‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 24 sur 238 · IX- PlOTlBCB DB ToDVO · texte numérisé non relu

IX- PlOTlBCB DB ToDVO

« Le He-chml ( eau noire ) et le Hoang-ho occidental sont compris dans la province de Young. Le rfâervoir d’eau nommé Jo fut dirigé à l’ouest. Le King et le Weï furent unis au Joui. Les rivières Tsi et Tsou eurent leur cours réglé, et les eaux coulèrent ensemble.

« On fit la cérémonie aux esprits des montagnes sur les montagnes Kien et Ki (de la province actuelle du Cheti-sï). On vint à d’autres montagnes; et après avoir achevé les ouvrages des lieux bas, on alla au mont Tchou-ye. Le pays de la montagne San wei ( des trois dangers ) devint habitable, et les San-miao se corrigèrent.

« La terre de cette province est jaune et friable ; le labourage est du premier ordre , et les impôts du sixième. On en tire des pierreries et des perles.

« On s'embarque à Tsi-che ( montagne placée sur les frontières de la province actuelle du Chen-si et du Koko-noor ), et l’on va à Loung-men ( montagne célèbre à travers laquelle passe le Hoang-ho), au Hoang-ho occidental : on s’assemble à l’embouchure du Weï et du Jouï.

« Les Joung occidentaux , les Kouen- Idn, les Li-tchi et les Kou-seou se soumirent. Il vient de ce pays des tissus et diverses peaux. » {Chm-king, livres, ch. 1. Yu-koung, Travaux de Yu. )

Tel était déjà, vingt-trois siècles avant notre ère, l’état de la civilisation en Chine, si bien résumé dans cette courte statistique , que les esprits les

L’ÜMVERS.

moins imbus de préjugés auront |>eine à y ajouter foi. Cependant elle porte un grand caractère d’authenticité.

M. Abel-Rémusat , en parlant de ce chapitre, a dit qu’il était à lui seul un trésor inestimable. Les historiens chinois (d’après le A'o«è-yM, discours des royaumes, écrits par Tso-chi avant l’incendie des livres ) disent me Yu fit faire neuf grands vases dairain , sur chacun desquels il fit graver la carte , et la description qui précède , de l’une des neuf provinces. Ces vases devinrent si précieux dans la suite , que l’on crut la sûreté de l’état attachée à leur possession et à leur conservation. Quiconque pouvait s’en saisir était comme assure de la couronne.

Ces faits, qui ne sont pas mis en doute par les Chinois, démontrent l’authenticité et l’antiquité du morceau historique qui décrit les travaux de Yü. Dans ce chapitre, on voit ce grand génie parcourir tout l’empire , allant d’une montagne à l’autre , faisant rentrer les fleuves dans leurs lits, donnant un écoulement aux grands amas d'eaux et les conduisant dans la mer. Il corrige le cours du fleuve Hoang-ho , qmil fait passer à travers la montagne Loung-men , après l’avoir percée à jour. Il le dirige ensuite au sud, jusqu'au nord delà montagne Hoa : de là il le fait courir à l’est, par un grand nombre de sinuosités , puis au nord; ensuite il le divise en neuf rivières, dont la réunion lit un lac.

Enfin il le fit entrer dans la mer.

Il agit de même pour le fleuve Kiang, dans une longueur de plus de cinq cents lieues. Beaucoup de chaussées et de digues qu’il fit construire alors subsistent encore, dit-on. Les plus anciens livres historiques de la Chine, entre autres un du commencement de la dynastie des Tcheou, onze cents ans avant notre ère , assurent positivement que Yd connut les propriétés du triangle rectangle., et qu’il s’en servit pour exécuter ses grands travaux de nivellement. Au commencement de la description qui précède , de l’empire chinois, sous son administration , et qui passe aux yeux des

critiques les plus dignes de foi pour avoir été composée de son temps , il est dit que Yo détermina quels étaient les hautes montagnes et les grands courants d'eaux ( fleuves ou rivières (*).

Chaque fleuve , chaque rivière , chaque courant d’eau , cliaque lac, est déterminé et fixé dans ses limites par Yo. « — Les réparations pour l’éœulement des eaux furent faites dans toutes les parties de l’empire , dit le Chou-king; on put enfin habiter sur les bords de 1a mer et des rivières ; il fut alors possible de gravir les montagnes et d’y faire la cérémonie aux esprits qui les habitent. On répara toutes les rivières jusqu’à leur source; on fixa les eaux dans tes lacs ; et partout il y eut communication. »

Ou aura remarqué ce fait , qu’après la grande inondation diluvienne Yo fut obligé de couper des arbres et de faire abattre de grandes percées dans les forêts pour établir des communications , comme sur un sol neuf, d’une végétation vigoureuse et que le pied delà civilisation n’a pas encore foulé.

C’est une forte induction de plus pour faire croire que la civilisation de la Chine lui est venue du nord-ouest, avec la race actuelle.

Yu fit aussi des opérations cadastrales pour déterminer les propriétés relatives du sol des diverses provinces de l’empire , comme on l’a vu précédemment , afin de répartir les impêts avec justice.

(*) Le texle porte : Yu fou thou ; soui ciian J Uien mou ; tien kao chan , ta tcitiwuàn : lill : « Tu divUit terram; cirrumivit montes, cædit arbores ; deteiminavit excebot ( prae omnibus ) montes , extenso! ( prae omnibus) anuies. » Le commentateur Tcbou-hi ajoute, en changeant la construction des phrases : ting khi etusn tchi kao tche ; tu khi tehhoudn tchi ta tcbe ;

<• determinavit ejus ( terræ, imperii ) montium excebosi simulque ejus amnium ex.

tensos. » On ne peut pas en déduire positivement que , pour faire ces operations, Y u connaissait les propriétés du triangle rectangle : la détermination à vue d’ail pouvait suffire.

'I Yu apporta de grandes améliorations dans les six fou ( selon le commentateurs chinois , ce sont : les

nms, la terre, l’ea«, les métaux, ois et le feu) ; il fit une comparaison très-exacte de tous les fonds de terres , de leur richesse et de leur pauvreté ; et il régla avec soin les revenus qui pouvaient en provenir. Ces revenus furent divisés en trois classes; et il sut ce qu’on pouvait tirer en ce genre de l’empire.

■I Yu donna des terres et des surnoms , et dit (*) :

« Si vous tâchez d’être encore plus vertueux que je m’efforce de l’être , vous ne détruirez pas ce que je viens de faire. »

« Yu détermina cinq cents li ( environ 50 lieues communes ) pour le domaine impérial ( tien fou ) ; à cent li on donne le grain avec la tige ; à deux cents U on coupe la tige , et on apporte le grain; à trois cents fi, on coupe l’épi et on apporte le grain avec l’enveloppe; à quatre cents fi, on donne les grains non mondés ; à cinq cents li, on donne les grains mondés.

« Yu régla que cinq cents fi feraient le (wmaine des Héou ( grands vassaux), partagés en deux cents fi pour l’état des Nan ( petit royaume feudataire ), et en trois cents fi pour les Tchou heou ( tous les vassaux feudataires. )

« Cinq cents fi furent le domaine de la paix ( sovifou ) ; trois cents de ces fi furent destinés pour apprendre les sciences et se former aux bonnes mœurs; deux cents fi pour les lieux

(*) Le commentaire dit que Tu , en agissant ainsi , « créa des royaumes et leur donna des chefs. » Il faut entendre par là des états feudataires. Les écrivains chinois prétendent que Tu , apres avoir divisé l'empire en neuf rovinces, nomma des princes gouverneurs e Imit d’entre elles, en se réservant la neuvième du centre. Ces princes étaient scs vassaux et devaient lui payer le tribut. C’est de là que serait venue l'origine de la féodalité qui a été tonte-puisaanle en Chine, sous la troisième dynastie, et que détruisit complètement le fameux incendiaire des livres

dans le^uels on .se formait aux exercices tnilitaires.

• Cinq cents fi furent déterminés pour le domaine de punition. ( yaofou ) ; trois cents pour les étrangers du nord , et deux cents pour les coupables.

« Il y eut aussi cinq cents fi pour le domaine de l’exportation ( hoangfou ) ; trois cents pour les Orangers du midi , et deux cents pour les exilés.

« A l’est , jusqu’au Iwrd de la mer , ,à l’ouest, jusqu’au désert de sable ( litt., sables mouvants)-, du nord au sud, et jusqu’aux quatre mers f*)i Yu

(*) Sse liai. Dès la haute antiquité les Chinois ont souvent prétendu que leur empire s’étendait jusqu’aux quatre mers; et cette locution a été l’objet de plus d’une méprise. On y a vu une expression stupidement emphatique , ou une tradition conservée d’une origine lointaine, qui serait In pays du globe situé réellement entre quatre mers, et on cite la Judée, l’Assyrie, fa Mésopotamie, etc.; mais il tant seulement se reporter à l’époque où les Cliinois ont employé la première fois cette expression , pour la trouver exacte , appliquée à leur empire-, et on restreint ainsi le vaste champ des conjectures, dans lequel il est si facile de s’égarer , lorsqu’on y marche au hasard. A cette ancienne époque donc , qui remonte à deux ou trois mille ans avant notre ère, ces grands enfoncements du sol de l’Asie centrale , où sont aujourd’hui de vastes déserts de sable, formaient très-certainement des mers intérieures comme la mer Caspienne. C’est même un fait historique incontestable,

lie le lac Koke-noor, ou mer bleue, au nord

U Thibet , est nommé Si haï, mer occidentale, par les Chinois, dénomination que l’on trouve encore usitée quinze cents ans après notre ère. L’empire chinois a bien déliassé depuis celte frontière ; mais la dénomination est restée , parce qu’elle était consacrée par les anciens livres et par l’usage. On voit donc que l’ancienne Chine avait des mers à scs différentes extrémités , et quelle a pu se dire située entre les quatre mers, sans qu’il soit besoin d’y faiie intervenir l’.Âssyrie ou tout autre pays quelconque. Nous trouvons dans les Observations de physique du eélèbre empereur chinois KAao-nt, la confirmation de ce fait géologique impartant. Il y est dit , à propos de la Tartarie orientale ou Mongolie ; « En s’avanqant du

se rendit célèbre par ses instructions et par les changements qu’il opéra dans les mœurs (*). » {Chou-King, liv. 2 ,ch. I , Yu-Koung.)

rivage de la mer orientale vers Tche-lou, on ne trouve ni ruisseaux , ni étangs dans la campagne, quoiqu’elle soit entrecoupée de montagnes.et de vallées. Malgré cela, on trouve fort loin de la mer, dans,les sables, des écailles d'huitres et des cuirasses de cancres. La tradition des Mongols qui habitent ce pays porte qu'on a dit de tous temps que, dans la haute antiquité', les eaux avaient couvert cette plage, et qu’après s’ètre retirées, les endroits où elles étaient avaient paru couverts de sables. A s’en rapporter à la grande géographie Ti-chi ( connaissance de la terre) , une partie de ce pays est en grandes plaines, où l’on trouve plusieurs centaines de lieues que les eaux ont couvertes, puis abandonnées ; voilà pourquoi on appelle ces déserts ; mer de sables; ce qui indique qu’i'5 n’étaient pas couverts originairement de sables et de graviers. » (Mém. sur les Ch., t. IV, p. 474-)

(*) Voici comment les Chinois figurent la division de la Chine, faite par Vu , et exposée dans le texte :

Si l’on se rappelle que le signe idéographique désignant le royaume dans la langue chinoise écrite, est un carré, et si l’on fait attention tjiie le domaine du suzerain dans cette division teriitoriale est au milieu , on concevra facilement comment le nom de Royaume du milieu a nris naissance pour

Tous ces travaux furent accomplis sous les règnes de Yao et de Chust, dont Yu était le ministre.

PREMIÈRE nYNASTIE,

D> 2,306 IV. J.-C. s 1766.— 43D »t.

18 tOUVIRAlKt.

Devenu empereur, Yd tenait sa cour dans la province actuelle du Chan-si , ( ou de l’occident montagneux ), près de la frontière tartare. Mais il visitait souvent les provinces de ses états.

Dans une de ses visites , il rencontra des criminels que l’on conduisait en prison; Yü descendit aussitôt de son char, s’approcha des criminels (*), et , s’étant fait rendre compte de leurs crimes, il leur parla avec bonté et leur pardonna , en appliquant ce droit de faire grâce , inhérent au pouvoir souverain , et qui en est un des plus beaux privilèges.

« C’est à moi, dit-il, que ie dois « imputer ces désordres. Pendant le n rè^e de Yao et de Chun , les peu- « pies se faisaient un devoir de suivre « l’exemple de leurs vertus. Il faut « que je sois bien loin de leur res- « sembler, puisque sous mon règne • on voit tant de criminels. »

L’histoire chinoise rapporte que Yn convoqua une assemblée générale sur une montagne , nommée Fou, et qu’il

désigner l’empire chinois. On pourrait peutêtre reprocher à cette division de l’empire par Tu d’étre purement idéale , et de ne pas représenter à l’époque de cet empereur l’etat réel de l’empire. Mais il n’est pas cependant invraisemblable qu’après l’écoulement des eaux et la conquête par Tu d’une grande étendue de pays sur les éléments , cet empereur ait fait la division et la distribution de cette vaste contrée comme le texte chinois et la figure l'indiquent.

On aura remarqué que le tribut ne commence à être payé à l’empereur qu’aux terres de son domaine; la portion du centre où est sa résidence, est possédée en propre par lui.

(*) Voyez la planche 6, tirée des Faits mémorables des empereurs chinois; peintures chinoises , conservées à la Binliothèqu* royal* de Paris.

CHINE

y reçut les hommages et les présents de tous les habitants de l’empire. Il s’étendit beaucoup, dit le Kang-rrum, dans un discours qu'il y tint , sur les louanges de Yao et de Chun, par rapport au gouvernement de l’état, et aux obligations qu’il leur avait; il raphia les sages instructions de ses prédécesseurs, et exhorta les grands a continuer de les mettre en pratique et à rendre les peuples heureux. C^était une sanction puolique qu’il voulut sans doute donner à ses actes de gouvernement et à sa possession du pouvoir que lui avait conféré l’empereur Chun, à l’exclusion de son propre fils.

Yo mourut à la centième année de son âge , après avoir régné dix-sept ans avec Chun, et seul dix ; 2198 avant l’ère vulgaire.

INSCBIPTION DE VU.

Tous les témoignages historiques sur les travaux de Yu seraient corroborés , s’ils avaient besoin de l’être, par l’inscription chinoise qu’il fit graver sur un rocher du mont//eng-cAa»,unedescélèbres montagnes de la Chine, où les anciens empereurs avaient coutume d’offrir un sacrifice annuel au Souverain- Suprême. Cette inscription que.letemps a presque entièrement effacee, mais qui a été recueillie par les Chinois , lorsqu’on pouvait encore la lire, conservée aans le musée de l’ancienne ville de Singan-fou province du Chen-si , et dont le P. Amiot, missionnaire français, envoya à la Ribliothèque royale dè Paris,dans le siècle passé, une copie fidèle, en gros caractères de six pouces de hauteur, accompagnée d’une traduction française (*■) , est sans aucun doute le monument le plus ancien de ce genre ,

(*) 'Celle inscription originale en vieux

caractères chinois nommés ko-têou , à forme de têtard, que l’on dit avoir été inventés par Fou-bi, aqSo avant notre ère, et transcrite en nouveaux , a été publiée à Paris, en 1 8o» , par J. Hager , i vol. in-

rulio;et à Halle, en i8ii, par M.KIaprolli, qui y a joint uue explication détaillée de

chaque caractère en langue allemande.

puisqu’il remonte a l’année 2278 avant t’ère vulgaire ; les inscriptions cunéiformes de Babylone et de Persépolis , ne remontant guère qu’au temps de Sémiramis, et les inscriptions hiéroglyphiques de l’Égrote, connues , n’allant pas au-delà de ^ostris ou Rhamsès, sont, par conséquent, de plus de 500 ans postérieures à celle de Yu.

TflAOOCriOIT LtTTIB&LB.

Le vénérable empereur dit : ■> Oh !

« ( mon ) aide et ( mon ) conseiller , « qui ( me ) soulagez dans l’adminisn tration des affaires ! les grandes et v les petites îles, ( tous les plateaux n habités ) , jusqu’à leurs sommités , « toutes les demeures d’oiseaux et de « quadrupèdes , et tous les êtres exis- « tants sont au loin inondés. Vous, « avisez ( à cela, avec votre intelli- « gence pénétrante ) ; renvoyez (faites « écouler ) les eaux , et élevez ( des « digues, pour empêcher un nouveau « débordement).

« Il y a long-temps que (moi Yu) « j’ai complètement oublié ma famille « ( pour reparer les maux de l’inonda- » tion); je me repose (maintenant) « au sommet de la montagne Yo-lou.

X Par ( ma) prudence et (mes) travaux, « j’ai ému les Esprits. (Mon) cœur ne « connaissait point les heures ( du re- « pos). C’est en travaillant sans cesse « que je me reposais. Les montagnes » Uoa (*) , Yo (**) , Tai (***) , « Ueng (****), ont été le commence- ■< ment et la fin de (mes) entrepri- « ses. Après (mes) travaux accomplis, X j’ai, au milieu (de l’été) offert un X sacrifice en action de grâces. ( Mon) X affliction a cessé ; la confusion de la « nature a disparu ; les grands eou- X rants qui venaient du midi se sont « écoulés dans la mer ; les vêtements X de toile pourront être confection- « nés ; la nourriture, préparée ; les dix

(*) Dans la province du Chen-si.

(**) Id. du Chan-si.

(***) Id. du Chan-toung.

(****) Id. de Sse tchouan.

L’UNIVERS

« mille royaumes (tout l’univers) se- « ront (d&ormais) en paix, et pour?

« ront se livrer éternellement à la « joie (*). »

(*) Quelques observations archéologiques sur cette inscription , qui en deinauderait un grand nombre , ne seront peut - être pas inutiles. Le caractère chinois qui désigne les vêtements dans l’inscription, est un radical différent de celui de la soie; ce qui peut autoriser à penser que les vêtements de soie n’étaient pas alors encore en usage, quoique, dans la statistique de Yu , on trouve que certains produits de plusieurs provinces chinoises étaient en soie écrite. L’auteur d’un savant dictionnaire étiologique chinois , très-ancien ( le Chouë.wen ) , Hi|)-cbih, qui vivait dans le second siècle de notre ère , prétend que les caractères dans lesquels entre le signe de la soie, ne remontent pas au-delà de la dynastie des TcuÉon, qui a commencé iiai avant notre ère , et que tous ceux qui concernent les habits des anciens ne sont composés que des images de poils et de chanvre : ce

âui d’aiUeurs ne contredit point le Livre es Annales , qui ne parle pas de vêtements de soie, mais de soie êcrue, de pièces de soie que l’on offre en tribut à Y xo et à ses successeurs ; et ce qui s’accorderait avec l’/nscription ci-dessus. Plusieurs écrivains anciens disent aussi que Yxo , Cuuir et Yu étaient vêtus de simple toile en été , et de peaux en hiver. Un ancien philosophe chinois, Hoxï- HAH-TSiu, conCnne la simplicité de ces temps antiques , par la description qu’il fait de la demeure impériale de Yao. Le toit était de paille et de terre, les pluies de l’été y faisaient croître l’herbe et le couvraient de verdure. Après la porte d’entrée, qui était tournée au midi, venait une grande cour qui était la salle d’audience. Au bout de cette cour, entourée de murailles , était une grande salle où l’on gardait les poids et mesures , pour les marchés qui se tenaient dans cette enceinte. Au-delà de cette salle était une seconde cour , au fond de laquelle était l’humble maison où le prince demeurait avec sa famille. La salle d’audience était élevée au-dessus du sol , et les degrés par où l’onymontait'étaient faits de gazon. Comme on était obligé d’attendre pour êlie admis à son tour à l’audience on avait planté des arbres aux portes pour que les of&ciers et le peuple pussent y être à l’abri du soleil.

ÉVÉNEMENTS PRINCtPXDX AEKIVÉS SOUS LA DYNASTIE HIA.

Yn , fidèle à l’exemple de ses prédécesseurs , avait nommé le ministre Y pour lui succéder ; mais les grands clioisirent pour empereur Ki , son fils.

Cette élection directe du souverain, pris dans la famille de Yu , fut la consécration du droit héréditaire dynastique, et l’aliénation positive du droit de présentation au'avaient eu jusque là les grands de l’empire.

A dater du règne de Ki , lequel fut assez court, les souverains ne portent plus que le titre de roi ( wan^ ) ; celui d’empereur (fi) était trop difficile à garder, après Yao, Chun et Yu. Ce ne sera qu’après les règnes obscurs de trois dynasties, , que le chef d’une dy nastie nouvelle plein de force et d’énergie , se parera de ce grand titre , comme nous avons vu récemment un intelligence puissante s’en parer au milieu denous.

«Tai-kang, successeur de Kl, était sur le trône comme un mannequin (*) , dit XeChou-kiTig ; l’amour du plaisire lui avait fait abandonner le chemin de la vertu. IVlalgré l’aversion que le peuple avait conçue contre lui, il ne pensait qu’à satisfaire ses passions; pendant qu’il était à la chasse au-delà du Lo ( rivière du Ho-nan ), cent jours s’étaient écoulés sans qu’il revint.

« Alors les cinq frères du roi suivirent leur mère , et allèrent l’attendre à l’einbonchure du Lo. Dans le chagrin où étaient ces cinq fils, ils firent une élégie qui contenait les avis et les préceptes du grand Yu.

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