‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 112 sur 238 · MARCHANDS ÉTRANGERS VENUS DE LTLE DE CEYLAN · texte numérisé non relu

MARCHANDS ÉTRANGERS VENUS DE LTLE DE CEYLAN

En 742, des marchands étrangers, venus en Chine par la mer du Sud , avaient apporté une quantié de choses précieuses du rouawne des lions (*), pour les offrir à rempereur de la part de leur roi, nommé Cki-lo-chou-lâa.

Ces présents consistaient en perles de feu, on grosses perles, en fleurs d’or, en pierres précieuses, en dents d’éléphants et en pièces d’étoffes.

CONNAISSANCES ASTRONOMIQUES DES CHI- NOIS sous HIOUAN-TSOUNG.

L’année 721 de notre ère, uneéclipse calculée selon la méthode en usage, É'étant trouvée fausse, l’empereur Hioiian-tsoung fit appeler à la cour un fameux bonze chinois de la secte de Fo ou Bouddha; son nom était Y-hang. L’astronomie que professa ce bonze , dit le P. Gaubil (** (•**)), flt tant de bruit à la Chine, que l’on ne peut se dispenser de l’étudier et de la connaître un peu en détail.

PREMIÈRE triangulation CONNUE (••*),

Y-hang prit en habile homme toutes les mesures dont il était capable pour s’assurer d’une bonne méthode. Il voulut connaître la situation des principaux lieux de l’empire. Pour cela il

(*) Sse-tseu-kouë , Iraduclion du terme unskrit sinUala ou siahatà dvipa , altéré en celui de serendib, par les Arabes.

(**) Histoire abrégée de l’astronomie chinoise.

(•**) On a vu précédemment , |>ag. 84 , que Tchêoo-kouhg, iioü ans avant notre ere, avait dcj.i fait des obscrvalians qui dénotaient un certain degré assez avancé de la science astronomique ; mais on ne peut pas dire qu’il ait fait opérer une triangulation pour coiinaitrc appro.vimalivenient les diamètres et la circonférence de la leil«.

fit faire des gnomons , des sphères . des astrolabes, des quarts de cercle et autres instruments d’observation. Il envoya deux compagnies de mathématiciens, l’une au nord et l’autre au sud. Ils eurent ordre d’observer tous les jours, lor^u’il serait possible, la hauteur méridienne du soleil par le gnomon de huit pieds, et la hauteur de l’étoile polaire. Ils eurent ordre de prendre exactement la distance de quel ques lieux qui fussent situés en opposition nord et sud. On choisit pour cela la province de Ho-nân où se trouvent de grandes et belles plaines. Le but de Y-hang fut de savoir exactement le nombre de li qui, sur la terre, repondent à un degré de latitude. Sachant ensuite la différence des lieux en latitude, il savait leur distance en li. On n’indique pas quelles mesures il prit pour savoir la distance des lieux en longitude ; les opérations mathématiques que cet astronome chinois fit faire, étaient une triangulation aussi sure que l’état des connaissances mathématiques et astronomiques de son époque, privée des instruments modernes , pouvait l’admettre.

Y-hang ordonna à ses savants voyageurs d’aller les uns à la capitale de la Cochinchine et du Tonquin, et les autres jusqu’au pays de 7ïé-lé (*J vers le nord , avec I injonction d’observer et de marquer par eux-mémes la duree des jours et des nuits, et les differentes étoiles qui ne pouvaient être vues sur l’horizon de Si-ngan-fou. Les traités d’astronomie chinoise n'avaient parléjusqu’à Y-hang , que de celles qui sont visibles sur l’horizon de 34 à 40» de latitude nord. On commença alors a parler de l’étoile Canope et de celles qui sont à son sud. L’histoire chinoise de l’astronomie des Thang rapporte les observations qui eurent lieu ainsi par I ordre de Y-iiang ; elle donne la longueur de l’ombre d’un gnomon de huit pieds, à midi du solstice d’été , dans les villes capitales de la Cochinchine et du Tonquin, dans quelques villes

(*) Nom d’une horde de Tarlares qui rampait aux eiivboiis du lac Ifaï-kal.

CHINE

du Hm-kouang, du Ilo-nan et du Chan-si. L’histoire rapporte encore un voyage que Y-hasg nt exécuter sur mer pour observer les étoiles qu’on ne voyait pas à la Chine. E^lle parle aussi de l’instrument que ce bonze flt faire pour bien représenter les mouvements célestes.

Y-h.ang fit encore observer l’ombre du gnomon dans un pays des Indes fort éloigné de la Chine, et qui n’était pas bien désignée par l’ombre déjà observée. Ce pays devait être vers le sixièmedegré de latitude septentrionale.

Il fit aussi observer l’ombre du gnomon au nord du désert de sable, jusqu’à une hauteur du pôle qui passait cinquante degrés. On ne peut guère douter que toutes ces observations n’aient eu ^ur but de connaître la mesure de la circonférence de la terre, dont on a vu que les anciens Chinois avaient une notion vague, mais qui n’a pas moins de quoi surprendre (*). L’empereur Khaxg-hi, dans un petit traité de géométrie et de trigonométrie, dit que Y-hang puisa sa méthode dans les écrits des Mahométans. Quelle que soit l’autorité du célèbre empereur chinois, nous devons faire observer cependant que Y-hang ne put se servir des travaux sur l’astronomie des écrivains arabes et mahométans qui vécurent et écrivirent après lui , tel que le fameux khalife Almamown, (né en 786 de notre ère), qui flt traduire en arabe l’Almageste de Ptolémée et les autres livres alexandrins, mesurer le degré terrestre , et composer de nouvelles tables du soleil et de la lune ; Albaténius qui florissait vers l’an 880, et Ibn-Jounis qui observait au Caire vers l’an 1000.

Nous serions plutôt fondés à croire que si Y-hang emprunta sa méthode astronomique à des étrangers, ce fut aux astronomes de l’Inde qu’il put faire cet emprunt; sa qualité de prêtre de Bouddha devait lui donner un accès facile aux livres indiens, dont il est

(*) Voy. ci-devant pag. 26 et 200 , et le Journal asialiijue, mars, i836 , p. 290, où un ancien texte chinois sur celle <|uestion a été cité et traduit.

probable qu’il connaissait la langue, comme la plupart des prêtres de Fo l’ont constamment connue.

OaAND INSmOHENT ASTRONOHIQCB IMI- TANT LES MOUVEMENTS DES CORPS CÉ- LESTES.

L’instrument astronomique dont nous avons parlé ci-dessus, que lit construire Y-hang, fut achevé l’année 725. Au moyen de l’eau (dit le P. Gaubil , qui a puisé ces détails dans les écrivains chinois), les roues, par leurs divers mouvements, représentaient le mouvement commun et le mouvement particulier des astres , les lieux du soleil et de la lune, des étoiles et des planètes , et les éclipses. Outre cela, une statue, en frappant un tambour, annonçait les quarts d’heure; une autre, en frappant sur une cloche, annonçait les heures; ces statues disparaissaient ensuite.

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