‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 165 sur 238 · CHANGEMENT DE COURS DU FLEUVE HOANG-HO · texte numérisé non relu

CHANGEMENT DE COURS DU FLEUVE HOANG-HO

Ce fut sous le règne du dernier empereur mongol, en l’année 1351, que deux de ses ministres , Kia-lou et To- TO, proposèrent de changer le cours du grand fleuve Jaune (Hoang-ho); ce qui augmenta beaucoup le mécontentement public. Ils j^rsuadèrent à l’empereur de faire passer le fleuve par le pays de Ta-ming-fou, où il passait autrefois, et de le faire décharger dans la mer de Tien-tsin-hoeï.

Tchen-tsun, président du tribunal ou ministère des ouvrages publics , était allé avec des mathématiciens de Kaïfoung-fou , capitale du Ho-nûn , à Taming-fou , dans le Pe-tchi-li et autres lieux ; ils examinèrent je terrain , prirent les niveaux, et assurèrent que l’ancien lit que l’on voulait recreuser était impraticable, qu’on ferait trop de dépenses, et que le Chan-toung serait ruiné. On employa toutes sortes de mo)'ens pour faire' changer de sentiment au ministre; il répondit qu’il mourrait plutôt que de parler contre sa conviction dans une matière de cette importance , et qui intéressait si fort le nien public. On suivit l’avis contraire. Le ministre ou président du conseil des travaux publics fut remplacé. I,es travaux que l’on exécuta pour

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changer le cours du Hoang-ho ruinèrent une infinité de monde, firent imposer de nouvelles taxes ; les paysans qui vopient prendre leurs terres étaient exaspérés et ne voulaient pas se transporter ailleurs pour en recevoird’autres en échange; le mécontentement était général , et dans toutes les provinces différents chefs de parti excitèrent les populations chinoises , que les mandarins retenaientdifticiiementdans la soumission (*).

(*) I,e P. Gaiibil donne sur la dérivation du cours du Hoang-ho les éclaircissements qui suivent (Histoire de la dynastie des Mongous, p. aS5).

<■ Par Hiistoire de l’empereur Wou - ti , empereur des Han occidentaux , on voit que du temps 'de ce prince le Hoang-ho passait près de Kaï-lchéou , du district de Ta-mingfoii , dans le Pe-tchi-li , et recevait la rivière Oueï, dans le territoire de Toung-tchangfou du Chan-toiHtg , et se rendait à la mer du Pe-lchi-li, entre la latitude 38“ 3o', et 3g“; long. i“ et quelques minutes occident.

« Après l'empereur fFoii-li , on changea le cours du Hoang-ho, tantôt à l'est vers le Pe-tchi-li , tantôt vers le Chan-toung. Du temps de l’empereur Chin-tsoung, il y avait deux branches du Hoang-ho qui venaient du Ho-nàn. L’une allait au nord-est au Chan-toung ; l’autre au sud-est , passait à Sou-tchéou du Kiang-nân , et allait à la mer /ers Hoaï-ngan.C’est l’empereur Chin-tsoung (de la dernière dynastie des Soung) qui l'urma le canal du nord , et depuis ce tempslà jusqu’à l’année i35c , le Hoang-ho avait à peu près le cours du temps de l’empereur Wou-ti des Han que Hia-lou rétablit.

• Le Hoang-ho a toujours eu depuis Yu, fondateur de la dynastie des ///a, le cours qu’il a aujourd’hui , jusque vers le nord de Kaï-foung-fou , capitale du Ho-nàn. Du temps de Yu , il entrait par là dans le pays de Ta-ming-fou , dans celui de Ho-kien- fou, et allait à la mer dans le golfe de Tieii-Lsinhoéï du Pe-tchi li; du temps des Han et des Tsin, le Hoang-ho tenait dans le Chauloung et le Pe-tchi-li une roule un peu différente. Ensuite, pendant plus de 56o ans, jusqu’à l’empereur Chin-tsoung des Soung , le lloang-ho eut les deux branches dont j’ai parlé. Du temps de la dynastie passée, on fit encore quelques changements qu’il est inutile de rapporter. •

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