‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 122 sur 238 · AMNISTIE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

AMNISTIE GÉNÉRALE

Sur les remontrances réitérées de plusieurs mandarins courageux, Te- TSOUNG renvoya son mauvais ministre.

Les esprits se calmèrent peu à peu ; les révoltes s’apaisèrent, et Tannée 784 de notre ère l’empereur proclama une amnistie générale. Dans l’édit qu’il adressa à ce sujet à tous les mandarins, aux grands et aux princes de l’empire, il avoua ingénument que tous les malheurs de son règne venaient de la mauvaise conduite qu’il avait tenue, en ne profitant pas des avis que le ciel lui avait si souvent donnés, en n’ayant nulle compassion pour les misère du peuple, en les accablant de taxes et d’impôts, en faisant des guerres injustes, maltraitant les officiers, et n’ayant nulle application aux aiTaires.

«Être empereur, dit-il, c’est avoir reçu du ciel Tordre de nourrir les peuples. C’est pour cela qu’un bon prince aime ses sujets , non-seulement comme ses enfants, mais comme sa propre personne. Il est attentif à nourrir ceux qui ont faim, à vêtir ceux qui sont nus; encore ne croit-il pas faire beaucoup, et sa bonté n’est ^int satisfaite. Ses greniers, dans les temps heureux.

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CHINE

se trouvent chez ses peuples ; tou.s ses sujets sontà leur aise; les vieillards ne manquentde rien; les corvées sont rares et faciles : trois Journées d homme en un an pour chaque famille; c’est ce qu’avaient réalé nos anciens empereurs. Enfin , l’union et la paix régnant dans l’État, il lui est facile d’y faire aussi régner la vertu. Hélas! je suis depuis huit ans chargé de l’empire, et je n’ai pu ni en venir là , ni eu approcher. Les irruptions des barbares , les troupes qu’il a fallu entretenir pour mettre en sûreté nos frontières , et les autres dépenses indispensables, m’ont mis hors d’état de soulager mes peuples, et m’ont obligé quelquefois a les charger de nouvelles impositions. Il y a eu successivement des inondations et des sécheresses; pas une aqnée abondante. les laboureurs abandonnent les campagnes; les pères vendent leurs enfants; les chemins sont pleins de pauvres à qui la nécessité a fait qrntter leur pays et leurs parents. Qu’ils en viennent jusqu’à oublier ainsi les sentiments naturels , c’est bien moins leur faute que la mienne. Je n’ai eu ni assez d’habileté pour prévenir leurs besoins, ni assez de vertu pour leur inspirer le courage et la patience que ces e.xtrémités demandent. J’en ai une vraie douleur et une extrême confusion; jour et nuit je ne pense pas à autre chu.se. En attendant que je puisse soulager mes peuples, comme le territoire qui dépend de cette cour est celui qui a le plus souffert, je le tiens quitte pour un an de toute corvée et de toute imposition; j’ordonne de plus que mes officiers pourvoient par quelque moyen à l’entretien et au soulagement des pauvres (*). »

L’empereur, parie même édit, abolit les impôts mis précédemment sur les maisons, les bois, les vernis, les marchandises, se contentant du tribut ordinaire. Il ordonna de rechercher les gens de mérite, et de lui en envoyer la liste; il voulut que l’on récompensât les vieillards, et que l’on distinguât les lettrés habiles; if défendit aux grands

(*I Du Halde, t. Il, p. 614, édit. in-4».

2r Livraison. (Chiisb. )

mandarins de se servir dans leurs pl!^• cets de caractères flatteurs pour (Msigner l’empereur, par exemple de celui de divin, de sage du premier ordre, à'esprit sublime et pénétrant, de héros, A' homme accompli, etc. « Ces titres, dit-il, ne conviennent pas à un prince qui a fait tant de fautes et qui mérite si peu la dignité impériale. »

LIGUE CONTRE LES TIIIBÉTAINS. DÉPUTA- TIONS ENVOYÉES AUX SOUVERAINS DES

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