Inde méridionale , offrir des oiseaux de cinq couleurs , qui pouvaient parler ; il demandait des secours contre les Ta-chi (ou Tat^'Ucs , Arabes ) et les Thou-fan (ou Thibétains) , et il se proposait pour être le général de ces troupes auxiliaires. » L’empereur chinois lui accorda sa demande. Mais les troupes chinoises furent battues par les Arabes , s’il faut en croire la version turque de l’histoire des khalifes, parTABAHi. «Cette même année, 87 de l’hégire (709 de notre ère) , fut glorieusement terminée par la défaite • de deux cent mille Tartares qui étaient entrés dans le pays des Musulmans , commandés par Teghaboun, neveu de l’empereur de la Chine. Les Musulmans reconnurent qu’ils devaient cette importante victoire à la protection de Dieu. » La légère différence des dates rapportées par les historiens des deux nations, n’autorise pas à admettre

que les troupes chinoises, battues par les Arabes, et que commandait un neveu de l’empereur de la Chine, étaient précisément celles qu’avait obtenues l’ambassadeur indien ; mais il résulte de ce rapprochement historique, que les troupes chinoises appelées par les États de l’Asie occidentale, eurent à combattre plusieurs fois la puissance déjà formidaole de la nation arabe sous les khalifes , qui fàisaient aussi trembler l’Europe. C’est à la mêine époque (732) que Charles Martel défit les Mores près de Poitiers, et leur enleva, par cette victoire glorieuse, la conquête de la France.

11 est dit aussi , dans une Notice chinoise sur le royaume de Fargana ( Ta wan{*) ) : « La 29* des années Kaî-youan (741 de notre ère) , le roi du royaume de CAe (5cAoicA) demanda des secours contre les Ta-chi (Arabes), secours qui ne lui furent point accordés. » Le roi de Schasch ajoutait que le khalife des Arabes était le^au de tous les États. » Ce même roi perdit son royaume huit ans après , sous le prétexte m’il était attaché au roi du Thibet, alors en guerre avec la Chine; et ce fut un général chinois qui , s’étant approche de la ville de Schasch avec uu grand corps de troupes , surprit cette ville où était le roi , et le Gt prisonnier. Il pilla le palais et la ville: il y avait , dit - on , dans ce palais , de beaux instruments de musique et beaucoup d’or ; le général chinois eut de quoi en charger cinq ou six chameaux ; il ût beaucoup d’esclaves, et enleva un grand nombre de chevaux. Arrivé à Si-ngan-fou, le roi de Schasch y fut rais à mort. Son fils courut les pays voisins pour avoir des secours, afin de combattre le général chinois dont la mauvaise foi et l’avarice irritèrent tous les princes du pays. Ces princes implorèrent le secours du khalife , et, pour se venger, ils résolurent d’attaquer les places qu’occupaient les Oiinois. Le khalife leur donna des troupes, et les joignit à celles du roi de Schasch

(*) Voy. le Kou-kin-tou-chou, lectioD Piaui-linii, liv. 5g, fol. i3.

CHINE

et des princes alliés. Le général chinois avait une armée de soixante mille hommes , presque tous Tartares , qui fut entièrement défaite. La bataille se donna près de la ville deTharas. Le fils du roi de Schaseh se fit tributaire du khalife.

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