‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 76 sur 238 · FIN DE LA DYNASTIE DK TÇIN · texte numérisé non relu

FIN DE LA DYNASTIE DK TÇIN

Cette dynastie finit, comme toutiss les dynasties, par la faiblesse, la nullité et l’impuissance. Elle n’a pas même brillé d’un éclat au-dessus d’un éclat vulgaire; et l’insipidité qu’éprouve l’historien à retracer les faits de cette dynastie ne peut se comparer qu’au dégoût et à la pitié qu’inspirent et la lâcheté avide- ue ses princes et le sort du peuple qui leur était confié. (Juand une dynastie ne brille pas par 1 éclat des talents (ce qui n’est pas indispensable), elle doit au moins consacrer toutes ses forces au bonheur du peuple , ou elle forfait à sa mission.

Ce fut sous le règne de Ngah-ti (405-418) que commença à s'élever le fondateur de la dynastie des Soung.

Cet homme , nommé Lieou-vu , sortit de la plus basse classe du peuple , perdit sa mère en naissant , et fut nourri par la charité d’une femme qui en eut pitié et l’éleva comme son fils. L’enfant, en grandissant, acquit beaucoup d’intelligence et de pénétration , et il étudia la littérature avec une grande ardeur, sans le secours d’aucuu nmître. Cependant, dénué de tout secours, il fut obligé de faire un petit commerce de sandales pour vivre. Dégoûté de ce métier, il se fit ensuite soldat, devint le général d’une nombreuse armée , se signala par plusieurs exploits, principalement contre le pirate SuTirtu/haii (400 de notre ère) qui ravageait les côtes de l’empire, pillant tout et emmenant des milliers d’habitants en cap tivité. Lieod-yu resta longtemps à b tête des troupes sous le titre de grand général, et c'^est en cette qualité qu'il détruisit peu à peu tous ceux qui voulaient enlever l’empire à la dynastie de Tçin. Ces services signalés le fireut nommer prince de Soung. Il continua à .servir comme auparavant, et il se préparait en 418 .à marcher contre dis

CHINE

«belles , lorsque son entreprise échoua par la faiblesse de l’einf^reur et la mauvaise conduite de plusieurs de ses généraux. Libou-yu forma alors le projet de se défaire de ce prince incapable et de lui substituer son frère.

Les eunuques, gagnés par le. premier ministre , étranglèrent l’empereur avec sa propre ceinture. I.e frère de ce dernier, nommé Koung-ti, fut appelé au trône (419). Craignant un sort semblable à celui de son prédécesseur, il abdiqua le pouvoir en faveur de Lieou- Yü, et fut relégué dans une province éloignée, avec un titre insignifiant.

VIII' DYNASTIE. SOUNO.

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Lieou-yu , en s’emparant du pouvoir, prit le nom que prennent ordinairement tous ceux qui arrivent tà la puissance souveraine par l’épée; c’està-dire, empereur guerrier {wou-ti), et celui de premier ancêtre {kao-lsou) de la dynastie des Soung.

L’année suivante, le nouvel empereur empoisonna un vase plein de vin , et ordonna à un de ses officiers de le présenter à l’ex-empereur Koung-ti.

L’ofiDcier, qui avait plus de pudeur que son maitre, refusa d’obéir et avala lui-méme le poison, dont il mourut sur-le-champ. Lieou-yu voulut ensuite contraindre le malheureux Koung-ti à le prendre lui-même; mais ce dernier répondit que la religion de Fo, u’il professait, lui défendait de se onner la mort. Alors il fut massacré par des soldats.

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