PREMIERE INVASION DES TARTARES RE- POUSSÉE
Dans Tannée 1550, les Tartares s’approchèrent de la capitale de Tem-
fiire avec une armée de soixante mille lommes; mais cette armée fut battue et mise en fuite par les troupes chinoises , et plus de deux cents de leurs, officiers furent faits prisonniers. L’an-
CliliSE.
née suivante, le clief tartarc envoya une ambassade à l'empereur pour fui demander pardon , et le prier de permettre aux Tartarcs l’entrée annuelle de scs États pour y vendre des chevaux. L’empereur y consentit d’abord; mais, instruit par l’expérience que cette permission était une source continuelle de discorde et de querelles entre les mandarins et les marchands, et que ces derniers commettaient souvent des déprédations , il défendit ensuite ce commerce de chevaux.
Dans l’année 1553, des pirates, sons la conduite d’un chef nommé Hoa/igtchi, infestèrent les côtes de la Chine avec une flottille de cent bâtiments de mer.
GCEMkE DES JAPONilS.
Deux ans après (1555), les Japonais, qui venaient auparavant en qualité de vassaux de l'empire apporter leurs tributs, commencèrent à se rendre indépendants , et à faire une guerre ouverte aux Chinois. Ils firent une descente, au nombre de quatre mille, sur les côtes de la province du Tché-kiang; cette tentative ne fut pas heureuse; dix-huit cents d’entre eux furent massacrés, et les autres, qui prirent la fuite sur leurs bâtiments de transport, périrent dans les flots.
L’année suivante (1556), ils revinrent au nombre de dix mille; mais ils fiirent encore battus par neuf cents hommes de troupes chinoises dans quatre combats successifs; ensuite un renfort de troupes étant arrivé au secours des Chinois, les Japonais furent investis de toutes parts, et aucun d’eux ne put échapper à la mort.
&pt ans après (1563) , les Japonais revinrent, pour la troisième fois , à la charge sur les côtes de la province du Fou^ian, mais avec aussi peu de succès.
REPRÉSESTATIONS FAITES A L'EMI’EREDR.
Sur la fin de laquarante-cinquième année de son règne (1566), on présenta à l’empereur un écrit anonyme par leouel •on ravertissait de veiller avec plus (l’at-
tention sur sa conduite. On lui repré- ■sentait que, depuis plus de vingt ans, l’empire tombait de plus en plus en décadence; que les lois anciennes avaient perdu toute leur vigueur; que le prince héréditaire n’avait pas la liberté de se présenter à son que ses plus fidèles serviteurs étaient payés d’ingratitude et disgraciés sur les plus légers soupçons; qu’il passait sa vie dans les plaisirs et l’oisiveté, au milieu de ses jardins , avec une troupe de jeunes filles , ses concubines ; qu’il mettait à la tête des armées des nommes ignorants dans l’art de la guerre , et plus avides d’or et d’argent que d’honneur et de gloire; que les finances s’épuisaient tous les jours par de folles dépenses , soit à bâtir des jardins et des palais , soit à fournir aux frais des extravagantes cérémonies des bonzes et des partisans du breuvage de l’immortalfté, qu’ils disaient être tombé du ciel ; comme si , depuis le temps de Yao et Chun, il se fdt trouvé personne excepté de la fatale nécessite de mourir (*), etc. »
L’empereur ne put retenir sa colère à la lecture de ce hardi libelle; il le jeta parterre, le foula aux pieds; puis le ramassa , en donnant des marques de repentir. Peu de jours après, il tomba malade, et, ayant pris le prétendu breuvage d’immortalité de la main de quelques bonzes, il mourut à l’âge de cinquante-huit ans.
Mo-tsoüng (1567-1572). Son fils lui succéda sous le nom deMo-TSOUNO.
Il commença son règne par remettre en liberté ceux que son pere avait fait emprisonner; et, pour consoler les familles de ceux qui avaient été mis à mort , il leur conféra des titres posthumes honorifiques. Du reste, c’était un prince qui ne pouvait supporter qu’on lui donnât des conseils, et il dégradait aussitôt à un rang inférieur ceux qui se permettaient de lui faire des représentations.
Comme , d’après les lois de la Chine, personne ne peut remplir des fonc-
(■) r.onjili't Mon. sin. loi. chronohgicn,
p.ig. S'i.
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L’UNIVERS
lions de niingistrat dans s^i province natale , l’empereur Mo-tsoung modifia cette loi ; et, à la demande de l'un de ses ministres, il permit aux mandarins de second ordre (tels que ceux qui |)résident les Lettrés, ou qui ont une inspection sur les agents du fisc), d’exercer leur magistrature dans leur pays natal.
CuiN-TsouMO (1573-1019). Cet empereur n’avait que dix ans lorsque la jnort de son père Mo-tsouno l’appela au trône. L’iiistoire donne des éloges à, la tendresse et au respect qu’il eut toujours pour son précepteur, à la droiture de son caractère, a son naturel plein d’équité et de justice, et à à son esprit vif et pénétrant, qui le rendit habile dans les sciences chinoises.
rnoTixriON et e.ncourxgf.mknts donnés AUX jeunes LErrm-s
Cet empereur ordonna que désormais ce serait aux frais du souverain que les jeunes licenciés de toutes les provinces se rendraient à la capitale pour y subir l’examen où l’on confère le titre de docteur; il assistait lui-même à cet examen.
Tous les jours, dès quatre heures du matin, il examinait les requêtes qu’on lui avait présentées , et qu'il pénétrait d'un coup d’œil ; il y répondait sur-le-champ. 11 ordonna, pour la commodité et l’avantage du public, que l’on imprimerait, une fois par chaque saison de l’année, le nom , le degré et la patrie de chaque mandarin ou fonctionnaire de l’empire; et cet usage s’observe encore exactement aujourd’hui.
TRAVAUX HYPRAULIQUESi KAXIINK EXTRÉ- ME; DÉFAITE UES TARTARES.
Dans l’année 1570, on employa imit cent mille ouvriers à arrêter et à diriger ailleurs le cours des grandes eaux.
Trois ans après ( 1582 ), parut une comète; et il y eut une si grande stérilité dans la province du Chan-si, que le nombre de ceux qui moururent de faim fut incalculable. On fit cmiser
dans plusieurs endroits environ soixante fosses immenses, que l’on nomma les fosses des dix mille hommes (teen jin keng), parce qu’elles pouvaient contenir chacune plusieurs milliers de cadavres.
Dans la même année , dix mille Tartares , entre ceux qui avaient fait une irruption sur le territoire de l’empire , furent tués par les troupes chinoises.
L’année suivante (1583), les fleuves ^ant été gelés par un grand froid, les Tartares proGterent de cette circonstance pour passer en grand nombre sur les terres de l’empire; mais ils furent encore presque entièrement anéantis par les Chinois.
NOUVEU.E SÉCHERESSE ; REMISE DES IM- POTS; REMONTRANCE FAITEA I.'EHPEREUn.
En 1585, une grande sécheresse se fit de nouveau sentir. L’empereur en fut très-affecté , et implora le ciel avec tous les signes extérieurs de la douleur et du repentir, pour faire cesser le terrible fléau. Il remit la moitié des impôts. Dans un autre temps de sécheresse , il donna sept millions de secours à la ville de Nan-king, et il envova dans toutes les provinces des mandarins pour examiner la conduite des gouverneurs, reconnaître le véritable état des choses, et les misères du peuple.
Dans l’année 1502 parut une comète vers la partie orientale du ciel. Un grand de la cour, nommé Foumî- NGAN, en prit occasion pour faire à l’empereurune remontrance, dans laquelle il disait que l’apparition de cette comète était un avertissement pour lui de chasser de son palais principalement trois de ses ministres , qui se laissaient corrompre par des présents, et qui n’étaient que de vils flatteurs. Ce malencontreux conseiller fut jeté en prison , et condamné à mort en récompense de sa hardiesse à dire de dures vérités. Mais son fils étant venu s’offrir à mourir pour son père, l’empereur fut touché de ce beau dévouemcnl filial . et commua la peine de mort en un simple exil.
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CHINE
Une comète parut encore en 1593; et, comme par une triste fatalité, l’année suivante ( 1594), la famine fut si rande dans le Ho-nan , qu’on y vivait e chair humaine (*). Le trésor impérial fut aussitôt ouvert, par ordre de l’empereur, pour soulager cette malheureuse province. Cette même année, les Japonais envahirent la Corée, et portèrent partout le fer et la flamme.
Ils s’emparèrent de plusieurs villes; le roi fut contraint de prendre la fuite , et il envoya aussitôt aes ambassadeurs en Chine pour demander des troupes auxiliaires. Ces secours furent envoyés immédiatement; un combat sanglant eut lieu ; la perte fut grande des deux côtés ; enfin les Japonais furent presque entièrement détruits. Ceux-ci envoyèrent ensuite une ambassade à l’empereur de la Chine, pour implorer sa clémence , et le supplier de donner un titre à leur roi. L^année suivante, l’empereur Chin-tsoung lui donna le titre de Ji-pen-wang , c’est-à-dire roi du Japon; mais il défendit à ce roi d’envoyer à l’avenir aucune ambassade en Chine.
OnVERTUBE ET EXPLOITATION UE MINES D’OR, GRANDES INONDATIONS.
Dans l’année 1596, l’empereur ordonna , malgré l’avis contraire de ses ministres , d’ouvrir dix mines d’or et d'argent dans les provinces du Honan, du Chen-si et du Chan-si. Six ans après il les fit fermer.
Dans les années 1604, 1607, 1611, il y eut de grandes inondations en Chine et surtout à Péking; la dernière surtout fut si extraordinaire, que l’on ne pouvait circuler dans cette grande ville ni en voiture ni à cheval.
ROGBÈS DES TARTARES.
Pendant ce temps , les Tartares niutché oujou-trM, que l’on nomme aussi orientaux^ commencèrent à se faire redouter; ils étaient d’abord divisés en sept hordes ou tribus; mais, après
(') Couplet, lieu eilé . p. 8S.
s’étre fait entre eux des ferres plus ou moins heureuses, ils s’étalent enfin réunis sous un .seul chef, qui forma un royaume. Les Tartares tan-yu ou occiaentaux. retenus par des présents considérables que leur faisait l’empereur, cessaient d’inquiéter les frontières chinoises. Mais, dès l’année 1616, ces mêmes Tartares, fatigués de leurs incursions réitérées, et toujours sans grand résultat, sur le territoire de l’empire; voyant en outre leurs forces accrues par leur union, ne pensèrent plus à faire du butin dans les campagnes, mais à prendre des villes.