‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 190 sur 238 · NOUVELLES 1RRUPT10N.S DES TARTARES* RÉVOLTES · texte numérisé non relu

NOUVELLES 1RRUPT10N.S DES TARTARES* RÉVOLTES

Dans l’année 1509, les Tartares ravagent et dépeuplent de nouveau les provinces septentrionales de l’empire, et dans l’année suivante, un prince du sang royal , gouverneur-roi d’une province, s’étant révolté, fut pris dans un combat, amené à la cour et puni (le mort. En 1511, la famine qui désolait les provinces du Chan-toung et du Ho-nan , et les impôts dont le peuple était surchargé, le réduisit à un tel excès de misère que beaucoup de malheureux se réunirent en troupes , et formèrent divers corps de révoltés qui s’avancèrent jusque sur le territoire de Péking. On les appelait Lieoutseu, parce que, semblables à un torrent rapide et impétueux , ils se répandaient tout à coup dans les provinces, où ils portaient la désolation et le ravage.

On envoya contre eux des armées qui lie firent qu’arrêter leurs efforts, et assoupir pour un temps leur rébellion.

L’imbécillité de l’empereur Wou- TSOUNG le portait à faire mille extravagances que nous ne croyons pas nécessaire de rapporter ici. Il mourut en 1521 de notre ère.

Chi-tsoong {1522-1560). Son second fils lui succàla sous le nom de Cni- TSOUNG. Les (Commencements de son long règne donnèrent des idées favoralilesdela sagesse de son gouvernement.

Jl lisait de temps en temps lui -même lessujipliques qu'on lui adressait; mais

on lui reproche d’avoir trop aimé la poésie. Dans un temps de aisette , il voulut qu’on l’avertit de ses fautes s’il en avait commises , et il fit tirer du trésor impérial des sommes considérables pour soulager les populations. Il fit réparer la grande muraille. Les bonzes s’emparèrent bientôt de son esprit, et il se livra tout entier aux rêveries et aux fourberies des deux sectes qui régnent simultanément en Chine; il envoya même des exprès dans toutes les provinces pour lui chercher le breuvage de l’immortalité. L’année dix-huitième de son règne (1538), il eut l’intention d’abdiquer le pouvoir souverain en faveur de son fils; mais les grands de sa cour l'en détournèrent, et lui représentèrent vainement, dans différentes suppliques, de détruire entièrement les sectes de Fo et de Lào-kiun. Loin de se conformer à ces conseils , Tempe-' reur, sans doute à l’instigation des stupides bonzes, renouvela Tédit du fondateur de sa dynastie, qui ordonnait de ne donner au grand philosophe Koung-tseu que le titre de Sian-sse, c’est-à-dire, de maître ou docteur des temps passés. Il ordonna en outre que les statues de ce sage fussent réduites en cendres, et que Ton ne pût conserver que ses seules tablettes inémoratives.

Dans le même temps, deux jeunes filles qui s’étaient aperçues que leur père pensait à les vendre et à les prostituer à cause de sa grande misère , se jetèrent toutes deux dans un fleuve. L’empereur, pour rendre hommage à leur chasteté et à leur dévouement, leur lit ériger un mausolée avec cette inscription : Attx deux illustres vierges.

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