‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 166 sur 238 · NOUVELLES RÉVOLTES · texte numérisé non relu

NOUVELLES RÉVOLTES

Les mécontentements causés par le gouvernement de Chon-ti donnèrent naissance à de nouvelles rébellions; un chef de révoltés rassembla jusqu’à cent mille hommes dans les provinces do Chan-toung et du Ho-nân, qui avaient le plus à se plaindre. Dans le même temps, un pirate chinois parut, avec une flotte considérable , sur les côtes de la province de Tche-kiang et du Kiangsou; il entrait dans les fleuves, pillait les villes et les villages , et ruinait le commerce; il avait aussi pour but d’empécher le transport des grains, du riz et des marchandises à la cour.

Les premiers généraux qui furent envojés contre lui furent battus et même faits prisonniers; leurs armées fiirent mises en déroute.

L’histoire chinoise rapporte que l’année 1352 de notre ère, il y eut un tremblement de terre extraordinaire dans une ville du Chen-si; pendant cent Jours de suite on y éprouva des secousses violentes. On trouva cinq cents arcs de neuf à dix pieds de portée dont on ignorait l’antiquité; il n'y avait pas de flèches. Elle rapporte aussi qu’au commencement de cette même année, la famine et les maladies firent périr neuf cent raille personnes.

amusements et débauches de chcn-ti

Pendant que d ifférents partis de révoltés se formaient dans plusieurs provinces contre sa domination , et s’emparaient de plusieurs villes, l’empereur ChuniTI ne pensait qu’à se livrer aux divertissements et à la débauche; tous ses soins se portaient à inventer de nouveaux plaisirs et de nouvelles manières de satisfaire ses passions. Seize jeunes filles que l’on appelait les seise esprits célestes, étaient destinées à amuser l’empereur par des danses lascives ; une foule de personnes étaient occupées dans le palais à faire des prières et des sacrifices à Fo , à prédire l’avenir par toutes sortes de sortilèges, à chanter et à jouer des instruments de musique.

L’empereur fit construire une banjue

CHliVE.

de cent vingt pieds de long sur vingt de large, servie par vingt-quatre rameurs habillés avee beaucoup de magnificence. Il la destinait à se promener sur le lac voisin du palais, et à se rendre du palais du nord à celui du sud. Dans un de ces palais , dit Gaubil, était une grande armoire, et sur cette armoire une niche appelée des trois sages. Au milieu de cette armoire était placée la fimire d'une jeune fille qui tenait l’aiguille à marquer les heures du jour et de la nuit, avec les parties de l’heure chinoise. Quand l’aiguille était sur l’heure, il s’échappait une colonne d’eau ; des deux côt^ se voyait la figure de deux anges dont l’un tenait à la main une clochette, et l’autre un bassin de cuivre. Quand le temps de la nuit était venu , ces deux figures d’esprit battaient les veilles cmnoises, conformément au temps marqué par l’aiguille, et, dans ce temps , plusieurs statues , qui repré- » sentaient des lions et des aigles, étaient en mouvement sur les côtés. A l’est et à l’ouest de l’armoire se voyait la représentation de la route du soleil et de la lune dans le zodiaque ; au-devant de la figure qui représentait les douze signes étaient figurés six anciens immortels ; à midi et minuit , ces six statues marchaient deux à deux , passaient un pont appelé le saint pont, entraient ensuite dans la niche des trois sages, et retournaient à leur premier poste. L’empereur passait pour avoir inventé cette merveille de l’art.

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