RÉVOLTES DE OU-SAH-KODEI
En 1673 , ce fameux Oti-SAN-KOUEï , qui avait en quelque sorte livré l’empire aux Tartares-Maiitchous , était de-
(*) Vov. M. Abel Rémusat, Nouveaux mélangés asuliqnes, t. Il, p. ii.
venu prince du Yun-nAn et du Kouelfckeou. Les précautions qu’il semblait prendre dans sa principauté contre les Mantchous , le leur rendirent suspect , et la défiance devint réciproque. L’empereur le fit inviter à venir a ta cour. Il répondit aux députés qui loi avaient porté cette invitation : « Je me rendrai a Péking si l’on continue de me presser, mais ce sera à la tête de quatrevingt mille hommes. >
Ses menaces ne furent pas vaines.
Âussitdt que les envoyés de l’empereur furent partis , il quitta l’habit tartare , et reprit l’habit chinois. Il défendit le calendrier des Thsing, et en fit distribuer un nouveau, (je qu’il y avait de national dans cette révolte pouvait la rendre universelle. (Quatre provinces se déclarèrent pour lui ; et si Khanghi n’eût été qu’un prince ordinaire, la dynastie des Tartares - mantchous expirait pour ainsi dire en naissant ; et le meme qui lui avait ouvert les voies à l’empire , allait le lui ravir.
Le fils de Od-san-koueI, qui était à la cour, avait cherché à favoriser les desseins de son père en soulevant les esclaves chinois réunis à Péking. La conspiration, qui avait pour bat de s’emparer de la personne de l’empereur, ayant été découverte par la tranison d’un esclave , la veille du jour où elle devait éclater , il eut la tête tranchée, ainsi que les autres principaux conjurés.
Peu de temps après , on apprit à Péking la révolte des provinces du midi.
Trois nouveaux ennemis, les princes de Kouang-toung, du Fou-kian et de Forinose se joignirent à Ou-san- KODBi , déjà maître des quatre grandes provinces du sud-ouest ; et un prince de la famille de Tchinggis-khan , jugeant cette occasion favorable ^ur ressaisir le sceptre de ses ancêtres , se forma dans la Tartarie un parti qui , seul , eût pu suffire pour renverser un pouvoir bien affermi. KKang-hi, à Pâge de vingt-deux ans , n’ayant qu’un pent nombre de troupes à sa disposition, sut les multiplier en quelque sorte par son activité. Il fit marcher sa garae sous la conduite de généraux
L’UNIVERS
dont il avait deviné les talents. Ces généraux commencèrent par attaquer le prince mongol , qui fut fait prisonnier. Les autres confédérés se divisèrent, abandonnèrent la partie ou se soumirent ; et Ou-san-koueI lui-méme se vit contraint de rentrer dans ses États. Il mourut bientôt après (1679), accablé de vieillesse et de chagrins; son plus jeune fils fut proclamé empereur.
UIUNO THEMBI.EMEM r ÜE TERBE ARRIVÉ A PÉEIKO.
l.e 2 septembre de la même année , il y eut un fort tremblement de terre à Péking; un grand nombre de palais et de temples , les tours et les murailles de la ville furent renversés, et engloutirent plus de quatre cent mille personnes ; trente mille périrent dans une ville voisine, nommée Toung-tcheou.
Et comme les secousses se firent sentir de temps en temps pendant trois mois , l’empereur et toute sa cour quittèrent leurs palais et n’habitèrent plus que leurs tentes; le peuple n’avait aucun abri ; mais il fut secouru par les largesses de l’empereur. Dans le dernier mois de la même année (qui était le 4 janvier 1780), le palais impérial fut en un instant consumé par les flammes. La perte causée par cet incendie dépassa, dit-on, deux millions huit cent cinquante mille onces d’or !