‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 78 sur 238 · PORTRAIT DE UEOÜ-TO, DEVENU KAO-TSOU- WOU-TI · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE UEOÜ-TO, DEVENU KAO-TSOU- WOU-TI

« Le fondateur de la dynastie Soung (dit l’auteur des Tableaux historiques de T Asie) possédait dans un degré eminent toutes les qualités qui rendent un homme digne de commander aux autres. Ala tête des troupes, il se monts

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trait tout à lu fois bon soldat et habile général; dans le cabinet, il était politique estimé, profond, et fertile en moyens pour faire réussir les plus vastes projets; dans sa vie privée, il avait la modestie, la réserve, et toutes les vertus d’un particulier. Sans faste, sans ostentation, sans orgueil, il occupa le trône avec cette noblesse , cette majesté, cette grandeur d’âme qui distingiientun grand monarque, en même temps que , par sa générosité , sa douceur, sa bienfaisance, et son attention à faire le bonheur de ses sujets, il tâchait de se rendre digne de l’auguste titré de père du peuple. Peut-être même edt-il fait oublier le double crime qui l’avait conduit à la dignité suprême, si le cours de sa vie n’edt pas été si tôt terminé. Après environ deux ans de r^e, il mourut à Kian^khang {Nanking), où il tenait sa cour. »

^n fils et successeur, nommé Chào- Ti, qui lui succéda (423), ne régna qu’un an. 11 était si stupide et si mais que son premier ministre lui ôta le ^uvoir dont il était indigne, et peu après le lit mourir. Un autre fils de Wou-Ti fut nommé empereur (424), et régna trente ans sous le nom de Wkn- Ti {V empereur lettré, instriM, à l’esprit cultivé). Il passe pour avoir été un souverain accompli. Sa bonté natu- . relie, sa bienveillance, sa droiture, son équité, le firent aimer de ses sujets; mais ces belles qualités n’ empêchèrent pas les troubles qui eurent heu sous son règne dans l’empire. Les lettrés lui reprochent d’avoir eu une trop grande affection pour les bonzes ou prêtres de Bouddha, dont il se déclara hautement le protecteur. Aussi ces prêtres , qui entretenaient des relations suivies avec les différents royaumes de l’Inde et d’autres contrées de l’Asie, étendirent-ils au loin sa renommée.

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Des ambassades de ces différents pays furent envoyées près de lui. L’année 428 de notre ère , le roi du royaume.

de AaoUa (dans l'Inde) envoya un ambassaaeuràWEN-Ti, pour lui présenter une lettre de soumission et lui o&ir des diamants, des anneaux précieux, des bracelets , ainsi que d’autres ornements d’or ciselé, et deux perroquets, l’un rouge et l’autre blanc.

L’annM 441 , le roi du royaume de Soü-mo-li envoya aussi un ambassadeur offrir des productions de son pays.

tVEN-Ti fit quelques règlements administratifs conçus dans l’intérêt du peuple. L’un de ces règlements portait que les magistrats ne seraient pas continués dans leurs emplois au delà de six ans. Il déclara ensuite la guerre à l’empereur du nord de la Chine, dont la puissance augmentait chaque jour, et qui comptait déjà seize petits souverains qui lui étaient soumis. Wen- Ti perdit la première bataille; mais dans la suite, par l’expérience et la bravoure de son premier ministre, il remporta sur lui plusieurs victoires.

Ces grands succès causèrent la perte de l’habile général. L’empereur, craignant qu’il n’abusât du crédit et de l’autorité puissante qu’il avait ainsi obtenus, le fit mourir. Dès lors les succès se changèrent en revers; les troupes de Wen-ti furent défaites par celles des et il se fit un si grand carnage de part et d’autre, que les campagnes en nirent inondées, et que les oiseaux s’enfuirent au loin.

L’empereur du Nord, qui se nommajt l’Aï-wotj-Ti , suivit une politique différente de celle de Wen-ti : il fit périr tous . les bonzes ou prêtres de Bouddha qui étaient dans ses États, et réduisit leurs temples et leurs idoles en cendres.

L’année 453 denotre ère, WEN-Tifut tué par son fils aîné, qui le fut immédiatement à son tour par son frère, lequel régnaensuite sous lenom de Wou- Ti [empereur guerrier, 464). Ce prince était instruit dans les sciences chinoises; il était aussi très-habile à monter à cheval et à tirer de l’arc, et il avait un goût immodéré pour la chasse. On lui attribue une politique assez habile pour maintenir les aînés de sa famille sur, le trône impérial. Les principaux

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princes des Soung possédaient de vastes domaines, qui étoient comme des fiefs de Tempire. Ils tenaient leurs vassaux dans une dépendance si absolue, qu’ils pouvaient, quand il leur plaisait, leur faire prendre les armes et leur imposer tels tributs qu’ils jugeraient à propos. Ce système vicieux avait été la perte de plusieurs dynasties précédentes. Wcu-ti fit adroitement cesser ces abus en se faisant solliciter par eux de reprendre l’autorité souveraine sur tous les domaines ou fiefs de l’empire.

Les relations avec l’Inde et les autres pays occidentaux de l’Asie continuèrent sous Wou-Ti; les ff^eî et les autres peuples voisins de [l’empire cessèrent leurs excursions. Mais une mort prématurée enleva cet empereur à l’âge de trente-cinq ans (464 cTe notre ère) , et livra le pouvoir souverain à quatre espèces de monstres, qui seraient le rebut de l’humanité , si des êtres pareils ne se représentaient trop souvent aux yeux de l’historien pour les ranger dans les aberrations extraordinaires de la nature. L’un d’eux, Ming-ti (465- 472, V empereur illustre), était d’un caractère si féroce, qu’il fit mourir treize jeunes princes du sang impérial et ses neveux pour son joyeux avènement. N’ayant point d’eniants, il introduisit des hommes près de ses concubines, dans le dessein, s’il pouvait ainsi se procurer un enfant male, de tuer aussitôt sa mère, et de donner l’enfant à l’impératrice qui était stérile. Il éleva à la première dignité de l’empire Siao-tao-tching, qui sera le fondateur d’une nouvelle dynastie, élevée par lui sur les ruines de celle des Soung, après avoir trempé ses mains dans le sang des deux derniers empereurs. La conduite du premier(TcHou-\u, 473- 476), ses inclinations basses et sa cruauté, parurent légitimer l’arrêt fatal qui le condamnait à périr avec sa dynastie. Siao-tao-tching, le premier ministre, donna ordre aux eunuques du palais de s’en défaire; ils lui coupèrent la tête un soir qu’il rentrait ivre , suivant son habitude. Le premier ministre, ne jugeant pas encore le mo-

ment assez favorable pour s'emparer du pouvoir souverain, fit proclamer empereur un autre fils adoptif de Ming-ti, qu’il renversa bientôt luimême , après s’être défait de tous ceux ui auraient pu empêcher l’exécution e ses desseins.

IX' DTNASTIB. LES THSI.

DI 479 i ^02. s3 AVMKSt, 5 BMPB&aekt.

I.a dynastie de Thsi, dont l’élévation était due à un double meurtre, ne dura pas seulement une génération , quoiqu’elle comprenne cinq empereurs.

Elle tint sa cour à Nan-king, capitaie de la province de Kiang-ngan. Kao- Ti {V empereur élevé), son fondateur, ne régna que quatre ans ; cet empereur était plus renommé dans les lettres que dans les armes. Il avait coutume de dire que, s’il gouvernait l’empire pendant dix ans, il ferait en sorte que l’or ne serait pas plus précieux que la terre. Un jour qu'il portait un habit couvert de pierres précieuses, tout à coup il les fit réduire en poudre, disant qu’elles ne faisaient que faire naître la maladie d’une cupidité effrénée. Il mourut en 482.

Son fils ■\Vou-Ti , au commencement de son règne (483) , publia une ordonnance par laquelle il défendit de continuer les mandarins dans leurs charges au delà de trois ans. Il renouvela aussi une ancienne loi par laquelle il était défendu aux familles qui portaient le même nom de s’allier entre elles par des mariages. Cet empereur fut trèsdévoué aux doctrines du bouddhisme, et il entretenait un grand nombre de prêtres de cette religion. Il aimait aussi beaucoup la chasse. Un jour qu’il passait dans un champ de blé, il en admirait la beauté, lorsqu’un de ses amis, nommé lui dit : » Vous avez raison, ce champ est beau ; mais vous ne savez pas les peines qu’il a coiltées. Si vous réfléchissiez que ce blé a été arrosé par les sueurs du peuple, et qu’il est le produit de trois saisons de l’année, je suis sûr que vos parties de chasse vous donneraient plus de peine que de plaisir. » Depuis ce mois.

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ment l’empereur se livra moins au plaisir de la chasse, et il mourut en 493.

Quelques historiens européens placent sous le règne de cet empereur l’apparition d’un philosophe, nommé Fan-tchin, qui aurait enseigné que n tout ce qui arrive dans le monde était « l’effet du hasard , que l’âme périssait « avec le corps, et qu’il n’en restait rien « après cette vie. » Qu’il se soit trouvé un philosophe pour soutenir la première proposition à cette époque, U n’y aurait rien là de surprenant; mais qu’il ait soutenu aussi les deux dernières propositions, le fait est moins vraisemblaole, ou plutôt il est moins probable, puisque le contraire ne faisait pas, à notre connaissance, l’objet d’une croyance générale. Si le fait est vrai, c’était un adversaire de la doctrine bouddhique, importée en Chine plus de quatre cents ans auparavant, et qui enseignait la transmigration des âmes, par conséquent leur existence au delà de cette vie , dogme complètement étranger à l’ancienne doctrine confucéenne.

Ming-ti {Vempereur éclairé, illustre), îrixt du fondateur delà dynastie, succéda à Wou-ti (494). Kao-ti lui avait confié la tutelle de deux de ses enfants en bas âge; Ming-ti les fit paraître sur le trône et disparaître successivement dans l’espace de quatre mois, pour s’emparer lui-méme du pouvoir souverain.

L’empereur de la Chine du Nord était si peifîque, si adonné à l’étude, que, soit qu’il se promenât à cheval, soit qu’il se fît porter en chaise, il avait toujours un livre à la main , disent les historiens; c’est ce qui contribua aussi à maintenir la paix dans l’empire du Midi, usurpé par Mingxi, qui ne régna que cinq ans , et mourut (498) en laissant le pouvoir à son troisième fils , surnommé le prince des troubles de P Orient {tomg hoen héou) , dont la cruauté et les débauches furent poussées à l’excès, dans un règne éphémère. Il ne put souffrir près de lui ceux qui voulaient lui donner de sages conseils, et il accorda toute sa con-

fiance aux eunuques. Son premier ministre, dont le frère avait été empoisonné par l’empereur, pour avoir rendu de trop grands services à l’État, soit indignation vertueuse, soit ambition du pouvoir, se joignit au roi de la principauté de lÀang, assiégea Nan-mng, la capitale, en chassa l’empereur quMI tua ae sa propre main, brûla le palais impérial , et en fit construire un autre beaucoup plus magnifique. Après tous ces exploits, il plaça au pouvoir, comme pour lui servir de marchepied, un frère de l’empereur qu’il venait de renverser; il le fit mourir au bout d’un an.

X* DTNASTIE. IBS LIANG.

DI 5oï A 557. — 55 avdIii» 4 BMrBRBoas.

Les révolutions se succèdent rapidement sur ce vaste théâtre que l’on a l’habitude de regarder en Europe comme le séjour eternel de l’immobilité. Rien n’est moins immuable cependant que cet empire de l’Orient, où la force, comme partout, hélas! décide le plus souvent du droit et du sort des peuples. S’il y a quelque chose d’immuable, c’est notre orgueil et notre ignorance de ces empires et de ces révolutions lointaines dont le retentissement n’est pas venu jusqu’à nous, qui sommes pour ainsi dire nés d’hier à la civilisation.

Le fondateur de la dynastie des Liang, qui prit le nom de Kao-tsouwou-Ti ( Vempereur guerrier, le premier ancêtre de sa race dynastique), établit sa puissance sur. la ruine complète de la dynastie qu’il avait détrônée. Il voulut aussi réformer les moeurs et les croyances de ses sujets. L’introduction du bouddhisme et la propagation de la doctrine des Tao-sse, ou sectateurs de la Raison, avaient été la cause de beaucoup de troubles et de dissensions. Le nouvel empereur voulut remettre en vigueur la doctrine du philosophe national Khoiing-tseu , qui est regardée en Chine , par les hommes d’État, comme la seule véritablement utile à l’Empire. Il fit construire une salle dans laquelle on honorait la mé-

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moire de ce philosophe; il établit des collées publics dans toutes les villes, et notamment dans la capitale, où il réunit des hommes habiles pour y donner chaque jour des leçons sur l’histoire, sur les doctrines’ de l’antiquité et les livres reconnus comme sacrés par la nation. La Chine lui dut aussi d’autres institutions utiles et de bonnes lois, qui rendirent bientôt l’empire florissant. Sous le règne de cet empereur, les relations entre la Chine et l’Asie méridionale étaient très-actives; les vaisseaux chinois allaient en grand nombre à l’île de Ceylan et dans les ports de l’Inde, et ils y faisaient un commerce considérable (*). Les ambassadeurs des différents rois de l’Indoustan(**), des peuples voisins de la Perse, qui arrivèrent à la cour, augmentèrent l’éclat du règne de Wou-ti.

Ce restaurateur de l’ancienne doctrine l’abandonna sur la fin de ses Jours pour embrasser celle plus nouvelle en Chine des propagateurs du bouddhisme; et l’attachement qu’il montra pour la croyance indienne lui aliéna l’amour du peuple qui n’en était pas grand partisan . Mais rien ne put détourner Wou-ti de l’engouement extraordinaire qu’il prit pour la doctrine et les cérémonies des bonzes indiens, et , comme Charles- Quint en Europe, il se fit moine après avoir possédé une immense puissance souveraine. Il y avait vingt-six ans qu’il était au pouvoir, lorsque la fantaisie lui prit d’aller habiter un temple de bonzes, où , la tête rasée et sous un vêtement grossier, il ne vivait que d’herbes et de riz. Les grands de l’empire, humiliés de l’avilissement de leur souverain , allèrent le chercher dans sa retraite et le ramenèrent malgré lui dans son palais , après avoir payé une

(*) Tableaux kist. de l'Asie.

(**) En 5oa de notre ère , un roi de l’Inde, nommé Kiu-to , envoya un de ses officiers

firès de l’empereur KAO-TSon-woo-xt , pour ni présenter des lettres de soumission et lui offrir des vases de cristal , des parfums de toutes sortes, des talismans précieux et d’autres, objets de oe genre. Voir la Notice critique et historique sur Clnde, déjà citée.

forte somme d’or aux bonzes, pour relâcher leur riche proie. Mais cet empereur n’en continua pas moins à suivre tous les préceptes de la religion bouddhique , et il retomba de nouveau dans les mains de ses prêtres, qui possédaient alors treize mille temples dans l’empire (*).

Pendant que l’empire du Midi était ainsi livré à la tutelle des prêtres de Bouddha , l’empire du Nord ou des fVei était gouverné par une femme nommée Hou, qui n’était pas moins soumise à leur puissance. Elle forma aussi le projet de se retirer dans un monastère ; mats les prêtres de Bouddha, qui auraient ainsi perdu peut^tre la domination d’un empire, lui persuadèrent de leur bâtir un vaste temple, où mille d’entre eux seraient entretenus , et où il y aurait neuf tours pyramidales de plus de neuf cents pieds de hauteur chacune. L’impératrice, après avoir fait élever ce vaste édifice, le nomma le Séjour de la paix étemelle {young tching).

SOPPRESSlON DE LA PEINE DE MORT.

L’empereur Kao-tsoü-wou-ti donna pendant son règne le premier exemple peut-être de la suppression de la peine de mort dans un grand empire. Il est vrai que c’est à la doctrine bouddhique , qui enseigne la métempsycose ou la transmigration des âmes, et qui ne permet pas même le meurtre des animaux, que cette grande réforme était due. Mms que ce soit à un principe religieux ou à un principe d’humanité qu’un grand acte social s’accomplisse, il ne faut voir que le résultat, et en honorer toutes les causes, si ce même résultat est utile à l’humanité. Des historiens prétendent que la réforme de l’empereur bouddhique chinois fiit

(*) La pt. 56 , qui est tirée des FaiO mémorables des empereurs chinois, repréiænle WoD-Ti expliquant dans son palais les livre* bouddhiques à scs courtisans et aux gens du peuple. On voit dans le second plan de la gravure la triade bouddhique , dont il est si souvent question dans les livres de cell* secte.

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nuisible à la paix de l’einpire, et que les meurtres et les brigandages se multipliènot à l’infini par la suppression de la peine de mort. Si cela était, si la peqr du châtiment pouvait empêcher le crime, nul doute qu'il ne faillit le conserver, dans l’intérêt même de l’humanité aussi bien que dans celui de l’ordre social; mais c’est une question qui ne nous parait pas résolue.

On vit se renouvéler sous le règne de Wou-Ti un exemple de fidélité assez commun en Chine (yoy. p. 82-83), mais que l’on ne rencontre pas souvent ailleurs sous cette forme un peu débonnaire. Un grand de l’empire, qui avait été ministre de la précédente dynastie, ne voulant pas servir la nouvelle, se laissa mourir de faim. Quand le nouvel empereur apprit cette mort , il s’écria : N’est-ce pas du ciel et non des grands que je tiens l’empire? quede raison a donc pu porter ce misérable à se donner la mort?

Sous le règne de ce même empereur arriva aussi un exemple de piété filiale assez extraordinaire pour trouver une place honorable dans l'histoire. Un Jeune homme de ipiinze ans voulut mourir pour son pere, qui avait été condamné à avoir la tête tranchée pour plusieurs crimes commis pendant l'exercice de sa magistrature. L’empereur, touché du dévouement du fils, accorda la vie au père, et voulut récompenser le jeune homme d’un titre d’honneur; mais ce dernier refusa , en disant que cette distinction lui rappellerait sans cesse le souvenir du crime de son père.

Un petit roi delà province dellonan, vassal de l’empereur, se mit en révolte contre son souverain , et se rendit maître de Nan-king. Il se saisit de l’empereur, qui parut devant lui avec une contenance ferme et assurée, sans donner aucun signe de trouble. Le rebelle eut de la peine à soutenir les regards de son souverain, et il en fut si frappé que la sueur couvrit son visage. Je n'aurais jamais cru f s’écria-t-il, qu’il était si difficile de résister à une pmssance étabÜe par le ciel! Cette émotion involontaire et passagère l’empêcha de faire naassacrer le vieil empereur;

il se contenta de le faire mourir lentement en lui retranchant chaque jour quelque chose de ses aliments.

Deux fils du fondateur de la dynastie des Lianq lui succédèrent au pouvoir.

Le premier, Kiais-wen (550-551) , n’y fit pour ainsi dire que passer; il fut étouffé la seconde année de son règne par le même rebelle qui avait fait mourir son père , et qui prit ensuite le titre d’empereurde//a7i.Lesecond,YouAM- TI (552-554) , ne régna que trois ans.

Un de ses généraux, qui était en même temps souverain d’un petit État, ayant défait ef tué le vassal rebelle, dont le cadavre fut exposé à toutes sortes d’outrages et mangé par une populace furieuse, se révolta a son tour, et assiégea Nan-king où résidait l’empereur. Celui-ci , que les historiens représentent comme tout à fait adonné aux doctrines des sectateurs de la Raison (les Tao-sse), ayant pris ses armes et fait le tour des murs de la ville, vit que tout espoir dé salut était perdu pour lui; alors i| brisa son épée précieuse, et fit mettre le feu à sa bibliothèque qui contenait plus de cent quarante mille volumes, en s’écriant: Hélas!

c’en est fait désormais des sciences militaires et de la littérature!

La ville ayant été prise, il monta sur un cheval blanc, et, vêtu comme un homme vulgaire, il alla se livrer au vainqueur, qui le tua de sa propre main , à l’âge de quarante-sept ans.

L’histoire chinoise rapporte que la première année de son règne (552), deux soleils furent aperçus ensemble dans le ciel.

Un des fils du dernier empereur lui succéda (555-556); mais au bout de deux ans de prétendu règne, il fut aussi tué par le meurtrier de son père, ui devint ainsi le fondateur de la ynastie suivante.

Quelques descendants de Wou-ti régnèrent , sur la fin de la dynastie des Liang et au commencement de celle des Soûl, dans la province actuelle de Hou-kouang. sous le nom de Liang postéiieurs {heou Liang). Ils ne sont pas mis au rang des empereurs et des dynasties.

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