EMPRUNT FORCÉ
Pour faire face à toutes les dépenses qu’une dynastie menacée de toutes parts est obligée de faire pour se maintenir, il faut frapper le peuple de nouveaux impôts. Un des ministres de Te-tsoüng en établit de toutes sortes sur les populations ; il taxa toutes les maisons selon l’étendue qu’elles avaient, et cet impôt, levé avec toute l’injustice dont des gens sans conscience et sans
(*) Gaubil HUloire de la grande dynastie des Thang.
probité sont capables, révolta tout le monde. Ensuite on exigea par force des sommes immenses des riches marchands, sous le nom d’emprunt : ce n’était qu’une suite de vexations qui firent tomber partout le commerce, et rendirent l’empereur extrêmement odieux. Il fut obligé de quitter sa capitale pour se soustraire à la fureur d’une milice révoltée, et ses serviteurs les plus dévoués non-seulement l’abandonnèrent, mais tournèrent leurs armes contre lui. Toutes ces révoltes, cette désaffection générale du peuple, sont attribuées, par les historiens chinois, à un mauvais et méchant ministre qui avait complètement captivé la confiance de l’empereur. Sans doute il y a souvent de mauvais ministres qui abusent indignement de leur ascendant sur les chets des peuples, mais il y a aussi parfois de bien mauvais princes.