‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 2 sur 238 · S I. GÉOGRAPHIE PHYSIQUE · texte numérisé non relu

S I. GÉOGRAPHIE PHYSIQUE

La circonscription de l’empire chinois , à l’exception delà Manochourie , de la Mongolie, du Thibet et d’autres contrées conquises ou dépendantes de la Chine proprement dite (*), sem-

(*) Nous ne comprenons , dans noue descriplion actuelle , que l’ancienne Chine, c'est-à-dire l’ancienne circonscription de cet empire. Des descriptions séparées seront consacrées aux royaumes ou provinces désignées ci-dessus. Il aurait été difficile et incommode de comprendre dans la même description des peuples d’origine différente, quoique soumis au même sceptre, cl de porter en même temps l’allentioii du lecteur sur une ctcndiie de neuf cents lieues du

L'UNIVERS

ble avoir été destinée par la nature au développement solitaire continu de sa civilisation. Borné au sud et à l’est |)ar une mer orageuse, au nord par de vastes déserts dépourvus de végétation, à l’ouest par de hautes chunes de montagnes , cet empire forme une aire immense et presque circulaire de cinq à six cents lieues de diamètre , isolée , pour ainsi dire , du reste du globe. Arrosée de l’ouest à l’est par deux grands fleuves navigables qui prennent leur source dans les hautes montagnes du Thibet et qui se versent dans la mer Jaune, ou Océan oriental , et coupée par de nombreuses et hautes chaînes de montagnes , cette immense contrée dut réunir , d^ l'origine, les influences solaires de toutes 1^ latitudes, les productions de presque tous les climats, et les richesses des grands dépôts géologiques.

C'est pour cela que ce vieil empire chinois, aussi grand à lui seul que toutes les nations de l’Europe ( non compris laTurquie et la Russie d’Asie), s’est toujours suffi à lui-méme , s’est développé en lui-méme et par luiméme , tandis que les autres empires étaient et sont encore obligés d’échanger leurs produits et de s’emprunter leurs industries. Il est vrai que depuis que les Européens se sont rendus les tributaires des Chinois par la grande consommation qu’ils font, entre autres, d’une production naturelle de la Chine, ils ont introduit dans cette contrée des produits étrangers que les anciens habitants ne connaissaient pas, et dont l’importation leur est devenue aussi nécessaire que la plupart (les objets et des consommations de luxe.le sont à une civilisation avancée; mais, cependant, l’échanp des produits des diverses provinces de l’empire entre elles, provinces dont quelquesunes sont aussi grandes que les royaumes de l’Europe, suffit a l’activité et

sud au uoi'd , depuis file de Uai-nan jusqu’à l'exlrémilé septenirionale de la Tarlalie, el de quinze cenis lieues de l’est à l’ouest, depuis la nier Orieiilatc, ou nier latine , Jusqu’au pays de Kachgar

aux débouchés de l’industrie et du commerce chinois. Et c’est ce sentiment de l’abondance et de la consommation intérieure de ses produits qui rend le gouvernement chinois si indifférent pour le commerce étranger. Nous reviendrons sur cette matière aux chapitres du commerce et

DE l’industrie.

La Chine proprement dite peut se diviser en trois régions physiiiues , bien différentes : 1* le pays alpin ; 2” le pays bas ; et 8* la région méridionale, qui participe de ces deux natures de climats.

I* PATS ALPIN.

A l’est du haut plateau de la Mongolie, et de la région élevée que les Chinois nomment Si-fan ( région indienne de l’ouest ) , s’étend un vaste pays de montagnes, comprenant les provinces du Chen-si ( frontière occidentale ) , du Chan-si ( occident montagneux ) , du Sse-tchouan ( des quatre fleuves), et du Yun-ndn (du midi nuageux ) , que le Hoang-ho et le Kiang traversent avec rapidité dans leur cours moyen, et dont le niveau s’abaisse d’autant plus , qu’il part d’un point plus élevé. Les monts de la province ïun-nân se prolon-

fent jusqu’à l’Océan , sous la forme ’uiie haute terrasse, qui sépare le Tun-kin de la Cliine, et qui n’a qu’un seul passage, fermé par une muraille épaisse à deux portes , dont l’une est gardée du côté de la Chine par des Chinois , et l’autre du côté (lu Tunkin par des Tunkinois. C’est cette région alpine que l’on verra la première (KXîupée par les Chinois civilisateurs à l’origine de leur histoire.

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