‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 72 sur 238 · PREMIÈRE ÉLÉVATION UES EDNÜQL'ES AUX EMPLOIS PUBLICS · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ÉLÉVATION UES EDNÜQL'ES AUX EMPLOIS PUBLICS

Ce fiit l’empereur Ho-xi qui le premier, dit-on , éleva les eunuques aux emplois publics , et leur donna même les premières charges de l’État. Cette grande immoralité a été extrêmement hmeste à la tranquillité de l’empire, et elle devait l’être, autrement les lois de la nature eussent été impunément violées; car, en dénaturant rhomme,

sec rUNlVERS.

en lui ôtant certaines passions, il arrive que celles de l’ambition du pouvoir et des richesses se développent au plus haut degré dans ces êtres qui sont nécessairement moins qu’hommes ou plus qu'bommes , et par conséquent qui doivent jeter le trouble et le désordre dans une société d’hommes.

En Turquie on a assez de raison pour ne donner à ces êtres que la garde d’un sérail; comment est-il donc arrivé qu’en Chine on leur ait donné si souvent le gouvernement d’un grand peuple? La société orientale ne peut être jugée du point de vue européen ; mais cependant, de quelque manière que l’on envisage cette coutume, il est difficile de l’expliquer autrement qu’en la rattachant à ce principe politique fondamental : l’emploi par le goiœernement chinois de toutes les capacités selon le degré de leurs mérites , à quelque rang et à quelques conditions qu’elles appartiennent . 11 se pourrait , toutefois , et cette considération a bien sa valeur, que la fortune extraordinaire et presque constamment soutenue des eunuques dans le gouvernement chinois, fdt principalement due aux intrigues de cour pour lesquelles ces créaUires dé^adées , employées aux voluptés impériales, sont éminemment propres ; et l’on sait que lorsqu’un gouvernement en est descendu la, sa chute n’est pas éloignée, ou du moins les agitations et les désordres qui la préparent sont prochains ; car l’avilissement du pouvoir est un signe précurseur certain de révolutions politiques.

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