‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 54 sur 238 · RALE DE L’EMPIRE · texte numérisé non relu

RALE DE L’EMPIRE

Au nombre des grandes et belles entreprises de Chi-hoang-ti pour la gloire et la prospérité de son empire, il faut placer la suivante. En parcourant les différentes provinces , et en examinant, comme il avait coutume de le faire , la qualité des terres et leurs divers produits , il conçut l’idée d’une description générale de tous ses États, dans laquelle on ferait entrer la notice détaillée de toutes les productions de chaque canton.

De retour a Hien-yang, sa capitale, il donna des ordres ponr commencer cette grande entreprise , dont l’empe-

monlagne ou du rocher on aper^it le vaisseau de l’empereur en rade dans un golfe de la mer orientale.

(*) Voy. Mémoires sur les Chinois, I. III, pag. aSS.

reur Tu avait déjà pu lui donner l’idee (voy. pag. 47 et suiv.); et, en moins d’une année, il eut, par cette nouvelle statistique, une connaissance exacte de la nature des terres et de leurs produits. Elle servit à r^ler la quantité et la qualité des tributs , la manière et le temps de les percevoir, et tout ce qui avait rapport à la culture. Il en résulta une grande amélioration dans la perception des impêts ; ils furent d’un plus grand produit pour le trésor public, et le peuple fut beaucoup moins grevé qu'auparavant. On voit que l’esprit actif et entreprenant de Chi-hoang-ti ne se bornait pas à faire des conquêtes pour l’agrandissement de son empire. Il passait des journées entières avec ses ministres , disent les historiens; il travaillait constamment avec eux et comme l’un d’eux ; et , lorsque les soins du gouvernement lui donnaient trop de fatigue , il cherchait des distractions dans des promenades solitaires , qu’il faisait le plus souvent à pied , accompagné seulement de quatn officiers dont Q connaissait le mérite et l’attachement à sa personne. Il parcourait ainsi les villages et les campagnes , et ne rentrait souvent que bien avant dans la nuit.

Il avait ordonné de construire un grand nombre d’édifices publics pour Pornement de sa capitale ; mais, comme ces édifices ne s’élevaient pas aussi vite que son esprit ardent l’eût désiré , il recommença le cours de ses voyages pour ne pas rester le témoin irrité de ces lenteurs. Il se rendit de nouveau dans les provinces orientales, puis il se dirigea vers le nord; et partout il ne s’occupa que de ce qui pouvait contribuer à la prospérité publique.

Page 1