‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 215 sur 238 · GRAND TREMBLEMENT DE TERRE ARRIVÉ A PÉKING · texte numérisé non relu

GRAND TREMBLEMENT DE TERRE ARRIVÉ A PÉKING

Une circonstance extraordinaire et mal heureuse lit éclater le caractère bienfaisant de l’empereur Young-Iching.

Dans l’année 1731 (le 30 novembre), la ville de Péking fut presque entièrement détruite par le tremblement de terre le plus extraordinaire qu’on eût encore éprouvé en Chine. Les premiè-

Du Halde, I. I , p. 485, élit. in-',".

L’UNIVERS

res secousses se firent sentir un peu avant onze heures du matin, si subitement et avec tant de violence qisr l’on ne s’aperçut du tremblement que par la chute des maisons et des autres Milices, et par le fracas affreux ou’ils faisaienten s’écroulant. En moinsa’une minute plus de cent mille habitants de cette grande ville furent ensevelis sous les ruines. Les désastres furent encore plus grands dans la campagne, où des bourgades entières furent détruites de fond en comble. L’empereur montra beaucoup d’humanité dans cette circonstance, et il fut très-sensible à ces d^astres; il fit des largesses considérables pour réparer les dommages que le peuple avait soufferts; et iln^en excepta pas les missionnaires de Péking, auxquels il donna mille onces d’argent (7,600 f.), pour les aider à réparer leurs églises.

Cet empereur mourut en 1735, dans un des palais de Youan-ming-youat, (voyez la seconde •partie de cet ouvrage), et reçut le nom posthume de Chi-t80ung-hie5-hoano^i. Sa mort fut envisagée par les missionnaires comme un retour pour eux à des jours de triomphe ; ils espéraient voir revivre sous un nouveau règne ces temp de faveurs et de protection, dont ils avaient joui sous le règne de l’empereur Khano-hi. Ces espérances, cependant, ne furent qu’en partie réalisées.

ÉCRITS D8 L’EMPSRSDR TODHO-TCHING.

On attribue à Toima-TCHiNG des commentaires sur le Saint édit {Chingyii), de l’empereur Khahg-hi (*), et un ouvrage sur l’art militaire, intitulé : Les dix préceptes [**). Dans la

(*) Vojr. cj-devant.

(*') Le P. Amiol, qui a Uviduit ce dernier ouvTW (Mémoirea sur les Chinois , t. 'VU, |>. i3), dit dau sa prélace : « On verra dans rintroductkm que l'empereur place à la lète de ses Préceptes , en quel sens il est i’auleur de l'ouvrage qui porte son nour. C'est la coutume des empereurs chinois de ue pas mettre de différence entre ce qu'ils

iréface , il parie du glorieux règne de t.HANG-Hi et de la sagesse de son ouvernement; il se propose ensuite e conserver toujours les Mantchaus dans leurs anciennes mœurs , et rend compte des mesures qu’il a prises à cet effet. Le premier précepte est un exposé des soins tendres que les pères et les mères ont pour leurs enfants ; de l’obligation essentielle de les honorer, de les respecter, de leur être soumis en tout, de leur procurer la subsistance et de les entretenir décemment. Le second prescrit la subordination entre les enfants, et la dépendance des plus jeunes, qu’il fait consister à ne rien faire que par les ordres ou avec la permission des aînés ; à ne point finir ce qu’on a commencé contre leur gré ; à ne montrer jamais d’opiniâtreté dans les conversations ; à ne se servir qu’après eux dans les repas ; à leur céder partout la place d’honneur. Le troisième traite des moyens d’entretenir la bonne intelligence avec tout le monde. Dans le quatrième précepte, Yoong-tching recommande aux pères et mères d’instruire leurs enfants , et aux aînés , leurs cadets , pour corriger leurs mauvaises inclinations, et pour cultiver les bonnes ; pour leur inspirer le respect qu’ils doivent aux magistrats et l’obéissance qu’ils doivent aux lois ; pour leur apprendre tous les devoirs de la société; enfin pour leur faire connaître les obligations qu’elle leur impose. Dans le cinquième, il représente aux soldats l’avantage qu’il y a pour eux et pour l’État de s’occuper avec ardeur de la culture des terres. Le sixtoe traite du principal devoir des gens de guerre, qui est de se rendre habiles dans l'exercice de la flèche, à pied et à cheval, tant pour se faire un nom que

font faire el ce qu’ils font eux-mémes , en fait de littérature. > Cette habitude n’est pas exclusivement celle des empereurs chinois qui veulent passer pour lettrés; il y a eu , et il y a peut-être encore des écrivains européens qui n'ont pas eu plus de.scrupules. Il y a déjà longtemps que Virgile a dit : Sic voM, non voj^, nidificatù, avec!

CHINE

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