‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 25 sur 238 · L'ÉLÉCIE DES CINQ FILS · texte numérisé non relu

L'ÉLÉCIE DES CINQ FILS

« Le premier dit : Voici ce qui est dans les documents de notre auguste

(*) Le mot rhinoU désigne un enfant qui , dans les cérémonies en l’honneur des ancêtres , représentait le mort.

(**) Le texte chinois de ce chant élégiaque , nommé Ou tseit tchi ko , le chant des cinij fils, porte à peine les premières traces

CHINE

aïeul , Yo : Ayez de la tendresse pour le peuple , ne le méprisez pas ; il est le fondement de l’état. Si ce fondement est ferme , l’empire est paisible.

I» Les gens les plus grossiers peuvent être au-dessus de moi. Si un homme tombe souvent dans des fautes, attendra-t-il que les plaintes soient publiques pour penser à se corriger ? Avant que cela soit, il faut être sur ses gardes. Quand je suis chargé des peuples , je crains autant que si je voyais des rênes pourries employées pour diriger six chevaux fougueux.

Celui qui commande aux autres ne doit-il pas toujours craindre?

" Le second dit ; Selon les intentions de notre auguste aïeul , au dedans, l’amour excessif des femmes, au dehors, l’amour excessif de ces grandes chasses , la trop forte passion pour les boissons fermentées (*), pour fa musique déshonnête , pour les palais élevés et pour les murailles orn^ de peintures, sont six défauts, dont un seul nous perd.

« Le troisième dit: Depuis Yao, la dcnaeure des rois a été à Ki, et , parce que l’on n’a gardé ni sa doctrine, ni ses lois , on a perdu cette ville.

O Le qvatriéme dit : Notre aïeul , par son application continuelle à la vertu , devint célèbre et fut maître de tous les pays. Il a laissé des règles de conduite et un vrai modèle à ses des-

d’une intention métrique. Les vers , si on peut les appeler ainsi, sont de différentes mesures, de deux, trois, quatre, cini^, six mots ou syllables, dont quelques-uns nment ensemble.

(*) On voit, par ce passage, que l'usage des boissons fermentées est très-ancien en Chine. Les écrivains chinois disent que cette boisson fut inventée sous le règne de l’empereur Yu, qui en éprouva un grand chagrin. « Cette liqueur , dit-il , causera les plus grands troiibW dans l’empire. » Il bannit de ses états l'inventeur de ce breuvage, qui n’était point le jus du raisin , mais un extrait fermenté du rii. On voit aussi que l'art de peindre était déjà connu alors,

ainsi que la poésie , la musique et plusieurs autres produits d’une civilisation avancée.

cendants. Cependant les étalons des poids et mesures, qui doivent être partout en usage et servir pour l’égalité, sont dans le trésor. On a abandonné sa doctrine et ses lois ; c’est pourquoi il n’v a plus de salle pour honorer les ancêtres, ni pour faire les cérémonies et les sacrifices.

« Le cinquième dit-: Hélas! que faire! la tristesse m’accable! les peuples me haïssent! A qui donc puts-je avoir recours? Le repentir est dans mon cœur, la honte sur mon visage.

Je me suis écarté de la vertu ; mais mon repentir peut-il réparer le passé? » {Chou-King, livre 2, ch. 3.)

REirVERSEMEirr DE TAl.KANG.

La conduite de ce roi , qui passait ses jours dans les débauches de son palais, ou à la chasse au milieu des bois , ravageant avec ses chevaux et ses meutes de chiens les campagnes cultivées, excita l’indignation publique. Il fut détrôné par les granus. Ce fut un de ses principaux officiers qui s’empara de sa personne, dans le temps que depuis plus de trois mois il n’habitait ^e les forêts. Il fut envoyé en exil , et un de ses frères nommé Tchotiivg-kat«g fut mis à sa place ( 2,159 ans avant notre ère) (*}.

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