‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 79 sur 238 · XI* DYNASTIE. LES TCHIN · texte numérisé non relu

XI* DYNASTIE. LES TCHIN

567 A 58i. — 33 Aimirs, 5 siiriaBeAS.

Ces successions rapides de souverains et de draasties, dans un empire ‘comme la Chine, indiquent qu’à ces époques il y avait ou il devait v avoir une grande perturbation dans les éléments d’ordre et de stabilité qui assurent la durée des nations, et que les idées religieuses n’y devaient pas être étrangères. En effet , l’histoire chinoise (dont nous ne pouvons recueillir ici que quelques traits épars, en indiquant rapidement la succession des principaux événements) nous fait connattre u’à l’époque delà chute de la dynastie es.Liang, l’empereur de la partie du nord de la Chine, appelée Tchéou, fit hrûler tous les temples et les idoles des bonzes. Alors il y avait une réaction contre les envahissements successifs des prêtres bouddhiques. On verra encore se renouveler oes grandes exécutions politiques qui ont un caractère si imposant, sinon si barbare, et qui ébranlent si profondément les populations. Les révolutions politiques, dont on méconnaît quelquefois les causes, sont dues souvent aux ébranlements des âmes autant qu’aux mécontentements des esprits.

Le fondateur de la dynastie des Tchm ne régna que trois an*(567-559) , sous le nom de Empereur guerrier (Wou-Ti) ; son frère lui succéda sous celui de Emperevr Jettré (Wen-ti), titre qu’il mérita par ses connaissances et son amour éclairé de la justice. Il avait l’habitude de parcourir souvent son palais pendant la nuit; c’est ce rai lui tit établir l’usage d’annoncer les différentes heures de la nuit dans la courdu palais en frappant sur de grands tambours, usage qui s’exécute encore aujourd’hui dans toute la Chine. Pendant son règne, qui dura sept ans (de 660 à 667) , l’empereur du Nord renouvela un ancien usage, fort louable, qui était d’entretenir aux frais de l’empereur les vieillards qui avaient rendu des services importants à l’État.

1,’empereur Siouan-ti (569-580), frère du fondateur de la dynastie , s’em-

para de la souveraineté par force, et il en déposséda son neveu , qui ne régna que deux ans.

Ce prince aimait passionnément la musique, et il était u’un caractère aimable et enjoué ; il accueillait près de sa personne les sages et les hommes instruits, qu’il aimait et prot^eait.

Ces qualités lui procurèrent un règne que ron devait regarder comme long , à cette époque de troubles et de morts violentes : il régna quatorze ans.

Pendant ce temps, l’empereur du Nord avait donné sa fille en mariage à l’un de ses ministres, nommé Yanqkian, qui peu après fut fait souverain de la principauté de Soûl. Ce ministre devint si puissant, qu’en peu d’années il fut en état de se rendre maître de toute la Chine.

Plusieurs historiens (de ce nombre sont ceux qui ont rédigé la Table chronologique précédemment citée) font cesser le règne de la dynastie Tchin à la mort de Siouan-ti. D’autres font encore régner sept ans (683-689) un prince débauché , qui n’eut que le courage de se cacher uans un puits à l’approche du prince de Sma, dont l’armec nombreuse, après avoir traversé le grand fleuve Kiang, était entrée triomphante dans la résidence impériale. Ce prince, lâche et efféminé, fut chassé du trône qu’il avait souillé par ses infamies , et il fut réduit à passer sa viv dans la condition la plus humble et la plus vulgaire, pour laquelle il était né. C’est ainsi que finit la dynastie des Tchin, la dernière des dynasties méridionales de la Chine, et avec elle la division de l’empire chinois en deux {nân pe tchao : les empires du Nord et du Midi) , et la Chine redevint à cette époque (589) une monarchie unique et puissante.

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