I.'UNIVERS
cct enfant, car il. n’avait que neuf ans lorsqu’on lui donna le titre d’empereur, fut, au bout de quatre ans de prétendu règne, empoisonné par son régent, nommé Wang-mang, qui ambitionnait l’autorité suprême; exemple frappant du danger pour les rois de ne pas être représentés au pouvoir autrement que par de vains et impuissants simulacres. Wang-mang, pour accoutumer le peuple à son obéissance, créa des princes de sa famille, s’attacha un grand nombre de créatures, et il poussa même l’audace jusqu’à offrir en personne le sacrifice solennel à l’Être suprême, que les empereurs seuls, comme ses envoyés et ses représentants sur la terre , ont le pouvoir d’offrir.
II éleva les descendants de Confucius, de la soixantième génération , à un très-haut rang dans l’empire, lequel rang,depuisce temps, a été hérédiraire dans sa famille. Le royaume de Hoang-tchi envoya offrir des rhinocéros et des bœufs , cequi fit un bon effetdans le public. Si la libéralité de ce prince pour le peuple, qu’il voulait s’attacher, était grande, sa sévérité pour ceux qui lui résistaient l’était encore plus. Il y avait des jours où il faisait mourir plusieurs centaines de personnes. Il dépouilla les tombeaux des membres de la famille impériale, en disant que les richesses enfouies avec les morts seraient plus profitables aux vivants :
ironie amère et impie qui peignait son caractère.
Un enfant de deux ans succède un moment à Hiao-ping-ti. La neuvième année de notre ère est nommée chez les historiens chinois : la première année de r-usurpation clairement manifestée de SiN-MANG (ou de Mang , fondateur de la dynastie 5i», nouvelle). Cette dynastie éphémère commença et finit dans la personne de ]\Iang,‘ qui régna quinze ans pendant lesquels il avait voulu renouveler l’empire. Il le divisa en neuf provinces et en cent vingt-cinq districts, dans lesquels se trouvaient deux mille deux cent trois villes. La onzième lune (onzième mois) de la cinquième année de son règne
(seizième de notre ère), une comète apparut en Chine. A la nouvelle de ce changement de dynastie , les Hioungnou se soulevèrent; leurs incursions dans les provinces septentrionales de l’empire recommencèrent. Les peuples de l’Asie occidentale qui avaient été soumis rompirent également avec la Chine. Wang-mang envoya des expéditions lointaines et coûteuses pour rétablir la domination chinoise dans ces contrées éloignées; ces expéditions, ainsi que les dépenses et les libéralités u’entralne toujours un changement e dynastie, épuisèrent ses ressources.
Le oeau s^’stème financier des emprunts , qui ruine l’avenir des peuples pour soulager le présent, était alors inconnu en Chine comme il l’est encore actuellement. Wang-mang fut forcé d’augmenter les impôts, et il établit de nouvelles douanes pour percevoir des droits sur toutes les sortes de marchandises ou denrées. Cette surcharge de taxes indisposa le peuple contre lui. Des révoltes intérieures commencèrent; des armées nombreuses se rassemblèrent, à la tête desquelles se trouvaient des princes de la dynastie renversée ; il y eut des guerres longues et cruelles comme toutes les guerres civiles ; mais la vingtième annâde notre ère, l’armée de Mang fut entièrement défaite, son palais fut abandonné au pillage et réduit en cendres; lui-même fut ^orgé, son corps coupé en plusieurs morceaux, et sa tête, suspendue sur la place publique, fut percée de flèches par la populace. Ainsi périt un homme qui eut assez d’esprit pour voir qu’il pouvait s’emparer du pouvoir suprême dans un moment où la dynastie des I/an semblait s’éteindre dans l’impuissance et la nullité, mais qui n’eut pas assez de talents ou de génie pour se maintenir au rang où il était monté. A cette époque (23 de notre ère), l’empire se trouvait dans une grande agitaUon. Des troupes de brigands connus sous le nom de Sourcils rouges (parce qu’ils se peignaient les sourcils en rouge en signe de ralliement) parcouraient les provinces pour les dévaster. Il fallait quelques années
CHINE
de troubles et de confusion avant qu’un pouvoir régulier pût ramener l’ordre dans ce grand désordre de tous les intérêts, de toutes les passions et de toutes les haines.
L’armée victorieuse avait choisi pour empereur un prince de la dynastie des Han qui régna deux ans, plongé dans la débauche et dans la mollesse ; elle lui êta le pouvoir et le remit à un intrigant auquel elle fit bientôt trancher la tête pour élever enfin au pouvoir un homme digne de le posséder.