DYNASTIE
SK 1,122 — Î48 AVAWT BtOTKK à»*.— 874 AaSKKS.
38 SOVTBtAIVS.
1122. Le fondateur de cette nouvelle dynastie, comme ceux des dynasties précédentes , fut un grand souverain, selon les historiens chinois ; et les philosoplies de cette nation , au premier rang desquels est placé Conpdcius, l’ont toujours cité pour modèle aux autres princes. Après avoir renversé le dernier roi de la dynastie Chang, le prince de Tchéou, qui se nommait Fa , reçut ou prit le nom de Wou-wANG ( roi guerrier ) , sous lequel il est connu dans rhistoire (*).
(*) A partir du fondateur de la troisième dynaslie nommée Tchéou, jusqu’à la ciniiième, celle des Han, les rois ne sont pas ésignés dans l’bistoire par leur vrai nom , mais par le surnom qui leur -a été donné après leur mort dans la Salle des ancêtres, et qui résume déjà, par une seule épitlièle, le jugement de rhistoire et de la postérité. A partir de la dynaslie Han, les emperetir» se donnent un nom de règne qui est qudqiiefois plus usité que le nom posthume.
Dioiîi C,nï\qlc
L’UNIVERS
Après la défaite de Chkou-sin, les peuples qui craignaient le ressentinientduvainqueurs’étaientdisperséset jetés dans les montagnes. Wou-wang envoya plusieurs de ses ofiiciers de tous côtes pour les rassurer et les faire revenir, avec promesse qu’on ne leur ferait aucun mal. Il ne voulut entrer dans la capitale , dont presque tous les habitants avaient fui , que lorsqu’ils y seraient revenus. Ce fut un ancien ministre de Créoü-sin, qui n'avait pu arrêter les folies de ce roi , et qui s’était retiré luiinéme dans les montagnes avant la catastrophe , qui les ramena. Ce fut alors que tVou-wANG fit son entrée dans la capitale de l’empire, accompagné de trois mille cavaliers. L’histoire chinoise rapporte un curieux dialogue que l’on suppose avoir été tenu dans cette circonstance. Pi-kowig , frère de Wou-WANG, marchait à la tête.
< N’est-ce pas là notre nouveau roi ?
« demanda le peuple à l’ancien mi- « nistre qui connaissait Wou-wang.
« — Non , répondit-il , celui-ci a l’air « trop fier, ce ne peut être lui : le n sage a un air modeste , et pralt « craindre dans tout ce qu’il en- « treprend. » Après parut TcA-koung (grand comte, premier ministre de Wob-waug), monté sur un beau cheval, avec un air qui inspirait la frayeur. Le peuple , épouvanté de sa seule vue, demanda à l’ancien ministre ; « Serait-ce là notre nouveau mèl- « tre? — Non, rendit-il; celui-ci • est un homme qu’on prendrait,
< même quand il s’assied , pour un ti- « gre , et pour un aigle ou pour un « epervier quand il se dresse sur ses « pieds : quand il se bat dans une ac- « tion , mouta-t-il , il se laisse em- « porter î l’ardeur impétueuse de son « naturel liouillant et colère : le sage « n’est pas tel ; il sait avancer et se « retirer à propos. » Tchéou-koung ( frère cadet de Wob-waug) parut a la tête d’une troisième troupe, avec un air majestueux, qui lit croire aussitôt au peuple que c’était Wou- WANG. « Ce n’est pas encore lui , « répondit , l’ancien ministre. Celui-ci
« a toujours un air sévère et grave .
n et ne pense qu’à détruire le vice ; « quoiqu'il ne soit pas le fils du ciel , > maitre de l’empire, il en est le pre- « mier ministre et le gouverneur.
« C’est ainsi que le sage sait se faire « craindre, même des gens de bien. ■> Dans ce moment parut un homme majestueux , mais modeste, avant également un air sérieux et afrable , environné d’une foule d’officiers, qui montraient assez par leurs manières respectueuses , que celui qu’ils accompagnaient était leur souverain. Le peuple alors s’écria : « Ah ! voici sans « doute notre nouveau prince!— C’est « lui , répondit l’ancien ministre ;
« quand le sage veut faire la guerre « aux vices et rétablir la vertu , il est « tellement maître de ses passions ,
• que jamais il ne fait paraître aucun
• mouvement de colère contre le vice,
« ni de joie à la vue de la vertu. »
Lorsque Wob-wawg eut fait son entrée dans la ville, il fit publier qu’il ne prétendait point changer le gouvernement des Ckang, qu’il voulait au contraire qu’on observât les réglements faits par les anciens sa-
es de cette dynastie. Cependant un
e ses premiers actes de aonveraineté fut le changement du calendrier :
il ordonna que la lune ou le mois dans lequel se trouve le solstice d’hiver, fût la première lune de l’année, et on détermina que l’heure de minuit commencerait le jour civil. L’astronomie éteit très-cultivée à cette époque : le père de Wob-wang avait fait construire un observatoire dans sa principauté de Tchéou (*). Tout renver-
(*) Cet observatoire est célèbre dans le Livre des vers, soos le nom de Tour de VintelUgence (Ung-tai). L'empressement du peuple pour l'élever fut si grand qu’il fut construit en nu jour, dit Mutg-tsso. Le P. Gaubil, dans son Histoire de l’astronomie cbinoise, a calculé, avec les éléments ébnservés dans le Chou~King , les dates précises des événements principaux qui concoururent au troisième changement de dynastie. » L’examen et le calcul des jours marqués dans le Chou-King, dit-il, font voir que le 3o novembre 1 1 (a,Wou-WAi»c partit de sa cour
CHINE
seinent de dynastie étant sumwsé un châtiment public des lois enfreintes , et tout gouvernement nouveau le rétablissement du règne de la justice , le nouveau roi parait avoir répondu largement à cette mission. Il lit sortir de prison tous ceux qui v étaient retenus injustement; il fit élever un tombeau au courage civil du ministre mis à mort par le dernier tyran , et il honora sa mémoire pr de pmpeuses cérémonies. Il distribua à l'armée qui l’avait servi l’argent trouvé dans les trésors de Chkou , et fit de nombreux présents aux princes , aux grands et aux officiers. 11 lit faire des cérémonies pour honorer ceux qui étaient morts dans le combat dont il sortit vainqueur. La couleur blanche était, comme nous l’avons vu, la couleur de la précédente dynastie; il y substitua la couleur rouge. Après avoir fait quelques réglements pour le soulagement des peuples et pur la sdreté de ses conquêtes, il s’en retourna à Fouiw-hao (aujourd’hui Tchang-anhian ) dans sa prmeiputé du Chen-si, où il fixa le siège du gouvernement, qui étaitavant dans le Ho-nan.AVoti-wANC commença son règne par offrir des actions de grâces au Souverain empereur du ciel (Chang-ti); il rétablit les anciennes lois et les anciennes coutumes auxquelles son prédécesseur avait substitué sa volonté royale et les odieux caprices de sa maîtresse.
Il attacha sept historiographes à .sa cour. Le premier, sous le nom de Premier ou grand historien ( Taï-sse), était chargé de recueillir tous les faits
concernant le gouvernement général de la Chine. I^ second , nommé )>etit historien { Chao-sse ), tenait registre de tout ce qui regardait les états feudataires. Le troisième, nommé Observateur lies météores ( Foung-siang ), mettait pr écrit les observations astronomiques et tous les événements de l’histoire céleste. Le quatrième , nommé Pao-tchang , rédigeait les détails des phénoinènes physiques et des calamités. Le cinquième', nommé Historien de antérieur ( Mel-sse ) , conservait les édits , déclarations, ordonnances de l’empereur et les sentences qui faisaient loi. Le sixième , nommé Historien de l'extérieur ( 'Ài-sse ) , avait dans son département les livres étrangers, les traductions, les dépêches de la cour , etc.. Le septième enfin , nommé Historien impérial ( Tusse ) , écrivait les mémoires particuliers de l’empreur et de sa famille.
Il fit venir à sa cour l’oncle du tyran efféminé, qui avait été obligé de contrefaire l’insensé pur échapper à la mort.
Wou-xvxNG eut avec lui de fréquents entretiens sur la philosophie , l’astronomie , la politique, la physique et autres objets concernant la science du gouvernement. Ces entretiens ont été conservés dans le Livre sacré des .-tnnales. (’oinme c’est sans aucun doute le monument le plus ancien qui nous reste dans l’hi.stoire , de l’état de ces sciejices, à cette époque reculée (1122 ans avant notre ère ), on croit devoir le rapprter ici ; en prévenant que l’on n’a ps prétendu eclairer toutes les diflicultésdu texte chinois. Mais comme il est impssible aux hommes de nos jours d’avoir l’intelligence complète de l’antiquité ( ils ne peuvent pas même l’avoir de leur épque ), ce qui restera intelligible suflira pur apprécier jusqu’à un cx*rtain point l’état de ja civilisation chinoise à l’épquedont il est question ; car la civilisation se manifeste dans les idées comme dans les faits.
» A la treizième année, le roi interrogea Ki-tseu.
« Le roi dit : « Oh ! Ki-tsf.u, le ciel a des voies secrètes par lesquelles il
du Chen-si pour sa grande expédition: que le 26 décembre 1112, il passa le fleuve Hoaug-ho à Meng-tsin ; que , le 3 1 dcxxinibre, l'armée fut rangée en bataille dans la rampagne de Mmi-fe; que, le i"' janvier 1 1 1 1, il y eut balaille; Wou-wako fut vainqueur. ()n voit aussi qu'aprés le 3* jour de la 4* lune , dans l’année 1 1 1 1 , Woo-wako repartit pour sa cour, et que le 1 4 avril iiii, il fut salué et reconnu empereur avec grande pompe. > Ce calcul diffère de lo ans de a'lui des grands Tableaux chranotogiijues chinois, et de .sa propre chronologie, d'une coiupositioii plus récente.