‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 53 sur 238 · CHINE. 3IS · texte numérisé non relu

CHINE. 3IS

disümcc réciproque des lieux ; dons la géométrie, pour l’arpentage; dans l’aritlimomancie , pour le fondement sur lequel devait s’appuyer l’art de la devination ; dans la musique des grandes cérémonies, pour les tons primitifs qui devaient en régler les modes; dans le commerce et les arts, pour les dif* férentes mesures de dimension et de poids. Il détermina que six pouces seraient la mesure du pied , et six pieds celle du pas géométrioue. Il voulut que son propre char lut long de six pieds, qu’il fût traîné par six chevaux, et que tout le reste de l’équipage fût réglé de même par six. Il voulut encore que le bonnet qu’il portait , lorsqu’il était assis sur son trône , eût six pouces de haut, et que ses habits extérieurs fussent en proportion de son bonnet. Enfin, le produit de six, multiplié par lui-même, fut le nombre diviseur de l’empire, qu’il partagea dès lors en trente-six prmiivces (*) , qu’il se proposa de visiter en personne, dans des temps dont on fixerait l’époque par six (**).

Il choisit le noir pour la couleur impériale. Il réforma le calendrier, et fit commencer l’année deux lunes plus tût qu’elle ne commençait sous les Tchéou.

Le premier jour de sa nouvelle année fiit celui où le soleil et la lune se trouvaient en conjonction dans le sagittaire.

Tous les souverains qui l’avaient précédé employaient , par modestie , ou

fiar un usage consacré, en parlant de eur personne, le pronom Yû, qui signifie un esprit borné, un homme peu éclairé; THsiN-cin-HOAtio-Ti-y substitua celui de Tchin, qui signifie une personne distihgMe , hors du commun ; et ce dernier pronom a été, depuis, le pronom personnel exclusif des empereurs chinois (***).

(*) Li-tai-ki-sse , kiouan ïo, fol. ao, v.

(**) Mém. sur les Chinois, 1. III , p. a3/,.

(***) Thshs-chi-hoaho-ti, entre tous ses défauts , ses vices mêmes , n’avait pas du moins l’hypocrisie de la modestie. Il voulut que le langage exprimât la pensée , et il hannil V antiphrase de son dictionnaire usuel;

nésanuEMEiiT bt SKSEi.ussEXBirr de u

CAPITALB.

Après ces réglements et d’autres encore, l’empereur pi^lia un édit par lequel il ordonnait à tous ses sujets d’envoyer à la capitale, Hien-yang, toutes les armes et instruments de guerre que l’on trouverait dans les provinces, pour les détruire, parce que , disait-il , la paix étant universelle , il n’y avait plus de guerre à craindre, et par conséquent les armes devenaient inutiles. C’ebdt en outre une grande marque de confiance qu’il donnait à ses sujets. Il fixa aussi dans sa capitale le séjour de ses guerriers les plus renommés. Cette capitale devint comme un grand dépût de guerre , que le désarmement habile des provinces enrichissait chaque jour. L’empereur pensa alors à l'embellir avec la plus grande magnificence. Il fit rassemoier les cloches et autres instruments de musique, &its de métal, qui se brouvèrent dans les palais et les temples des royaumes qu’il avait conquis.

Après en avoir retranché ce qui lui parut digne d’être conservé sous le rapport de l’art, il fit fondre tout le reste en douze statues, qui pesaient chacune douze mille livres , et qui furent placées dans la salle d’audience du palais impérial.

Au nord de la rivière H^ét-chosa, qui coulait près de Hien-yang, quelques jardins et une colline assez nue ne répondaient pas à la magnificence des projets du nouvel empereur. €hi- HOANG-Ti, qui eût voulu renouveler toute la surface de la terre, s’il eût été en son pouvoir de le faire, dit un historien , résolut de changer cette étendue de terrain en un'lieu de délices et comme d’enchantement. Il avait eu soin de faire lever le plan de toutes les demeures royales des princes qu’il avait subjugués; il avait fait mettre à part tout ce qui s’était trouvé de plus précieux dans leurs différents palais , ainsi que dans la demeure des grands de

mais toDirfoU il ne poussa pas \hyperhoU aussi loin que dans certaines cours de l’Europe.

L’UNIVERS

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leurs cours, et il l'avait fait transporter à sa capitale, lUenryanç, en même temps qu’fl y faisait conduire la multitude bnllante des femmes à talents qui servaient à leurs plaisirs.

Ce n’est pas tout : comme pour rappeler sans cesse à ses sujets et à la postérité la grandeur de ses conquêtes et de sa puissance, il fit construire, sur le modèle des plans qu’il en avait, tous les palais et toutes les maisons de plaisance des rois qu’il avait vaincus , et dont il avait envahi les états. Il ordonna que les meubles précieux qui les décoraient autrefois en feraient de nouveau l’ornement, et que les personnes , femmes et eunuques , qui y faisaient leur séjour, pour le service et les

{ilaisirs de leurs souverains respectifs , es habiteraient désormais , sous l’autorité et le bon plaisir du premier sour veraln absolu de la dynastie Thsin.

Ces bâtiments , d’un goût si varié , occupaient, d’orient en occident, le long des bords septentrionaux de la rivière fVtH-chmA , un espace de terrain immense. On communiquait de i’un à l’autre au moven d’un magnifique périptère qui s’étendait sur tous, les embrassait tous , et formait, tant en dessus qu’en dessous , une vaste et superbe galerie , où l’on était à couvert en tout temps, et qui était elle-même un objet des plus agréables à voir; ces différents édifices, qui constituaient le palais impérial, étaient si vastes, que dix mille hommes pouvaient être rangés en bataille dans une de leurs cours.

VISITES DANS L’INTÉRIEUS OE L’EMPIRB.

C’était une ancienne coutume, qui datait de l’origine de l’empire chinois, qu'à certaines époques de l’année les souverains faisaient la visite des provinces de leur empire. Après avoir conquis tous les royaumes de la Chine qui s’étaient rendus indépendants sous les précédentes dynasties, Thsin-chi- HOAJio-Ti voulut aussi visiter ses nouvelles provinces. Mais avant de se mettre en voyage, il assembla son conseil , et invita tous ceux qui le composaient à ne pas craindre ue lui

dire sans détour leurs sentiments sur les mesures à prendre pour assurer le bon ordre, augmenter de plus en plus la splendeur de l’état et le oonheur de ses sujets.

L’un des conseillers proposa de donner la plupart des provinces conquises en apanage à des princes du sang. C’était ret^ber dans la politique inhabile et impuissante des dynasties précédentes, et détruire tout ce qui venait d’êtré fait au prix de tant de sang versé. Le premier ministre Li-sse , qui avait conseillé une politique toute contraire, s’y opposa vivement. Il rappela l’exemple des Tchéou, qui avaient perdu l’empire pour avoir suivi des conseils semblanles. Il proposa de nommer trente-six gouverneurs pour les trente-six provinces dans lesquelles l’empire venait d’être divisé. « Que ces trente-six gouverneurs, dit-il, aient sous eux un certain nombre d’officiers pour les aider dans l’administration des affaires, en même temps qu’ils seront leurs surveillants pour eclairer leur conduite et vous donner avis de

tout Je ne dis plus qu’un mot,

et je me tais. Les Tchéou créèrent des rois; ils créèrent des princes sous différents titres plus ou moins relevés , mais toujours avec les prérogatives de la souveraineté. Ces rois et ces princes, oubliant ensuite ce qu’ils devaient au sang , à l’amitié et à la reconnaissance, se divisèrent d’intérêts; de cette division, ils passèrent bientôt à la haine ; de la haine résultèrent les guerres les plus sanglantes ; ne se soutenant plus mutuellement, ils ne tardèrent pas à être renversés ; leurs propres sujets se révoltèrent, les firent descendre du trône qu’ils occupaient si mal , s’y placèrent eux-mêmes, et ils s’y soutiendraient peut-être encore , si Votre Majesté , par la force de ses armes et la sagesse avec laquelle elle s’est conduite, ne les avait tous fait rentrer dans le néant d’où ils étaient sortis (*}. »

L’avis de l’empereur mérite d’être

(“} Mt’iii-, I. HT, p. aiîut

cité , parce qu’il fait bien connaître sa politique habile :

« Tout bon gouvernement exclut la multiplicité des maîtres. Si j’érigeais des principautés et des royaumes, pour les donner en apanage à ceux de mes parents, amis ou sujets fidèles, qui méritent des récompenses ou des distinctions , je travaillerais à coup sûr à la ruine de nia maison , et à la perte de ceux que j’élèverais ainsi. Toutes les guerres qui ont désolé l’empire n’ontelles pas été suscitées , fomentées et poussées jusqu’où elles pouvaient aller, par les princes feudataires qui en partageaient entre eux l’étendue, et qui en possédaient quelques portions à titre de souveraineté? etc. »

L’empereur , se conformant à l’avis de Li-sse, son premier ministre, nomma des gouverneurs de province, et des gouverneurs subalternes , chargés de fonctions inférieures et d’un contrôle mutuel de leurs actes. C’est cette habile organisation qui subsiste encore aujourd’hui en Chine , à peu de changements près , introduits par la dynastie tartare actuellement régnante-, ce qui en prouve suffisamment la supériorité.

L’année suivante , l’empereur commença la visite de son empire par la province de Chen-si. Il examina la nature du terrain qu’il parcourait, le genre des productions qui lui étoient propres, la situation , la quantité de ses eaux , le nombre de ses montagnes et de ses rivières, la température de l’air; il s’informa en détail des mœurs et des différentes coutumes de ceux qui V ayant pris naissance avaient pu conserver encore la manière de vivre de leurs ancêtres, ou pouvaient avoir su d’eux , par tradition , ce qui se pratiquait avant les événements des guerres. Il se rendit ensuite dans un lieu qui fait aujourd’hui partie de la province de Sse-tchouan , et où se trouvaient des eaux renommées par leurs vertus bienfaisantes. Les ayant trouvées telles , il y fit bâtir un magnifique palais qu’il nomma le Palais de la bonne joi (Sin-koung) , et il y établit pour le public une vaste hôtellerie ,

qu’il appela rhôlellerie de la source douce (*).

CONSTRUCTION ns GRANDES ROUTES DANS L’EMPIRE.

Ces visites des empereurs chinois aux différentes provinces de leurs états n’étaient pas destinées à recevoir des hommages , d’autant moins mérités souvent qu’ils sont plus recherchés.

Loin de ne servir qœà dissiper la fortune publique au profit des vanités locales , elles étaient la cause indirecte d’un i^and nombre d’heureuses améliorations dans l’administration provinciale. Pour plaire à Thsin-chi- BOANG-Ti , dont ils connaissaient les grandes idées d’ordre et de magnificence , les mandarins des lieux par où il passait faisaient tout leur possible pour le recevoir comme il désirait de l’être. Des routes spacieuses et commodes , sur un sol qu’on avait eu soin d’aplanir, et aux deux côtés desquelles on avait transplanté des arbres dans toute leur crue, frappèrent surtout ses yeux. Ses idées de grandeur et de puissance se réveillèrent dans son esprit, et il forma le dessein d’un monument utile, qui pût sans cesse attester l’une et l’autre jusqu’à la postérité la plus reculée. « Ces routes , ditil , ont été faites pour moi , j’en suis très-satisfait ; elles ont tous les avantages que l’on peut désirer. Il n’est pas juste que je profite seul d’une commodité dont mes sujets ont plus besoin que moi , et que je puis leur procurer. Que dans toute rétendue de mes états, on fasse des grandes routes, pour communiquer d’une ville à l’autre, et que ces routes soient exactement semolables à celles que j’ai parcourues.» Dès l’année même cet ordre commença à s’exécuter (**).

L’une de ces grandes routes eut mille huit cents lys de longueur (environ 180 lieues). Pour la construire telle que le voulait l’empereur, il fallait percer des montagnes, combler des

(*) Li-taï-ki-sse , kiouan îo, fol. ai, rcclo.

t**) l.i-tai-ki-ssr , id.

L’UNIVERS

vallées, jeter un grand nombre de ponts sur des torrents et sur des rivières, dessécher des lieu.x marécageux et planter des arbres sur chaque coté; cette route devait ressembler à l’allée principale d’un grand parc, pour les nommes à pied , et avoir, outre cela , toutes les commodités nécessaires pour les voitures et équipages de différentes sortes. Elle fut exécutée telle que l’empereur l’avait ordonné. L’an 35 de son règne, dit le P. Gaubil, le général Moung-tien commença les ouvrages par la grande route , depuis Svmganfoii (dans le Chen-si) jusqu’à l’ouest de Tautoung-fou (du Chan-si) près de la grande muraille et du fleuve Hoang-ho. Cette même année plus de 800,000 personnes furent employées pour achever les divers palais aux environs de la capitale, et si l'on en croit ce qu’on rapporte, c’était ce que l’on peut concevoir de plus riche et de plus somptueux en bâtiments. Il était défendu sous peine de la vie de parler de ce qui se passait dans ces palais, qui étaient tous renfermés dans une enceinte d’une prodigieuse étendue.

Nous n’avons pas besoin de répéter ici combien la conduite du conquérant chinois a de rapport avec celle du conquérant moderne que nous avons nommé au commencement de cette notice.

Les rapprochements se feront bien sans nous dans l’esprit du lecteur.

OPIKJSITION DES LKITRÉS.

L’année suivante, 28* de son règne (et 2i9avant J.-C.), Chi-hoang-ti reprit le cours de ses voyages dans son vaste empire. Il se dirigea vers les provinces de l’orient, et il se rendit à Kiun-hien, ville du royaume de Lou, célèbre par le grand nombre de lettrés qui y ont pris naissance, ou qui s’y sont distingués. Ce fut là qu’il se trouva pour la seconde fois en contact avec cette classe éclairée des nations qui se constitue en opposition plus ou moins directe, lorsque la classe militaire, généralement moins éclairée, domine. Ce fut là aussi que se corroborèrent dans l’aine du fier empereur ces profonds ressentiments contre les idéolo-

gues chinois qui osaient se permettre de ne pas approuver complètement sa conduite, et qui lui rappelaient celle des souverains de la haute antiquité.

L’empereur , qui avait permis aux lettrés de la ville de KiwHiien de lui faire des représentations, leur répondit que ce quuls proposaient n’était pas propre au temps présent, ni conforme aux circonstances. Chi-hoang-ti avait peut-être raison. Lui était un homme nouveau qui voulait faire des choses nouvelles et de grandes choses.

L’esprit des lettrés, confiné dans les faits du passé , ne mesurait pas la portée du sien. Ces lettrés ne virent en lui qu’un tyran qui foulait audacieusement aux pieds tous les usages et toutes les traditions, parce qu’il ne voulait dater que de lui-même. Dès lors on prévoit déjà la lutte à mort qui devait s’élever entre eux. Cette lutte est trop instructive et trop rare pour que nous puissions nous Dispenser de la rapporter ici , avec tous les détails qui peuvent en faire apprécier la nature et l’importance. Nous continuerons d’emprunter de temps en temps les paroles du P. Âmiot.

L’empereur étant sur le point d’aller visiter une montagne célâire où l’on offrait des sacrifices , les lettrés voulurent lui faire des représentations :

> Seigneur, lui dirent-ils, l’action que vous allez faire est des plus importantes ; elle mérite la plus grande attention de votre part. Lorsque les sages empereurs ue la vertueuse antiquité allaient offrir des sacrifices sur quelqu’une des montagnes célèbres de leurs provinces, ils s’y préparaient longtemps à l’avance , et avec tout le soin dont ils étaient capables. Pénétrés du plus profond respect fiour des lieux qui devaient être les témoins de leur culte , ils eussent regardé comme un crime de ne pas donner à l’extérieur des marques de leur vénération. Modestes, attentifs, recueillis en euxmêmes, tout ce qui tes environnait semblait être anime des mêmes sentiments.

« Le char sur lequel ils étaient montés était sans ornements ; on envelop-

CniNE.

pait les roues avec des joncs , ou d’antres lierbes aquatiques , afin de ne fouler qu’avec décence une terre, des pierres et des plantes qui étaient des objets comme sacrés à leurs yeux.

« Arrivés h l’endroit désigné, ils en balayaient la poussière, et, sans qu’il fdt besoin de rien couper , de rien arraclier , ils disposaient tout le reste de la manière la plus convenable à ce qu’ils se proposaient.

« Ils dressaient ensuite un autel avec quelques pierres, ou simplement avec de la terre , dont ils faisaient une espèce de tertre, et, placés eux-mêmes sur un coussin , couverts de plantes , d’Iterbes et de feuilles d’arbres , ils offraient respectueusement leur sacrifice.

Nous ne voyons pas. Seigneur, que vous vous disposiez à rien faire de pareil , mais au contraire »

L’empereur ne leur permit pas de pousser plus loin leurs représentations, afin de ne pas être obligé d’en venir encore avec eux à des mesures extrêmes.

• Ce que vous proposez là , leur r^ndit-il , serait aujourd’hui trop difficile à exécuter. J’agis plus simplement encore que ces anciens , dont vous vantez tant la simplicité. Je dois aller à la montagne TSeoa-y-cAan, -j’aidonnédes ordres pour que l'on fit un ciiemin d’ici au sommet de cette montagne, et que ce chemin fdt aussi commode que le lieu peut le comporter , afin que je pusse le parcourir aisément avec tous ceux de ma suite. Pour le rendre tel , on coupera les arbres , on brûlera des broussailles , on arrachera des plantes , on abattra, s’il le faut, des quartiers de rochers. L’autel , les offrandes, la victime , tout sera prêt quand j’arriverai , et je n’aurai plus qu’a faire moi-même ce qui sera l’objet de mon voyage.

Cette manière de procéder n’est-eile pas plus naturelle et plus simple que tout ce que vous m’avez dit de celle dont y procédaient les anciens.Du reste, comme vous n’avez plus rien à faire auprès de moi , vous pouvez vous retirer pour aller vaquer à l’étude, ou à vos emplois, si vous en avez. Q'<itnd j’aurai besoin de vous , je vous ferai savoir mes ordres. »

L'RMPBSEDR VA SACRIFIBR SUR LES MONTAGNES.

Les lettrés qui , comme on vient de le voir, prétendaient régler les cérémonies du cuite , de ce culte primitif semblable à celui des anciens Persans et qui a été remplacé par le culte secondaire renfermé dans des temples, les lettrés, dis-je, furent peu satisfaits de l’insoumission de l’empereur. Celui-ci ne le fut pas plus des lettrés. Il se rendit à la montagne , monta jusqu’à la cime, par le côté du midi, y offrit son sacrifice, et y éleva le monument u’il avait fait graver sous ses yeux , ans la ville même qu’il venait de quitter. Il deseendit de cette montagne par le eôté du nord , continua son voyagedansla province du Chati-toung, y visita les principales villes , et se rendit successivement sur les montagnes Taï-chan (*), Liang-fou, et Lottang-ije , qui passaient alors pour les plus câèbres de l’empire. Il y offrit ues sacrifices et y éleva des monuments en pierre, semblables à celui de la montagne prteédente.

Les écrivains chinois prétendent que Thsin-chi-hoxng-ti fit ensuite chercher le prétendu breuvage de l’immortalité (**), que promettait la secte fon-

(*) C’est sur la montagne Toi que se tenaient les assemblées des princes de la partie orientale de l’empire sous les premières dynasties. On commençait ces assemblées , espèces d’étals-génèraiix , par des cérémonies au Chang-ti ou Souverain maître du ciel, et ensuite aux esprits. Dans la suite il y eut de grands changements à ces cérémonies, et le Tai-chan devint, dit le P. Oaubil, comme le siège des superstitions de la secte de Tao ou de la raison suprême.

(**) Ce fait est tellement accrédité qu’il se trouve reproduit dans les Faits mémorables des empereurs chinois , peintures chinoises de la Bibliothèque royale de Paris, auxquelles nous avons déjà emprunté plusieurs sujets historiques. Nous avons fait graver celui-ci (voy. pl. tS). On voit C«(noAHG-Ti qui se fait porter en palanquin dans un couvent de bonzes, situé sur le sommet d’une montagne , pour y chercher le breuvage de l’immortalité. Au pied de b

L’UNIVERS

dée par Lâo-tseu ( voy. pag. 110), et les vases d’airain du grand Yn, me l’un des derniers empereurs de la dynastie des Tchéou fit jeter dans un lac profond.

On a déjà vu précédemment ^e Thsin-chi-hoang-ti avait échappe à un assassinat suscité par le fils d’un prince qu’il avait dé^uillé de son royaume. La 29° année de son règne , et la 4* depuis qu’il était empereur, il fut encore l’objet d’une pareille tentative, de la part d’un simple particulier dont les ancêtres avaient été ministres des rois de l’ancien rcwaume de H cm; et c’est par un excès de fidélité à ses anciens maîtres qu’il entreprit de faire assassiner celui qui leur avait enlevé leur royaume (*). Dans les temps de grandes révolutions , il y a trop d’intérêts blessés , trop d’existences compromises, trop de pensées de gloire ou d’ambition refoulées, pour que les nouveaux pouvoirs, le plus souvent obligés d*être tyranniques pour se consolider, ne soient pas exposés à ces criminelles tentatives. Les exemples anciens et modernes ne manquent pas.

iTABUSSBMENT O'DNE STATISTIQUE GÊNÉ.

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